2 min de lecture Corse

Burkini : le tribunal administratif de Bastia valide l'arrêté du maire de Sisco

La juridiction a validé l'arrêté d'interdiction du maire après la rixe violente qu'a connu la commune corse.

Un rassemblement à Sisco (Corse) après la rixe
Un rassemblement à Sisco (Corse) après la rixe Crédit : PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
et AFP

Le tribunal administratif de Bastia a rejeté mardi 6 septembre la requête en référé de la Ligue des droits de l'homme demandant la suspension de l'arrêté anti-burkini pris par le maire de Sisco (Haute-Corse) au lendemain d'une rixe entre des Marocains de Furiani et des villageois dans sa commune à la mi-août. Le juge, se référant à la récente décision du Conseil d'État suspendant un arrêté comparable, a estimé qu'"en l'espèce, compte tenu des récents événements (...), la présence (...) d'une femme portant un costume de bain de la nature de ceux visés par l'arrêté (...) serait (...) de nature à générer des risques avérés d'atteinte à l'ordre public qu'il appartient au maire de prévenir".

Ange-Pierre Vivoni, le maire socialiste de Sisco en Haute-Corse, avait maintenu son arrêté malgré la suspension par le Conseil d'État d'un texte similaire. La plus haute juridiction administrative française avait suspendu un arrêté municipal anti-burkini, celui de la commune de Villeneuve-Loubet (Côte d'Azur), avertissant les maires que toute interdiction de ces tenues de bain islamiques couvrantes devait s'appuyer sur des "risques avérés" pour l'ordre public.

"Je ne me sens pas concerné par la décision du Conseil d'État", avait alors déclaré le maire. "Mon arrêté n'était pas de la prévention, je l'ai pris pour la sécurité des biens et personnes de ma commune, je risquais d'avoir des morts !", a-t-il expliqué. Ange-Pierre Vivoni a rappelé avoir pris cet arrêté "pour protéger toute la population, y compris les musulmans". Il estime que dans le contexte actuel, "il ne peut y avoir aucune provocation, de qui que ce soit". "Des musulmans m'ont remercié d'avoir pris cet arrêté, car leur religion prône la paix et l'entente des peuples", a-t-il ajouté.

Cinq hommes soupçonnés d'avoir été impliqués dans une violente rixe sur une crique de Sisco le 13 août, ayant fait cinq blessés légers, seront jugés le 15 septembre devant le tribunal correctionnel de Bastia. La bagarre avait opposé des villageois de la région de Sisco à trois frères marocains de Furiani. Ces derniers ont été reconnus par le parquet de Bastia comme étant à l'origine des incidents qui avaient nécessité l'intervention de cent gendarmes et policiers pour ramener le calme. Le procureur de la République avait tenu à exclure une quelconque radicalisation et avait précisé que la rixe n'avait pas été déclenchée par une photo d'une musulmane se baignant en burkini. "Les tensions sont retombées aujourd'hui mais ça couve, le volcan n'est pas éteint", a affirmé Ange-Pierre Vivoni. "Ce sera comme ça jusqu'au 15 septembre".

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