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Disparition de Medhi Narjissi : la Fédération française de rugby mise en examen pour homicide involontaire

Medhi Narjissi, 17 ans, avait été emporté par une vague le 7 août 2024 lors d'un déplacement de l'équipe de France U18 près du cap de Bonne-Espérance, en Afrique du Sud. La Fédération française de rugby a été mise en examen, vendredi 24 avril 2026, pour homicide involontaire.

Un bouquet de fleurs et une photos de Medhi Narjissi sur un banc lors d'une cérémonie commémorative à la plage de Dias au Cap de Bonne-Espérance, près du Cap, le 7 août 2025.

Crédit : GIANLUIGI GUERCIA / AFP

Jérémy Descours & AFP

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Ce vendredi 24 avril 2026, la Fédération française de rugby a été mise en examen pour homicide involontaire, après le drame survenu le 7 août 2024 en Afrique du Sud. 

Lors d'un séjour de l'équipe de France U18 à l'occasion d'un tournoi international, Medhi Narjissi, 17 ans, a été emporté par une vague alors qu'il se baignait près du cap de Bonne-Espérance, dans une zone réputée dangereuse. Les joueurs participaient à une séance de récupération encadrée par leur staff.

Convoqué devant une juge d'instruction d'Agen, le président de la FFR Florian Grill a dû s'expliquer pendant plusieurs heures, près de deux ans après le tragique décès du jeune joueur du Stade toulousain, dont le corps n'a pas été retrouvé.

"La Fédération française de rugby (FFR) a comparu et a répondu à toutes les questions du magistrat instructeur. Au terme de son audition, d'une durée de quatre heures, l'association Fédération française de rugby a été mise en examen", a fait savoir dans un communiqué Olivier Naboulet, procureur de la République à Agen.

"Des défaillances dans l'organisation du stage" selon la juge

La juge d'instruction a notifié cette mise en examen "notamment en raison des défaillances dans l'organisation du stage des U18 en Afrique du Sud et des manquements dans la prise en charge spécifique des mineurs (en particulier en matière de sécurité, d'encadrement, d'activités nautiques)", a précisé le magistrat.

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Florian Grill est ressorti, ce vendredi, sans faire de déclaration, empruntant une sortie dérobée du palais de justice. "Nous prenons acte de la décision de mettre en examen la FFR en tant que personne morale. Il s'agit d'une étape intermédiaire de la procédure qui ne constitue en aucun cas une déclaration de culpabilité", a réagi Me Mathias Chichportich dans une déclaration transmise à l'AFP, jugeant la décision "contestable en droit".

La famille de Medhi Narjissi avait dit attendre beaucoup de l'audition du président de la fédération, que les proches du jeune joueur accusent d'avoir "dysfonctionné gravement".

Pour rappel, Florian Grill avait été entendu en octobre 2024 par la police d'Agen au début de l'enquête, ouverte en septembre 2024 pour disparition inquiétante et requalifiée depuis en homicide involontaire.

Le préparateur physique de l'équipe de France U18 Robin Ladauge, révoqué de la fonction publique en août 2025, et l'ancien manager Stéphane Cambos, suspendu pour deux ans dont un ferme, avaient déjà été mis en examen pour homicide involontaire dans ce dossier, respectivement en mai et juin 2025.

"Monsieur Grill et sa fédération ont l'art de chercher les fusibles"

Une enquête administrative menée par l'Inspection générale de l'éducation, du sport et de la recherche (IGESR) a pointé notamment une "préparation défaillante du séjour" de la FFR et les "missions insuffisamment formalisées" des différents encadrants des U18.

Pour la Fédération française, ces défauts de préparation, qu'elle ne nie pas et relie à l'héritage de la précédente gouvernance auquel elle est confrontée, sont à séparer du drame qui relève, selon elle, des responsabilités de l'encadrement.

"La décision d'avoir organisé un bain de récupération dans un lieu dangereux pour la baignade est une faute grave mais elle n'est en rien imputable à la Fédération. Elle est d'autant plus incompréhensible qu'elle n'a été ni prévue, ni autorisée, ni validée", a plaidé Me Chichportich, estimant que "la responsabilité pénale de la FFR ne peut pas être engagée".

"Monsieur Grill et sa fédération ont l'art de chercher les fusibles", a réagi Me Édouard Martial, avocat de la famille Narjissi. "Ils ont oublié l'essentiel. Ils ont une obligation de sécurité vis-à-vis des mineurs", a-t-il fait valoir, évoquant une "satisfaction" pour les proches de la victime.

"Les Narjissi (...) ne tolèrent pas qu'on puisse s'exonérer de cette manière-là, avec cette légèreté-là, avec ces dérobades successives devant des responsabilités qui semblent être évidentes", a-t-il conclu.

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