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Incendie de la mairie de Limoges : les deux suspects interpellés cette semaine mis en examen et placés en détention provisoire

Les deux hommes de 34 et 66 ans soupçonnés d'avoir participé à l'incendie de la mairie de Limoges, lors de la mobilisation du samedi 17 octobre, ont été mis en examen et placés en détention provisoire ce vendredi 23 octobre. L'information judiciaire ouverte vise notamment une tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique, des destructions en bande organisée et une association de malfaiteurs.

L'incendie de la mairie de Limoges, le 17 octobre 2026

Crédit : PASCAL LACHENAUD / AFP

Jérémy Descours & Sophie Neumayer & AFP

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Ils ont passé leur première nuit en prison. Les deux hommes déférés dans l'enquête sur l'incendie de la mairie de Limoges ont été mis en examen et placés en détention provisoire a indiqué, ce samedi 24 octobre à RTL, le parquet de Limoges. Les investigations, ouvertes après les violences survenues le 17 octobre en marge de la mobilisation contre la vie chère, se poursuivent désormais "sous l'autorité d'un magistrat instructeur", précise la procureure de la République, Émilie Abrantes.

L'information judiciaire a été ouverte des chefs de "tentative d'homicide sur personne dépositaire de l'autorité publique", "destruction en bande organisée du bien d'autrui par moyen dangereux pour les personnes" visant la mairie de Limoges, "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime", "menaces de mort à l'encontre d'une personne dépositaire de l'autorité publique" et "destruction d'un bien par moyen dangereux commis en raison de la qualité de dépositaire de l'utilité publique de son propriétaire", en référence aux véhicules de police municipale.


Dans son communiqué du vendredi 23 octobre, la procureure de la République de Limoges précisait que le parquet avait requis le placement en détention provisoire des deux mis en cause, une demande suivie par le magistrat instructeur. 

Des suspects âgés de 34 et 66 ans

Le premier suspect, âgé de 34 ans, est originaire de la Creuse. Décrit par ses proches comme intérimaire dans le bâtiment et défenseur de l'environnement, il a été interpellé mardi matin à Bussière-Boffy, dans la commune de Val d'Issoire (Haute-Vienne), avec l'appui du RAID. 

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Selon les autorités, il est fiché S pour son appartenance présumée à l'ultragauche radicale et déjà connu pour des violences sur un policier lors d'une précédente manifestation dans la Creuse. 

Le second suspect, âgé de 66 ans, a été arrêté jeudi à Gentioux-Pigerolles, dans la Creuse. Il est lui aussi soupçonné d'avoir participé à la destruction de la mairie. Lors des heurts, des individus avaient brisé des vitres, forcé l'entrée du bâtiment puis mis le feu à la mairie. Cette dernier a été détruite en grande partie par les flammes. 

L'enquête de flagrance - ouverte pour dégradation et menaces de mort sur personnes dépositaires de l'autorité publique au début - a donc été élargie. Elle devra désormais établir le rôle précis de chacun des mis en examen dans cette attaque qui a fortement marqué la ville et les habitants de Limoges. 

"Ne pas se laisser abattre"

Appelant les habitants de Limoges à "relever la tête" après l'incendie criminel de leur mairie, le Premier ministre Sébastien Lecornu a promis, ce vendredi, de rebâtir "à l'identique" sans financement communal, avec une "procédure Notre-Dame" accélérée, au nom de la "solidarité nationale".

Moins d'une semaine après l'embrasement et la destruction de l'hôtel de ville, image marquante des violences ayant accompagné la mobilisation nationale du 17 octobre, le chef du gouvernement a appelé les Limougeauds à "ne pas se laisser abattre" et à faire preuve de "résilience", telle la façade encore debout du bâtiment dévasté.

Accompagné de la ministre de la Culture Catherine Pégard et du maire (LR) Guillaume Guérin, qui n'avait pas mâché ses mots contre l'État au lendemain de l'incendie, le Premier ministre a inspecté longuement les dégâts du bâtiment, inauguré en 1883.

La mairie sera entièrement classée aux monuments historiques, devenant éligible à certains financements, et bénéficiera d'un article dédié dans le projet de loi Logement, en cours d'examen, "pour reconstruire à l'identique et accélérer les procédures", a détaillé Sébastien Lecornu.

"Premier engagement, c'est que le contribuable local, communal, ne mettra pas un euro dans la reconstruction", a-t-il souligné, renvoyant le chiffrage à une date ultérieure.

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