3 min de lecture
Florence Rey et Audry Maupin
Crédit : Archives AFP
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L'édito de Jacques Pradel
A l'occasion de la sortie du livre d'Emmanuel Pierrat « Les femmes et la justice » aux éditions de la Martinière, l'Heure du Crime revient aujourd'hui sur la cavale sanglante d'Audry Maupin et de Florence Rey.
Tout commence comme un petit polar médiocre, le 4 octobre 1994, à la pré-fourrière de Pantin, en bordure du périphérique, au nord-est de Paris. Il est 21 heures 25. Deux silhouettes escaladent le grillage et se précipitent vers la guérite de surveillance.
Audry Maupin et Florence Rey, ont dissimulé leurs visages sous des cagoules. Ils sont nerveux. C’est la première fois qu’ils passent à l’action. Ils sont armés chacun d’un fusil à pompe. Sous la menace de leurs armes, ils s’emparent des pistolets Manhurin calibre 38 de deux policiers de garde. Ils avaient prévu de les immobiliser avec leurs propres menottes, mais, premier grain de sable, ces policiers ne portent pas de menottes à la ceinture. Ils ressortent alors en courant, après les avoir aspergé de gaz lacrymogène.
Mais, au lieu de repartir à pied avec leur butin et de rentrer se réfugier dans leur squat, comme prévu, ils s’affolent. Au premier feu rouge, ils aperçoivent un taxi à l’arrêt. Le chauffeur est un guinéen de 49 ans, Amadou Diallo. A l’arrière, un médecin parisien qui rentre chez lui. Les deux fugitifs s’engouffrent dans le véhicule. Audry Maupin braque le chauffeur de son arme et lui lance : « A la Nation. Et vite ! » Le médecin tente de raisonner Florence Rey qui est montée près de lui à l’arrière. « Pas de psychologie, docteur » lui répond la jeune fille ! Et le taxi prend la direction de la Nation…
Lorsqu’il arrive Cours de Vincennes, Amadou Diallo aperçoit une Renault 19
de la police. Affolé, et croyant se sortir de la situation à bon compte, il
précipite volontairement son taxi contre le véhicule de police.
Collision ! Diallo sort en courant de son taxi. Il hurle en direction des
policiers : « On veut me tuer ! ». Dès qu’ils voient le chauffeur de taxi surgir de sa voiture, les
policiers bondissent hors de leur véhicule de patrouille les armes à la main.
La fusillade commence. Ca tire de partout…
Le bilan est
terrible : deux gardiens de la paix, Thierry Maimard et Laurent Gérard
sont abattus. Le chauffeur de taxi est mort, lui aussi, exécuté à bout portant
par Audry Maupin. Six autres personnes ont été blessées. Profitant de
la confusion et de l’affolement général, le tandem meurtrier arrête une voiture
qui se trouve là par hasard. Ils prennent son conducteur en otage et filent en
direction de la Porte de Vincennes.
L’alerte générale est donnée. Des motards de la police nationale les prennent en chasse au moment où ils pénètrent dans le bois de Vincennes. À la hauteur de l’hippodrome, nouvel échange de tirs. L’un des motards, Guy Jacob, est mortellement blessé par des balles tirées de la voiture des fuyards. D’autres motards et des voitures de la police prennent en tenaille la R5. C’est un barrage qui mettra fin à la course-poursuite. La R5 fait plusieurs tonneaux. Audry Maupin est grièvement blessé. Il mourra le lendemain à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre…
Le bilan de la cavale tragique est finalement de 5 morts et une dizaine de blessés. Audry Maupin est mort. Florence Rey est très légèrement blessée. Le lendemain matin, son portrait fait la Une de toute la presse. Celui d’une jeune fille de 19 ans, tête baissée, regard triste, une ecchymose à la joue. Avec ce titre : "Tueuse de flic" !
Qui était-elle vraiment ? Comment cette jeune fille apparemment sans histoire s’est-elle projetée dans cette aventure à la Bonnie and Clyde ? Le procès de Florence Rey tentera de répondre à cette question, mais l’accusée refusera de donner les explications que tout le monde attendait. Incarcérée à la prison pour femmes de Rennes, elle retrouvera la liberté en 2009, après 15 ans d’incarcération…
Emmanuel Pierrat, avocat au barreau de Paris et conservateur du musée du Barreau de Paris. Auteur du livre « Les femmes et la justice » (paru le 27 octobre 2016 aux éditions de la Martinière).
Les femmes et la justice d'Emmanuel Pierrat (éditions de la Martinière, 2016)
Crédit :
Patricia Tourancheau, journaliste. Elle avait couvert le procès de Florence Rey pour Libération.
Vous pouvez à tout moment soumettre une affaire à Jacques Pradel. Laissez votre message avec les principales informations nécessaires à l'équipe de l'émission pour programmer, peut-être prochainement, ce fait-divers dans L'Heure du Crime.
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