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La mairie de Limoges incendiée le 17 octobre 2026
Crédit : Pascal LACHENAUD / AFP
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L'enquête sur l'incendie de la mairie de Limoges, en marge des manifestations du 17 octobre, avance. Si les deux hommes mis en examen restent au cœur du dossier, l'un d'eux, celui âgé de 66 ans, est sorti de prison ce jeudi 5 novembre. Selon son avocat, joint par RTL, il a été remis en liberté sous contrôle judiciaire et doit désormais résider chez un ami à Marseille.
Toujours mis en examen, le sexagénaire, interpellé le 22 octobre dans la Creuse, conteste toute implication dans l'incendie de l'hôtel de ville. Son avocat, maître Raphaël Kempf, assure sur RTL avoir apporté des éléments en sa faveur, notamment une vidéo versée au dossier, sur laquelle on le voit au McDonald's au moment des faits.
"Nous avons démontré que l'alibi de notre client tenait parfaitement et qu'il est parfaitement innocent dans ce dossier", affirme-t-il. Il dénonce aussi "un emballement médiatico-politique" autour de cette affaire.
Me Raphaël Kempf estime que son client, "malade", n'aurait jamais dû passer "dix jours de prison à l'isolement". "Ces pressions, à mon sens, sont celles qui ont fait que cet homme de 66 ans, malade, qui fait de l'apnée du sommeil, qui est poète et peintre, a fait dix jours de prison à l'isolement à la maison d'arrêt de Bordeaux-Gradignan", insiste-t-il sur RTL.
Et d'ajouter : "Ces dix jours, qui sont insupportables, ne s'expliquent qu'en raison des pressions qui ont été exercées, notamment par le maire de Limoges, M. Guillaume Guérin, qui a demandé 'la taule', je le cite, pour les suspects dans ce dossier et ceux au mépris de la présomption d'innocence."
D'après les éléments de l'enquête rappelés à l'audience du mardi 3 novembre, le sexagénaire - qui se dit victime d'un "affreux concours de circonstances" - a expliqué avoir appelé l'autre suspect juste avant l'incendie, pour tenter de joindre son père victime d'une panne automobile.
Son contrôle judiciaire est assorti de plusieurs obligations comme résider à Marseille, ne pas se rendre en Haute-Vienne, Creuse et Corrèze, sauf en cas de convocation judiciaire, ou encore ne pas participer à des manifestations.
Quant au second homme mis en examen, âgé de 34 ans et interpellé en Haute-Vienne le 20 octobre, sa détention provisoire reste d'actualité. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Limoges a estimé qu'il existe contre lui, comme contre le sexagénaire, des "indices graves et concordants".
Les magistrats ont justifié son maintien en détention par la nécessité de "conserver des preuves, empêcher la concertation frauduleuse avec des complices ou coauteurs, prévenir le renouvellement de l'infraction et mettre fin au trouble exceptionnel à l'ordre public".
Le parquet avait requis le maintien en détention, présentant ce trentenaire fiché S pour son appartenance présumée à l'ultragauche, mis en examen notamment pour "tentative d'homicide" sur policier et "destruction" de la mairie, comme le "meneur le plus actif et acharné" des émeutiers.
Le 17 octobre, la toiture et le beffroi de l'hôtel de ville de Limoges, inauguré en 1883, s'étaient effondrés dans un incendie provoqué lors d'une intrusion de manifestants radicaux, en marge de la mobilisation nationale. L'affaire est depuis devenue l'un des symboles des violences survenues ce jour-là en France.
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