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Disparition de Narumi Kurosaki : 3 questions pour comprendre l'affaire

Le principal suspect, Nicolas Zepeda, est arrivé en France ce vendredi 24 juillet.

Nicolas Zepeda-Contreras, ex-petit ami de Narumi Kurosaki, à Santiago en 2017.
Nicolas Zepeda-Contreras, ex-petit ami de Narumi Kurosaki, à Santiago en 2017. Crédit : Pablo VERA / AFP
Victor
Victor Goury-Laffont et AFP

L'avion a atterri. Le Chilien Nicolas Zepeda, soupçonné d'avoir assassiné son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki à Besançon, dans l'est de la France, en 2016, est arrivé ce vendredi 24 juillet à Paris, selon une source aéroportuaire.

Cette extradition marque un nouveau rebondissement dans cette affaire, plus de trois ans après les faits. Avec l'arrivée du principal suspect sur le territoire français, va-t-on enfin connaître le dénouement ?

Au cœur de l'affaire : Narumi Kurosaki, 21 ans, qui vivait et étudiait sur le campus universitaire de Besançon, et son ancien petit-ami Nicolas Zepeda, fils d'une riche famille chilienne. L'ex-couple se rencontre en 2014 au Japon, où le jeune homme étudie. Il tombe éperdument amoureux de l'étudiante et la présente même à sa famille. Narumi a été vue pour la dernière fois le 4 décembre 2016. 

1. Que s'est-il passé ?

Selon l'enquête, peu avant la disparition de Narumi, les deux jeunes gens avaient pris leurs distances et l'étudiante japonaise avait débuté une nouvelle relation, suscitant la jalousie du Chilien, qui se trouvait alors dans son pays. Début décembre 2016, Nicolas Zepeda revient à Besancon pour y voir la jeune femme, qui étudiant en France. Le soir du 4 décembre, la veille de sa disparition, ils étaient rentrés ensemble dans le logement de Narumi. Cette nuit-là, selon le procureur, plusieurs étudiants ont entendu "des hurlements de terreur, des cris", mais "personne n'a prévenu la police".

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D'après la géolocalisation de sa voiture de location, le 6 décembre 2016 à l'aube, le suspect s'était rendu dans une zone boisée à l'est de Dole (Jura), où les enquêteurs pensent qu'il s'est débarrassé du corps. Il avait acheté quelques jours plus tôt des allumettes et un bidon de produit inflammable, selon l'enquête. Mais malgré d'importantes recherches, le corps n'a jamais été retrouvé. De son côté, Nicolas Zepeda affirme, dans un courrier envoyé par le suspect aux autorités chiliennes, avoir passé une partie de la nuit du 4 au 5 décembre avec elle, mais être ensuite reparti seul.

2. Comment échappait-il à la justice française ?

Si la France possède des accords d'extradition avec une cinquantaine de pays dans le monde, elle n'en a pas avec le Chili. D'ailleurs, en 2019, la France avait refusé d'extrader Ricardo Palma Salamanca, un Chilien condamné à la prison à vie en 1994 et réfugié en France après une évasion de prison en 1996. 

Etienne Manteaux, procureur de la République de Besançon, s'était rendu en avril 2019 au Chili avec un magistrat instructeur et deux enquêteurs. Sept mois plus tard, il avait annoncé que l'enquête était "close" et que les "34 mois d'investigations" justifiaient "la demande d'extradition de Nicolas Zepeda pour qu'il comparaisse devant la cour d'assises de Besançon pour l'assassinat de Narumi Kurosaki".

La Cour suprême chilienne a confirmé le 18 mai l'extradition du jeune homme vers la France. Les autorités françaises avaient normalement soixante jours pour venir le chercher, mais les restrictions liées à la pandémie de coronavirus (fermeture des frontières, rareté des vols) ont compliqué les choses. Le juge avait donc décidé l'application d'une "mesure d'assignation à résidence totale" afin de "garantir la remise (à la France) et éviter un possible danger de fuite" de la part du suspect de 29 ans. 

3. Comment se déroulera la suite de la procédure ?

Jusque-là, Nicolas Zepeda était sous contrôle judiciaire, assorti d'une interdiction de sortie du territoire. Il a été récupéré par la police chilienne le mercredi 22 juillet, puis livré à la police française le 23 juillet à l'aéroport de Santiago.

Arrivé à Paris vers 11h le 24 juillet, Nicolas Zepeda s'est normalement vu notifier l'exécution de son mandat d'arrêt international, comme l'avait expliqué Etienne Manteaux. Il devrait désormais être amené à Besançon.

"C'est le commencement d'une deuxième phase de l'instruction, avec peut-être des rebondissements dans cette phase", a ajouté le procureur. "Il va être présenté au juge d'instruction en vue de sa mise en examen éventuelle du chef d'assassinat. S'il est mis en examen, le parquet demandera à ce qu'un débat contradictoire se tienne pour un éventuel placement en détention".

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