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Des personnes devant une photographie représentant Samuel Paty lors d'une cérémonie d'hommage le 16 octobre 2021.
Crédit : Alain JOCARD / AFP
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Au lendemain du verdict rendu par la cour d’assises d’appel spéciale de Paris, Bernadette Paty a pris la parole pour la première fois. "On ne peut pas être apaisés à la suite de ce procès, on ne peut qu’être très en colère", a exprimé la mère de Samuel Paty, invitée de RTL Matin ce mardi 3 mars. La veille, la cour d’assises d’appel spéciale de Paris a condamné les quatre hommes jugés dans le cadre de l’assassinat de son fils à des peines allant de six à quinze ans de réclusion. Elle dénonce un écart injustifiable avec la première instance et estime que la mémoire de son fils a été "salie".
Les peines les plus lourdes, respectivement dix et 15 ans de réclusion, ont été prononcées contre un parent d'élève, Brahim Chnina, 54 ans, et un militant islamiste, Abdelhakim Sefrioui, 66 ans, pour avoir été les initiateurs de la campagne de haine en ligne. En première instance, ils avaient écopé de treize et quinze ans pour association de malfaiteurs terroriste. En première instance ils avaient écopé treize et quinze ans pour association de malfaiteurs terroriste. De leur côté, les deux proches du tueur, poursuivis pour avoir véhiculé l’assaillant et l’avoir aidé à se procurer des armes avant le crime commis près du collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine, ont été condamnés à six et sept ans de prison. Le caractère terroriste n’a pas été retenu à leur encontre.
"On ne comprend pas cet écart entre le premier et le second procès", déplore au micro de RTL la mère du professeur assassiné en 2020. "On a l’impression que la cour a abandonné encore une fois Samuel." Avant de s’interroger sur la responsabilité des deux jeunes hommes ayant accompagné le tueur dans ses démarches : "Ce n’est pas possible qu’ils ne savaient pas ce qu’il voulait faire."
Bernadette Paty voit toutefois une forme de début de victoire dans la reconnaissance du caractère terroriste concernant les instigateurs de la campagne de haine. "Ils ont été tenus responsables de la mise en œuvre mortifère. (...) C’était vraiment une fatwa numérique qu’ils avaient lancée contre Samuel", insiste-t-elle.
“De ce côté-là, on est tout à fait satisfait et on espère que cette condamnation va faire réfléchir pour que plus jamais on assassine un professeur parce qu'il a fait un cours qui a déplu, parce que c'est ce qui s'est passé. Il n'a pas discriminé les musulmans” martèle Bernadette Paty. Son fils avait montré des caricatures publiées par Charlie Hebdo, en précisant que les élèves susceptibles d’être choqués pouvaient sortir ou détourner le regard. "Samuel n'a fait que son travail. Les caricatures étaient fournies par l’Éducation nationale. Et il a laissé le choix aux élèves" précise-t-elle. "Samuel s’est retrouvé tout seul, face à l’institution, face à la cabale menée contre lui. Il allait faire ses cours avec un marteau dans son sac à dos, et il ne nous en a jamais parlé".
Derrière la bataille judiciaire, la douleur intime demeure. Bernadette Paty confie tenir "avec des somnifères, des antidépresseurs, des anxiolytiques". "On a l’impression de vivre avec un boulet qui nous écrase", dit-elle, ajoutant : "J’en veux à ce jugement. Ils n’ont pas pris leurs responsabilités."
Le combat judiciaire n’est pas terminé. Bernadette Paty a déposé plainte contre l’État pour non-empêchement de crime, non-assistance à personne en péril, toujours en instruction.
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