4 min de lecture
Un incendie a été déclenché dans la maison des grands-parents du petit Emile.
Crédit : RTL - M6
Je m'abonne à la newsletter « Infos »
Mettre RTL en favori sur Google
La tentative d'incendie visant la maison secondaire des grands-parents d'Émile Soleil, au Haut-Vernet, pourrait paraître ubuesque, un épiphénomène, mais cet événement porte en germe un risque de violence à l'encontre de la famille de l'enfant disparu, dont une partie a un temps été soupçonnée au cours de la longue information judiciaire, toujours en cours.
Dans la nuit de vendredi 15 à samedi 16 mai 2026, vers minuit et demie, un jeune voisin, serveur, rentre du travail. Il constate que devant la maison des Vedovini est garée une Citroën bleue. Or un peu plus tôt dans l'après-midi, le jeune homme avait été abordé par un homme âgé, étrange, qui avait la même voiture.
Ce dernier s'était présenté à lui comme un journaliste hollandais. L'individu lui avait demandé de lui montrer la maison des grands-parents d'Émile, qu'il avait prise en photo. En pleine nuit, il est doublement alerté, par une odeur de brûlé également.
Le jeune serveur va tout de suite prévenir sa mère, qui appelle le 17. Sur place, les gendarmes, ainsi que les pompiers, constatent des traces de départs de feu, multiples, notamment sur trois volts en bois. Et l'odeur d'essence qui plane laisse envisager, dès les premières minutes d'enquête, un acte volontaire.
Les gendarmes ont tôt fait de se rendre à l'hôtel Le Bistrot du berger, en contrebas du village, où ils interpellent, le samedi au tout petit matin, un homme de 78 ans qui dit avoir regardé l'émission Pékin Express à la télévision, avant de s'endormir.
Il me semblait vraiment en déficit intellectuel pour dire ça poliment
La gérante d'un hôtel aux enquêteurs
"C'est vous qui m'avez réveillé", leur reproche-t-il. La gérante de l'hôtel, elle, raconte que cet homme aux cheveux blancs et au regard bleu, à l'accent marseillais prononcé, s'était présenté comme un journaliste hollandais qui souhaitait écrire un livre sur l'affaire Émile. Il était arrivé la veille, cherchant une chambre pour dormir. Il n'avait pas de carte d'identité mais la gérante l'a reconnu : en août 2025, il s'était déjà rendu au même hôtel, sous une autre identité, et il avait laissé la chambre, précise-t-elle "dans un état lamentable".
À tel point qu'elle l'avait bloqué sur le site Booking.com. "Il me semblait vraiment en déficit intellectuel pour dire ça poliment", commente-t-elle auprès des enquêteurs. En déficit intellectuel, dit-elle, et "en boucle sur Émile et la Germanwings", le crash survenu dans la même région en 2015.
Placé en garde à vue, Roland W. refuse l'assistance d'un avocat, et affirme aux gendarmes de Barcelonnette qu'ils l'ont "confondu avec son jumeau". Lui dit s'appeler Raoul et avoir perdu ses papiers d'identité, et il avance que son jumeau, lui, s'appelle Roland. Un jumeau mystérieux, "une personne secrète qui vivrait en Australie", résument les enquêteurs.
Les gendarmes sont tout de même allés jusqu'au bout de leurs vérifications : ils ont interrogé la fille du mis en cause, qui ignore l'existence de ce jumeau, ainsi que la mairie de sa ville de naissance, qui atteste de la même chose, le jumeau n'existe pas dans ses registres.
Dans ses réponses aux questions des enquêteurs, Roland W. se montre obsédé par le dossier
Émile. À la question : "Pourquoi êtes-vous allé au Haut-Vernet ?", il répond simplement : "Parce que c'est là que s'est passée l'histoire d'Émile." Il évoque son envie de prendre rendez-vous au cabinet d'ostéopathe de Philippe Vedovini, le grand-père d'Émile, "surtout par curiosité, pour voir le bonhomme". Et il abonde : "Tout ce qui touche à cette famille me tient à cœur". Sa conviction, affirme-t-il sans ambages, est que "le ou les coupables se trouvent dans la famille".
Les grands-parents et deux des oncles et tantes d'Émile ont été placés en garde à vue pour "homicide volontaire " et "recel de cadavre", mais tous sont sortis de ces garde à vues sans poursuites. Ils sont à ce stade du dossier, parties civiles dans l'information judiciaire, dont officiellement reconnus comme victimes.
Nous ne sommes pas en sécurité, nous avons peur de ce qui peut arriver.
Philippe Vedovini auprès des enquêteurs.
Auditionnés dans le cadre de cette procédure annexe de tentative d'incendie, les grands-parents ont dit la "peur" et le "stress" que cette tentative, visant une maison vide certes, a créées chez eux. "Nous ne sommes pas en sécurité, souffle Philippe Vedovini auprès des enquêteurs. Nous avons peur de ce qui peut arriver." Il rappelle que lui et sa famille reçoivent des "menaces de mort" depuis le début de l'enquête : "Je tiens à dire que quand on stigmatise les gens comme on a eu droit dans tous les médias de France il ne faut pas s'étonner qu'un déséquilibré passe aux actes."
De son côté, la grand-mère a eu "très peur", car ça lui a, dit-elle, "rappelé la garde à vue et tout le stress que j'en ai subi". "J'ai dit aux gendarmes que j'étais furieuse car on nous a mis en garde à vue, on nous a laissé à la vindicte populaire, et maintenant on nous met le feu à la maison", s'épanche-t-elle. Le couple vit "dans la peur de représailles" depuis la disparition d'Émile, ajoute-t-elle. A tel point qu'ils ne se rendent plus dans leur maison du Haut-Vernet.
La dernière fois, c'était le 16 décembre, pour une perquisition. Au vu de l'intense médiatisation de cette affaire et du temps judiciaire toujours plus lent, les grands-parents d'Émile ont à présent même peur qu'un autre "justicier" ne s'en prenne à leur maison principale, ou même à eux.
Ne laissez pas Google décider de vos sources.
Ajouter RTL comme source préférée
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte