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Enseignante menacée de décapitation : des élèves vont-ils devoir changer d'établissement à cause du comportement de leur père ?

Une enseignante a été menacée de décapitation par le père d'un élève près de Toulouse, relançant la question du changement d'établissement imposé. Depuis cet été, un décret autorise l'Éducation nationale à transférer un élève si le comportement d'un membre de sa famille fait peser un risque sur la communauté éducative.

École maternelle française (illustration).

Crédit : Arnaud Paillard / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Enseignante menacée à Toulouse par un parent : l'élève peut-il être forcé de changer d'établissement ?

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Hortense Crépin & Valentin Larquier

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Une professeure d'école primaire a été menacée de décapitation vendredi 5 septembre au Fauga, une commune de 2.600 habitants dans le sud de Toulouse. Selon les éléments rapportés sur place, le père d'un élève de CM2 a suivi l'enseignante sur le parking de l'école après avoir contesté une punition infligée à son enfant. Il l'a menacée de "lui couper la tête". L'homme est jugé ce jeudi en comparution immédiate au tribunal de Toulouse.

Dans la commune, le choc est immédiat. Devant l'école Clément Ader, plusieurs parents disent leur sidération. L'un d'eux résume : "C'est quand même des propos énormes." Un autre ajoute : "On espère juste que les enfants sont en sécurité." Une mère de famille fait aussi le lien avec l'assassinat de Samuel Paty : "C'est des propos qu'on ne peut plus tenir en France par rapport à ce qui s'est passé selon moi, même sous le coup de la colère."

La maîtresse de CM2 est "profondément choquée" par les faits. Elle a été placée en arrêt maladie et bénéficie de la protection fonctionnelle. Ce dispositif lui permet d'avoir accès à un accompagnement psychologique, tandis que ses frais d'avocat sont pris en charge.

La mairie demande à ce que les enfants changent d'école

Devant l'école, un policier municipal a été déployé pour rassurer les familles. Les enfants du père mis en cause sont retournés en classe, mais cette situation pourrait être provisoire. La mairie a demandé qu'ils ne soient plus scolarisés dans la commune.

Isabelle Bagnéris, adjointe au maire du Fauga chargée des affaires scolaires et de l'enfance, explique : "Avec Monsieur le maire, nous avons demandé à l'inspectrice que les enfants ne soient plus scolarisés sur la commune." Elle précise les raisons de cette demande : "Pour la sérénité de tout le monde, pour l'enseignante, pour l'équipe enseignante et pour les familles et pour ses enfants aussi parce que maintenant, ils sont montrés du doigt, 'c'est les enfants de...' et je pense que c'est compliqué pour eux aussi", ajoute-t-elle. 

Ce que permet le décret entré en vigueur cet été

Cette affaire pose directement la question d'un changement d'établissement imposé à l'élève. C'est possible depuis cet été grâce à un décret récent. Le texte autorise l'Éducation nationale à changer un élève d'école ou d'établissement en raison du comportement d'un membre de sa famille, lorsque ce comportement fait peser "un risque caractérisé sur la sécurité ou la santé d'un membre de la communauté éducative".

À écouter aussi

Concrètement, le dispositif peut être déclenché si un parent s'en prend verbalement ou physiquement à un enseignant, à un surveillant ou à un directeur d'école. Selon les précisions apportées par le ministère de l'Éducation nationale, il s'agirait ici de la première application de ce décret.

La décision ne revient pas à la mairie seule. Elle est prise par le directeur académique des services de l'Éducation nationale, saisi par le directeur de l'école, le principal ou le proviseur, après un échange préalable avec les parents concernés. Une fois l'élève transféré dans un nouvel établissement, il fait l'objet d'un suivi renforcé jusqu'à la fin de l'année scolaire.

Un texte né d'une succession d'agressions

Ce décret n'a pas été adopté à la suite d'un seul fait divers, mais après une série d'agressions visant des personnels de l'Éducation nationale. En juin dernier à Agen, un père s'introduit dans une école maternelle, menace et insulte des enseignants et la directrice. Une semaine plus tôt, à La Réunion, un parent d'élève entre dans un collège et menace le personnel. En mars, une mère d'élève a été jugée pour avoir giflé un professeur de sport.

Le ministère avance aussi des chiffres pour mesurer l'ampleur du phénomène : 4 incidents graves pour 1.000 élèves ont été signalés dans les écoles en 2024-2025. Dans un tiers des cas, les auteurs sont des parents d'élèves. Parmi les faits recensés, 45% relèvent de violences verbales et 34% de violences physiques.

Le dispositif reste toutefois contesté. Des syndicats d'enseignants et des représentants de parents estiment que l'élève ne devrait pas subir les conséquences directes des actes commis par ses proches.

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