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"La caméra de l'hôpital Pompidou a filmé les trois jours d'agonie de mon frère"

DOCUMENT RTL - RTL a eu accès à un rapport accablant pour l'hôpital parisien Georges-Pompidou, où un patient a été retrouvé mort trois jours après sa disparition.

L'hôpital Georges-Pompidou à Paris
L'hôpital Georges-Pompidou à Paris
Crédit : THOMAS SAMSON / AFP
"La caméra de l'hôpital Pompidou a filmé les trois jours d'agonie de mon frère"
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"La caméra de l'hôpital Pompidou a filmé les trois jours d'agonie de mon frère"
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Odile Pouget & La rédaction numérique de RTL

Mais que s'est-il passé à l’hôpital Georges-Pompidou de Paris le 31 janvier dernier ? Un patient avait été retrouvé mystérieusement mort trois après sa disparition. RTL a eu accès à un rapport accablant qui pointe de nombreux "dysfonctionnements" au sein même de l'établissement.

Le premier, c'est évidemment un signalement trop tardifIl faudra attendre près de sept heures pour que l'alerte soit lancée officiellement. Sept heures entre le moment où l'infirmière venue pour faire les soins (il est alors 7h40) ne trouve pas le patient dans sa chambre ni dans le service, et celui où l'information est transmise au PC sécurité, puis au commissariat du quartier.

En dépit d'une inquiétude qui pointe au fil des heures, le personnel en charge du malade - aide-soignantes, infirmières, médecins - suppose qu'il est descendu à la cafétéria, comme il l'avait fait la veille. Par ailleurs, lorsque l'agent de sécurité réalise sa première inspection dans ce secteur, il n'a aucune description précise et recherche simplement un patient perturbé.

Panne de vidéosurveillance

Des carences sont pointées également dans l'organisation des recherches. Trente rondes sont menées dans cet hôpital gigantesque, avec des dizaines d'escaliers et plus de 5.000 portes. Mais ces rondes se révéleront vaines, comme le raconte Jean-Louis, le frère de la victime.

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"Les services de sécurité, quand ils font une ronde, se contentent de regarder et surveiller dans les recoins, mais ils ne poussent pas les portes, ils n’ouvrent pas les portes. La porte n’a été poussée que malheureusement trop tard, trois jours après", dit-il.

La porte n’a été poussée que malheureusement trop tard

Jean-Louis, le frère du patient décédé

Mais le plus plus terrible peut-être dans ce drame, c'est sans doute cette panne de vidéosurveillance. Une panne qui empêche, le samedi matin, les agents du PC sécurité de voir en temps réel le patient en train de pousser cette porte de secours. Une porte coupe feu, au niveau -1 du sous-sol de l'hôpital, qu'il ne pourra jamais rouvrir. "Derrière cette porte où mon petit frère est décédé, il y avait une caméra. Malheureusement, l’écran relié à cette caméra était en panne, donc un écran noir", témoigne Jean-Louis.

"Il s’avère que maintenant ils savent à l’hôpital que la caméra continuait à filmer trois jours d’agonie", poursuit-il. "Il aurait pu être sauvé. Et ça, ça fait mal. Parce qu’il aurait eu un bracelet électronique ou un espèce de biper, on aurait utilisé des chiens ou la vidéosurveillance aurait été fonctionnelle, ça ne serait pas arrivé. On l’aurait retrouvé tout de suite, et il serait encore avec nous", conclut-il.

Des mesures pour éviter un nouveau drame

D'autres défaillances sont mises en lumière dans cette enquête interne : le risque de fugue de ce patient totalement désorienté a été clairement sous-évalué (la directrice de l'hôpital n'a été informée qu'au moment où un vigile a découvert le corps) ; un service débordé (on est en plein épisode de la grippe) qui devait gérer des patients très lourds : et une famille prévenue tardivement, et dont les remarques n'ont pas été suffisamment prises en compte, notamment sur le fait que le patient était pieds nus, et qu'il ne pouvait pas avoir fugué à l'extérieur de l'hôpital.

Un mois après ce drame, l'AP-HP reconnaît pleinement sa responsabilité. Fin février, la direction de l'hôpital Pompidou a reçu longuement la famille de la victime. Des mesures ont également été prises pour qu'un tel accident ne se reproduise pas : vigilance accrue dans tous les établissements, le port pour les malades volontaires d'un dispositif de localisation, un renforcement du parc des caméras, et un travail pour faciliter les signalements des patients égarés par la récupération de photos auprès des proches.

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