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Bordeaux : le calvaire d'une femme amputée des quatre membres après une IVG

Le CHU de Bordeaux a été condamné à verser 300.000 euros d'indemnisation à cette jeune femme victime d'une grossière erreur médicale.

Un couloir d'hôpital. (illustration)
Un couloir d'hôpital. (illustration) Crédit : PASCAL PAVANI / AFP
François Quivoron
François Quivoron

Une erreur médicale au CHU de Bordeaux a eu des conséquences gravissimes pour une femme de 36 ans, victime d'une infection post-IVG et amputée des quatre membres pour ne pas avoir été prise en charge correctement par l'équipe soignante. "Je suis rentrée en excellente santé au Centre hospitalier universitaire de Bordeaux un soir de juillet 2011, et j’en suis ressortie massacrée un mois plus tard", raconte Priscilla Dray dans un témoignage recueilli par L'Obs.

Le lendemain de son IVG, la jeune femme souffre d'une fièvre et revient à l'hôpital de Bordeaux. Elle est reçue par une interne, qui discute de son cas au téléphone avec le médecin de garde. Après quelques examens, elle est renvoyée chez elle. Mais la fièvre réapparaît. Priscilla Dray consulte alors un médecin généraliste au Cap Ferret, qui diagnostique une septicémie et réclame une hospitalisation en urgence pour débuter "une antibiothérapie, celle qu'[elle] aurai[t] dû recevoir la veille".

J’avais des nécroses de peau partout, mon corps était plein de trous

Priscilla Dray
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Retour donc au CHU de Bordeaux, où elle est reçue par une interne "particulièrement hautaine et désagréable". "Alors que je tenais à peine debout, elle m’a pris pour une douillette bourgeoise dramatique, raconte la jeune femme dans L'Obs. Lorsque je lui ai demandé de m’hospitaliser, elle m’a répondu : 'Mais enfin, madame, on n’hospitalise pas les gens comme ça'. Je lui ai alors montré le mot du médecin du Cap Ferret que je venais de voir et qui m’avait diagnostiqué une septicémie. Sa réponse : 'C’est quand même pas un médecin de ville qui va décider !'"

Douze heures s'écoulent entre son arrivée au CHU et le moment où l'équipe médicale se rend compte de la gravité de la maladie. Pendant cette longue attente, l'état de Priscilla Dray empire. "Tous mes organes ont été touchés par cette infection. Plus rien ne fonctionnait normalement. J’avais des nécroses de peau partout, mon corps était plein de trous", poursuit-elle. Victime d'un choc septique, elle est placée dans le coma artificiel. "C’est fini. Il y a 5% de chances qu’elle s’en sorte vivante", disent les médecins à son mari au beau milieu de la nuit.

Elle veut voir le médecin derrière les barreaux

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L'infection qui la ronge, une "bactérie mangeuse de chair", s'attaque aux graisses et aux tissus de son corps. Ses "extrémités étaient nécrosées, il fallait [lui] amputer les deux jambes et les deux bras". "Avant de mettre les pieds au CHU de Bordeaux, j’étais une jeune femme très dynamique et féminine. Tout d’un coup j’étais en fauteuil, handicapée, au milieu de graves accidentés de la route et de personnes âgées. Tout ça, à cause d'une erreur médicale", enrage Priscilla Dray.

La reconstruction est longue et difficile pour cette mère de famille, qui continue à se battre pour se "réparer". Elle vient d'obtenir une première victoire avec la condamnation début janvier de l'hôpital de Bordeaux, qui doit lui verser 300.000 euros d'indemnisation. "J’aimerais vraiment voir le médecin du CHU de Bordeaux, celui qui ne m’a pas prescrit les trois petits grammes d’antibiotiques qui auraient changé ma vie, derrière les barreaux. Même si je n’y crois pas trop". 

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2017-02-15 12:10:38
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