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2 min de lecture
Bruno Lafont au tribunal correctionnel de Paris le 13 avril 2026
Crédit : AFP
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La cour d'appel de Paris a ordonné, ce mardi 26 mai, la remise en liberté sous contrôle judiciaire de Bruno Lafont et de Christian Herrault. Les deux hommes étaient incarcérés depuis la mi-avril après leur condamnation pour financement du terrorisme dans le dossier des activités du cimentier en Syrie.
Ils avaient été condamnés le 13 avril par le tribunal correctionnel de Paris à six ans de prison ferme pour Bruno Lafont et cinq ans pour Christian Herrault, avec mandat de dépôt à l'audience.
Leur appel a modifié le régime de détention applicable, la détention relevant désormais des critères de la détention provisoire. Le parquet ne s'était pas opposé à leur remise en liberté, mais avait requis plusieurs obligations strictes, dont une interdiction de quitter le territoire et des obligations de pointage.
Dans ce dossier tentaculaire, neuf prévenus avaient été reconnus coupables d'avoir, entre 2013 et 2014, permis à la filiale syrienne Lafarge Cement Syria de verser près de 5,6 millions d'euros à plusieurs groupes jihadistes armés, dont l'organisation État islamique, afin de maintenir l'activité d'une cimenterie à Jalabiya, dans le nord de la Syrie.
Le tribunal avait estimé que ces paiements avaient contribué à "préparer des attentats terroristes", notamment ceux commis en France en janvier 2015.
Le mardi 19 mai 2026, devant la cour d'appel de Paris, Bruno Lafont était apparu visiblement marqué après 35 jours de détention à la prison de la Santé. L'ancien patron du CAC 40, âgé de près de 70 ans, avait comparu en visioconférence, vêtu d'un pull blanc et d'une doudoune grise sans manches.
"La prison, c'est quelque chose d'assez difficile pour moi. Pas parce que le personnel n'est pas agréable, mais parce qu'elle m'impose une séparation très douloureuse avec mon épouse", avait-il déclaré à la cour.
Alors retraité, il avait insisté sur son ancrage personnel et familial en France : "Je n'ai jamais manqué la moindre convocation. Je ne voyage plus. Toute ma vie est en France : mes enfants, mes petits-enfants et mon épouse. Je vis entre Paris et la Bretagne."
Il avait également affirmé vouloir se présenter à son futur procès en appel : "J'ai mon honneur à défendre". Interrogé sur son quotidien en détention, il avait décrit des journées rythmées par la lecture et les promenades.
Après l'annonce de la remise en liberté des deux hommes par la cour d'appel, Me Jacqueline Laffont, avocate de Bruno Lafont, a dit à l'AFP être "soulagée" et "surtout rassurée quand les magistrats, comme c'est le cas aujourd'hui, appliquent la loi et le droit".
La cour d’appel a estimé dans sa décision que la détention provisoire n'était "pas le moyen indispensable" de garantir la représentation devant la justice des deux hommes et a pris en compte "le choc carcéral" qu'ils ont subi.
Dans le cadre de leur contrôle judiciaire, elle leur a interdit de sortir du territoire national français et a fixé un cautionnement de 100.000 euros pour M. Lafont et 90.000 euros pour M. Herrault, à verser d'ici le 2 juillet.
Elle ne leur a en revanche pas interdit d'entrer en contact, contrairement à ce qu'avait requis le parquet général, alors que les deux hommes avaient été incarcérés dans la même cellule à la prison de la Santé. Ils devraient sortir de prison ce mardi en fin de journée.
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