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Cahors : Jean-Paul Gouzou condamné à 25 ans de prison pour l'assassinat de Djeneba Bamia

En assassinant sa femme, il a déclaré vouloir protéger leurs trois enfants d'un voyage au Mali. Selon les experts, cet homme à la personnalité rigide s'était enfermé dans une logique folle.

Un avocat à une cour d'assises (illustration)
Un avocat à une cour d'assises (illustration) Crédit : ERIC CABANIS / AFP
Leia Hoarau
Leia Hoarau
et AFP

Il avait affirmé ne pas avoir eu le choix pour protéger ses enfants : Jean-Paul Gouzou, un éleveur à la retraite, a été condamné, vendredi 18 janvier, à 25 ans de réclusion criminelle par les assises du Lot pour l'assassinat de sa jeune femme malienne, Djeneba Bamia, en mars 2017.

À l'issue de trois jours d'audience, le jury a suivi le réquisitoire de l'avocat général Frédéric Amendros, en retenant la préméditation à l'encontre de l'accusé. Âgé de 69 ans, ce dernier est resté impassible à la lecture du verdict. Il n'avait laissé percer une émotion qu'en demandant "pardon" à Djeneba Bamia en réponse à une interpellation de M. Amendros.

Les enfants en danger selon l'accusé

Dans ce dossier de féminicide, le mari assassin a aussi été déchu de l'autorité paternelle sur les trois enfants du couple, un garçon et deux filles aujourd'hui âgés de sept, cinq et quatre ans. Il "a condamné ses enfants à perpétuité ", a fustigé l'avocat général, alors que Jean-Paul Gouzou n'a pas démordu de sa ligne de défense durant le procès, ouvert mercredi.

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Il a répété avoir agi pour "la survie" des enfants, mis en danger selon lui par le projet de leur mère de les emmener en vacances au Mali avec son nouveau compagnon, également un éleveur de la région.

Le couple s'était marié en 2008, après une rencontre au Mali entre le retraité, en voyage professionnel, et sa victime, technicienne vétérinaire de 20 ans sa cadette. Il s'était séparé en 2016, alors que selon une amie de la victime, celle-ci subissait "violences psychologiques" et "brimades".

"Autoritaire et déphasé"

À la barre, la déléguée départementale aux droits des femmes a décrit Jean-Paul Gouzon comme un "prédateur" qui s'était "offert une esclave domestique et sexuelle". Pour les experts, cet homme à la personnalité rigide s'était enfermé dans une logique folle. Le procès a dessiné le "portrait d'un homme autoritaire, en déphasage évident dans son rapport aux femmes", a relevé l'un des avocats de la défense, Me Edouard Martial, qui craignait une peine "beaucoup plus lourde".

"Ni euphorie ni frustration", a réagi de son côté un ami de la victime, Michel Blaise. Le retraité avait lui-même appelé les gendarmes pour se livrer, après avoir tué sa femme de trois coups de fusil en mars 2017, devant sa ferme à Gorses, un village à 80 km au nord-est de Cahors. Moins d'un an plus tôt, une ordonnance de protection, après plusieurs plaintes croisées, lui avait pourtant interdit de détenir une arme. Durant l'enquête, l'amie de la victime avait dénoncé une inertie des institutions, mettant notamment en cause le parquet du Lot.  

Une peine "à la hauteur du crime"

"L'institution judiciaire n'est pas responsable de près ou de loin de la mort de Djeneba Bamia", lui a indirectement répondu l'avocat général, en faisant de l'accusé le seul responsable de son geste.

"La peine est lourde mais à la hauteur du crime", a commenté Me Anne Bouillon, avocate de la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF), partie civile au procès. Elle a estimé que la cour "avait pris conscience qu'un meurtre de femme n'arrive jamais par hasard et est le résultat de rapports d'inégalité".

En 2017 en France, 130 femmes ont été tuées par leur conjoint, ex-conjoint, petit ami, amant ou ex-amant, contre 123 en 2016, soit plus d'une tous les trois jours, selon les derniers chiffres du gouvernement.

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2019-01-19 03:00:00
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