3 min de lecture

"Ils l'ont auditionné et ils l'ont aussitôt relâché" : le baby-sitter de 37 ans soupçonné d'agression sexuelle avait été dénoncé par un voisin

À Lille, un homme de 37 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire. Il est soupçonné d’avoir agressé 18 enfants gardés via une plateforme de baby-sitting, relançant les questions sur les contrôles de sécurité dans ce secteur.

Police suédoise le 29 avril 2025.

Crédit : Fredrik SANDBERG / TT NEWS AGENCY / AFP

Un baby-sitter de 37 ans mis en examen pour viol ou agression sexuelle

00:06:50

Romaric Cayet & Antoine Decarne & Athénaïs Cornette de Saint Cyr

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Un homme de 37 ans a été mis en examen et placé en détention provisoire, soupçonné d'avoir agressé sexuellement 18 enfants âgés de 2 mois à 5 ans. Le suspect, qui conteste les faits, était inscrit sur un site de babysitting alors qu'il était fiché pour agression sexuelle. Entre mars 2023 et décembre 2025, au moins 44 familles de la métropole lilloise ont eu recours à ses services via une plateforme, précise le procureur de la République de Lille, Samuel Finielz, dans un communiqué.   

Un voisin du suspect, domicilié à Tourcoing, a raconté à RTL avoir donné l'alerte après un déjeuner au cours duquel celui-ci lui aurait avoué son activité. Après des recherches sur internet, il a découvert que l'homme avait été jugé en 2020 à Nice pour une agression sexuelle sur un enfant. "J'avais une relation de bon voisinage avec lui. Mais dès que je l'ai appris, mon premier réflexe a été d'alerter la police", explique-t-il.

La police a pris son signalement mais n'y a pas donné suite, l'infraction ne pouvant alors être caractérisée, précise le parquet de Lille à RTL. Ce n'est que plusieurs mois plus tard, en décembre 2025, lorsqu'une mère porte plainte pour un viol commis sur son fils, que les enquêteurs reprennent l'affaire.

"Ils l'ont auditionné et ils l'ont aussitôt relâché. Il a donc continué à faire du babysitting alors que j'avais donné une ville où il exerçait. Ils avaient tous les éléments. Je leur avais dit qu'il était sur un site de babysitter et le brigadier m'a dit 'non c'est impossible, c'est un site sérieux'", déplore le voisin. 

Un site avec un protocole de sécurité défaillant

L'équipe de RTL a ensuite vérifié le protocole de sécurité du site. Notre journaliste Antoine Decarne s'y est inscrit en quelques minutes. Un profil, une photo, un prénom, une date de naissance puis, il suffit d'indiquer ses disponibilités et le profil est créé. "Je n'ai même pas eu besoin de transmettre ma carte d'identité, ni un casier judiciaire, ni aucun document qui atteste que je n'apparais pas au fichier des auteurs d'infractions sexuelles", explique le journaliste. "En clair, j'ai pu mentir sur toutes les informations demandées". 

À écouter aussi

Aujourd'hui, la loi n'impose pas à ces plateformes d'exiger des justificatifs. Le site Nounou-top se présente uniquement comme un intermédiaire : la famille reste l'employeur et doit donc évaluer elle-même la fiabilité du baby-sitter.

Face au risque de recruter un agresseur sexuel, la haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El Haïry demande à ce qu'un certificat d'honorabilité soit rendu obligatoire pour garder des enfants. "Il faut que la personne qui souhaite être en contact avec les enfants dans la petite enfance et dans la protection de l'enfance ait l'obligation de fournir ce document à son employeur. Si celui-ci ne l'a pas en cas de contrôle, alors sa responsabilité est aussi engagée", explique-t-elle sur RTL. 

Selon elle, ce dispositif a déjà prouvé son efficacité : "Aujourd'hui, la loi ne l'impose que pour les professionnels de la petite enfance, donc les crèches, les assistantes maternelles et les acteurs de la protection de l'enfance. Ce certificat d'honorabilité a déjà fait ses preuves, puisque nous avons identifié plus de 4.800 personnes que nous avons sorties de la petite enfance et de la protection de l'enfance", poursuit la femme politique.

À écouter

L'INTÉGRALE - Les Auditeurs ont la parole du 14 mai 2026

00:49:42

Selon la commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE), 160.000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles chaque année.

L'équipe de l'émission vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info