1. Accueil
  2. Actu
  3. Justice et faits divers
  4. INVITÉ RTL - Accident de trottinette à Lyon : "Ma fille serait encore en vie si la loi était respectée", dit le père d'Iris
3 min de lecture

INVITÉ RTL - Accident de trottinette à Lyon : "Ma fille serait encore en vie si la loi était respectée", dit le père d'Iris

INVITÉ RTL - Le père de la jeune Iris, morte dans un accident de trottinette en août dernier à Lyon, témoigne et veut sensibiliser les familles et les acteurs publics et économiques.

Vue du centre de Lyon le 17 mars 2020
Vue du centre de Lyon le 17 mars 2020
Crédit : JEFF PACHOUD / AFP
L'invité de RTL Soir du 20 octobre 2022
00:08:10
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud

Il y a deux mois, Iris, une adolescente de 15 ans, était mortellement fauchée avec son petit ami sur une trottinette électrique à Lyon. Elle se déplaçait sur l'un de ces engins en libre-service à la location qu'on trouve un peu partout désormais dans nos villes.

Son père, Bertrand, réclame aujourd'hui des actions. "La mort d'un enfant, ç'a un caractère insupportable, explique-t-il au micro de RTL ce 20 octobre 2022. Je ne souhaite pas particulièrement partager mon chagrin. C'était une fille formidable avec beaucoup de ténacité, un sens aigu de la justice et un goût pour la vie très marqué. Je considère que je lui ai transmis des choses de son vivant et aujourd'hui, quelque part dans cette mort, elle me retransmet. Elle nous retransmet collectivement parce que c'est un accident qui a ému la France entière". 

Aujourd'hui, ce père endeuillé lutte pour former et éduquer les jeunes à cet engin relativement nouveau dans l'espace public. La mairie de Lyon a récemment interdit l'accès aux trottinettes aux mineurs par exemple. "Ça va évidemment dans le bon sens. Après, c'est la ville et c'est une décision qui peut être finalement remise en cause à tout moment, pondère-t-il. Donc ça reste très fragile. La loi cadre reste, à l'échelle nationale, sur la règle des 12 ans. 12 ans, ça semble quand même une aberration quelque part. Se dire qu'un élève qui rentre en cinquième au collège peut conduire un véhicule motorisé deux roues sur la voie publique avec de faibles ou aucune connaissance. (...) On voit bien qu'il y a un cadre très complaisant et que quelque part, c'est la loi du marché qui semble avoir dicté jusqu'ici la réglementation.

Et le père de continuer : "C'est pas possible. Aujourd'hui, il y a des morts, on va encore compter les morts si on ne fait pas quelque chose. Bien entendu, la formation semble appropriée. Peut-être passer par l'auto-école."

Les couloirs de la mort

À lire aussi

Aujourd'hui, les usagers constatent un vrai problème de cohabitation dans nos villes. Entre les trottinettes, les vélos, les scooters, les voitures et les piétons, on constate, quand on est citadin, à quel point la cohabitation chaque jour est difficile. Le père d'Iris est retourné sur les lieux où sa fille a perdu la vie. L'exemple type d'une zone accidentogène où il y a déjà eu des accidents et où la limitation de vitesse est mal indiquée. Rien n'a été modifié en deux mois.  

"C'est extraordinaire, s'émeut Bertrand. J'étais aujourd'hui au téléphone avec des habitants de cette rue, des retraités qui ont mis en place un collectif pour essayer de faire pression contre la mairie. Parce qu'ils sont excédés, ils voient sous leur balcon, sous leurs fenêtres, des gens mourir. Trois morts en cinq mois. La mairie m'a dit : "On va faire des études". Les résultats des études, on les a : trois morts en cinq mois. Il me semble que c'est plus que suffisant pour dire stop. (...) Pas de panneaux, ni de marquages au sol. Il aura fallu 45 jours pour que la mairie retrouve - pardonnez mon ironie - le pochoir avec un 30 dessus pour que ce soit fait. C'est tout de même aberrant. 

"Moi, j'appelle ça les couloirs de la mort, complète-t-il. Jusqu'à maintenant, je suis quelqu'un de modéré. J'ai eu un ton très modéré dans mes premières interviews. J'ai laissé le temps pour bien laisser l'émotion passer. Il y a eu le temps des funérailles, il y a eu le temps de la réflexion. J'ai pris contact avec l'ensemble des associations concernées. Il y a un moment où ça n'est pas acceptable. Il faut que les gens s'approprient ce sujet. Et il faut dire stop. Mettez des panneaux, on doit protéger les plus vulnérables. Aujourd'hui, ce n'est pas fait. Et je peux vous dire que ma fille serait toujours en vie si la loi était appliquée.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires