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EasyJet : un pilote interdit de vol après avoir pris de l'ecstasy

La justice a interdit définitivement l'exercice de sa profession à un pilote de la compagnie EasyJet pour "mise en danger de la vie d'autrui".

La compagnie lowcost EasyJet (image d'illustration)
La compagnie lowcost EasyJet (image d'illustration)
Crédit : AFP / FABRICE COFFRINI
Christophe Guirard & AFP

Vendredi 4 août, le tribunal de grande instance de Créteil (Val-de-Marine) a prononcé une interdiction définitive d'exercer sa profession contre un pilote de la compagnie à bas coût EasyJet. Le reconnaissant également coupable de "mise en danger de la vie d'autrui", il l'a aussi condamné à 12 mois de prison avec sursis, une peine supérieure à celle requise par le parquet, qui réclamait huit mois.

Ce pilote de 49 ans était client d'un petit réseau francilien de cocaïne. Ses quatre membres, également jugés vendredi, ont écopé de peines allant de six mois avec sursis à trois ans ferme. 

Lors de l'enquête, la police judiciaire du Val-de-Marne met sur écoute une vendeuse et tombe sur une conversation surprenante. L'aviateur, habitué à piloter un Airbus 320 de 180 places, se plaint des effets secondaires d'un cachet d'ecstasy offert par sa dealeuse. Il a croqué un tiers de la pilule, la veille d'un vol en mai. Mais le lendemain vers 18 heures, frayeur lors de l'atterrissage à l'aéroport d'Orly.

"J'ai fait n'importe quoi"

"J'avais des petites sueurs. (...) Je me suis pas senti très bien, j'ai fait n'importe quoi sur une approche", s'inquiète le pilote sur l'enregistrement, lu à l'audience. Une confidence qui pousse la police à l'interpeller avec les membres du réseau fin juin. "J'étais persuadé que les effets secondaires seraient limités à deux heures après la prise", s'est défendu le client à la barre.

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Cocaïne, ecstasy, MDMA (principe actif de l'ecstasy), cannabis... Ce père de trois enfants a évoqué sa polyconsommation, qu'il entretenait "depuis un an et demi environ", lors de "nuits parisiennes". Ancien trader, l'homme a regretté une "erreur inexcusable" et a juré laisser passer généralement "deux ou trois jours" avant de piloter, lorsqu'il consommait.

Des procédures disciplinaires en cours

"L'écoute démontre que c'est la première fois qu'il ressent des effets en vol, qu'il s'inquiète et qu'il est prêt à en tirer les conséquences", a plaidé son avocate, Soraya Nouar. "Physiquement, vous n'êtes pas aussi bon qu'un pilote qui n'aurait rien consommé. C'est une réalité, ça s'appelle l'addiction", a rétorqué la procureure. "Vous étiez en train de sombrer et il était temps que ça s'arrête". "J'ai pris la pleine mesure de tout ça en arrêtant toute consommation", a assuré le prévenu, qui se fait soigner.

Dans un communiqué, la compagnie EasyJet a affirmé que le pilote n'avait "plus opéré de vol" depuis le début de l'enquête et que "des procédures disciplinaires sont en cours". Elle précise également qu'"en tant que copilote, il a toujours volé sous la direction d'un commandant de bord expérimenté" et que tous les pilotes sont "soumis à des bilans médicaux réguliers et complets".

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