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"Il faut que je vive avec la mort de Lyhanna" : sur RTL, la mère d'une victime de Jérôme Barella déplore l'inaction de la justice

La mère de la petite Rosa avait déposé plainte en 2025 contre Jérôme Barella pour viol sur mineure, mais le suspect n'avait jamais été entendu par les enquêteurs. Aujourd'hui, elle déplore l'inaction de la justice et fait même part de son sentiment de culpabilité face à la mort de Lyhanna.

Des participants à la marche blanche pour Lyhanna le 7 juin 2026 à Fleurance, dans le Gers.

Crédit : Lionel BONAVENTURE / AFP

La mère d'une victime de Jérôme Barella déplore l'inaction de la justice : "Il faut que je vive avec la mort de Lyhanna"

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Marc-Olivier Fogiel - édité par Laurène Rocheteau

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La détresse d'une mère qui n'a pas été entendue. La mère de la petite Rosa, victime de Jérôme Barella, principal suspect de la mort de Lyhanna, raconte sur RTL son combat contre la justice française, qu'elle estime n'avoir pas fait son travail pour protéger sa fille. Audrey, cette mère de famille, a porté plainte en 2025 pour viol sur mineure de moins de 15 ans à l'encontre de Jérôme Barella. Les faits se seraient produits entre septembre 2024 et mai 2025 au domicile du suspect, alors que Rosa n'était âgée que de 10 ans.

Malgré la plainte déposée, un examen médico-légal et psychologique réalisé sur l'enfant et confirmant un viol, le suspect n'a jamais été entendu par les enquêteurs. "Je suis déçue de la France, je suis déçue qu'ils n'ont pas protégé les enfants, qu'aujourd'hui il fallait arriver jusqu'à la mort de Lyhanna" pour que soient mises en lumière les défaillances du système judiciaire, explique cette mère de famille au micro de RTL.

Aujourd'hui, Audrey dit même se sentir coupable face à la mort de la petite Lyhanna, 11 ans. "Simplement que c'est ma faute, que je n'ai pas fait assez, que je n'ai pas crié assez fort pour qu'ils nous entendent, que je n'ai pas appelé assez fort pour que justice soit faite. Parce que dans la plainte, ils ont tout - tous les éléments, ils ont eu tout pour qu'ils puissent interpeller Jérôme Barrella. Et ils n'ont pas fait. Et cette mort de Lyhanna, ça reste sûrement ma conscience. Il faut que je vive avec la mort de Lyhanna."

Elle adresse même un message à la famille de la petite fille, vivant dans le Gers : "Je suis désolée. Je suis désolée de ne pas avoir fait plus. Je suis désolée qu'il n'ait pas été arrêté avant. Simplement, je suis désolée."

La mère porte plainte contre l'État

Pour son avocat, Maître Pierre Debuisson, présent à ses côtés, "ce n'est pas à des victimes de ressentir ce sentiment de culpabilité, mais plutôt à toutes ces personnes dans le cadre de la chaîne judiciaire qui n'ont pas fait leur travail".

L'avocat annonce donc que la mère de famille dépose plainte contre l'État pour faute lourde. Une procédure en deux temps : judiciaire, d'abord, puis pénale, avec deux motifs. Un premier pour non-assistance en danger, un autre pour mise en danger de la vie d'autrui, avec une plainte visant les enquêteurs et magistrats qui ont travaillé sur le dossier de Rosa, mais aussi directement contre le ministre de la Justice, Gérald Darmanin. 

"Des responsabilités doivent être déterminées et on ne doit pas passer à côté de l'occasion qui nous est offerte de renverser tout ce système qui ne fonctionne pas et de réformer l'institution judiciaire de façon à ce que ce genre de scandale et de drame ne se reproduise plus", déclare-t-il sur RTL. 

La mère de la petite Rosa appelle elle aussi à ce que des mesures soient prises pour empêcher une telle affaire à l'avenir. "On pouvait éviter la mort de Lyhanna, si la justice et les personnes qui se sont occupées de mon dossier faisaient leur job correctement."

Plus aucune confiance dans la justice

Bien qu'elle ait déposé plainte contre l'État, Audrey dit ne plus avoir confiance en la justice française. "Je ne fais pas confiance parce qu'on a posé la plainte le 25 août et ils n'ont rien fait en fait. Ce n'est pas normal pour moi, ce n'est pas normal pour les victimes, ce n'est pas normal pour toutes les victimes de viol. Il faut bouger, il faut montrer pour les jeunes qu'on veut changer les choses, on veut protéger les enfants."

Après la mort de Lyhanna, députés et associations ont d'ailleurs appelé à la création d'une loi sur les violences sexuelles à l'encontre des femmes et des enfants. Une proposition de texte a reçu lundi le soutien de la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a également annoncé son souhait de voir cette proposition de loi soumise "dans les prochains jours au Conseil d’État".

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