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Procès de Nicolas Sarkozy en appel : au dernier jour de son interrogatoire, l'ex-président répète qu'il n'y a "pas un centime" d'argent libyen dans sa campagne

Nicolas Sarkozy a répété lundi 4 mai qu'aucune trace de financement par la Libye de sa campagne présidentielle de 2007 n'avait été retrouvée, au dernier jour de son interrogatoire devant la cour d'appel de Paris.

L'ancien président français Nicolas Sarkozy arrive au Palais de Justice de Paris, le 4 mai 2026, pour son procès en appel dans le cadre de l'affaire des financements libyens.

Crédit : Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Sophie Neumayer & La rédaction numérique de RTL

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Les 3 points à retenir
  • Nicolas Sarkozy a répété lundi 4 mai qu'aucune trace de financement par la Libye de sa campagne présidentielle de 2007 n'avait été retrouvée, au dernier jour de son interrogatoire devant la cour d'appel de Paris.
  • "Quatorze ans après, il n'y a pas un virement, pas un centime qui a pu être tracé de manière directe ou indirecte avec ma campagne", a déclaré à la barre l'ancien président, qui était interrogé sur des éléments comptables produits la semaine dernière par ses avocats. Ces derniers ont exploité une clé USB remise par l'ancienne épouse de l'intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine, qui était aussi mis en cause dans le dossier du financement libyen mais est décédé en septembre dernier.
  • Condamné en première instance à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs, Nicolas Sarkozy avait été reconnu coupable d'avoir sciemment laissé Claude Guéant et son ami Brice Hortefeux discuter d'un financement de sa campagne par la Libye du dictateur Mouammar Kadhafi, en échange de contreparties. Les trois hommes nient ce "pacte de corruption" qui aurait été noué en 2005.
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Ce direct est désormais terminé

Ce direct consacré au procès en appel des soupçons de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 est désormais terminé. 

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Alexandre Djouhri appelé à la barre

L'interrogatoire de Nicolas Sarkozy est terminé. Alexandre Djouhri est désormais appelé à la barre pour l'étude de sa personnalité.

Les précédentes condamnations abordées

Le président de la cour rappelle aussi les antécédents judiciaires de Nicolas Sarkozy : l'affaire dite des écoutes et Bygmalion, notamment. L'ancien chef de l'État a aussi été exclu de l'ordre de la Légion d'honneur en juin 2025 et fait un court séjour en prison.

Place à l'interrogatoire de personnalité

Après une suspension d'audience, c'est le moment de l'interrogatoire de personnalité. Après avoir évoqué la composition de la famille de Nicolas Sarkozy, avec cinq enfants, sa déclaration fiscale est abordée. 

Le revenu fiscal de référence de l'ancien chef de l'État est de 14 millions d'euros : 593.000 euros de salaire, 11 millions issus d'un fonds d'investissement espagnol, 169.000 euros de pension retraite et 1,9 million de revenus non commerciaux.

Nicolas Sarkozy revient sur le cas d'Abdallah Senoussi

Nicolas Sarkozy revient sur l'éventuelle contrepartie judiciaire à Abdallah Senoussi invoquée par l'accusation et estime : "M. Guéant a confirmé dans ses attestations en tout point ce que j'ai toujours dit (que rien n'a été entrepris) il a même ajouté que jamais il ne leur a fait croire que c'était possible", rappelle l'ancien président. 


"Il y a dans le dossier 150 pages du traitement judiciaire de Senoussi à aucun moment, il n'est dit que quelque chose a été tenté. Le sort judiciaire de Senoussi n'a pas changé d'un iota. Mes déclarations n'ont pas évoluées", conclu-t-il. 

Nicolas Sarkozy Répond à l'avocat général

L'avocat général estime que la présentation des chiffres de la défense de Nicolas Sarkozy induit en erreur la compréhension. Il invoque un problème de concordance.

"Si une erreur a été commise, j'en serai le premier désolé, mais ce qui compte, c'est la réalité d'un flux financier qui retourne de Takieddine vers Senoussi. Nous pensons que nos chiffres sont exacts, mais quand bien même, qu'est-ce que ça changerait !?", déclare-t-il. 

"Je démontre qu'il n'y a pas d'argent [détourné, ndlr] dans ma campagne et qu'en revanche Senoussi et Takieddine ont des relations financières très importantes... Est-ce que ce qu'on dit est faux !? Non, j'en suis même sûr", assure l'ancien Président. 

"ce que je veux, c'est retrouver mon honneur", lance Nicolas sarkozy

"Moi ce que je veux, c'est retrouver mon honneur. C'est ça qui m'intéresse", assure Nicolas Sarkozy à la cour. L'ancien président assume une présentation peut-être moins tranchée que les jours précédents. "Si je vous ai donné l’impression que c’était moins implacable aujourd’hui que la semaine dernière, j’en suis navré".

Il explique avoir intégré "le système Amesys" à sa démonstration, car cela permet selon lui de "montrer un système". Et, à ses yeux, la question du pourcentage importe peu : "Qu’il touche 5 ou 10 %, qu’est-ce que ça change ?". "Même s'il avait juste l'intention de toucher cette somme, ça suffit pour caractériser l'infraction, on me l'a suffisamment dit !", ajoute-t-il.

Les questions du ministère public avec l'avocat général Damien Brunet

Damien Brunet, avocat général, rappelle un épisode de mars 2011, lorsque Ziad Takieddine est interpellé au Bourget avec une valise d’argent liquide. Pour justifier cette somme, il explique que Mohamed Senoussi la lui a remise pour le compte de son père, Abdallah Senoussi. Autrement dit, les liens financiers entre les deux hommes étaient déjà établis à l’époque.

"J’étais au courant de l’épisode de M. Takieddine au Bourget", assure Nicolas Sarkozy. L'ancien président estime que l’argent retrouvé dans la mallette était "destiné à M. Takieddine lui-même". Il dit s’interroger sur cette supposée "relation d’affaires" entre Ziad Takieddine et Mohamed Senoussi. "J’aimerais savoir quelles étaient exactement leurs relations d’affaires". 

"Qu’est-ce que vient faire Mohamed Senoussi dans une relation d’argent avec les services de renseignement libyens ?", se questionne-t-il. "C’est comme si je travaillais avec les services secrets et qu’on en tirait comme conclusion qu’il est normal que l’argent aille à mon fils. C’est curieux". 

Sarkozy questionné par Me Claire Josserand-Schmidt

Me Claire Josserand-Schmidt, pour l’association Anticor et des proches de victimes du DC-10, demande à Nicolas Sarkozy comment expliquer que Ziad Takieddine n’ait pas évoqué ces virements vers Senoussi au cours de l’instruction.

Nicolas Sarkozy avance une explication liée au contexte libyen de l’époque, qu’il décrit comme "une pagaille gigantesque". "Les clans s'affrontent mais M. Takieddine sait qu'il a versé de millions à Senoussi mais c'est très dangereux de le dire ça, car ça veut dire que M. Senoussi a pris un trésor libyen", explique-t-il. 

"À cette période, le clan Kadhafi pense qu'il peut tenir, mais Ziad Takieddine n'est pas fou, s'il dit qu'il a donné l'argent libyen à Abdallah Senoussi, argent qui est ni plus ni moins détourné, il met en danger Senoussi. Ça fait un scandale épouvantable entre les différents clans libyens !", assure l'ancien président. 

"Il ne s'agit pas de se plaindre du tribunal ou de l'instruction", assure Nicolas Sarkozy

Me Vincent Ollivier s’interroge sur le fait que Nicolas Sarkozy affirme avoir demandé, dès la première instance, l’accès à l’exploitation d’une clé USB portant sur des flux financiers. L'avocat de Nicolas Sarkozy, Tristan Gautier intervient et précise que "le tribunal a répondu ne pas retrouver les scellés". 

"Qu'est-ce qui est important ? Qu'on trouve la vérité. Qu'on sache si le président qui a été élu en 2007 a été élu à l'issue d'un processus de corruption ou pas", répond Nicolas Sarkozy. "Ces éléments, apportés devant la cour, sont importants (...) Vous devriez être heureux que ces documents sortent. Il ne s'agit pas de se plaindre du tribunal ou de l'instruction. Il y a un élément nouveau", insiste l'ancien président. 

"Est-ce que c’est normal ?" : Nicolas Sarkozy s'interroge

Nicolas Sarkozy rappelle d’abord qu’il a déjà été condamné et incarcéré à la prison de la Santé, dans une procédure où, souligne-t-il, "les sommes du compte Rossfield" étaient déjà évoquées, à la fois dans le jugement et dans l’ordonnance de renvoi. 

"On s’est penché dessus, car elles figurent à l’accusation", insiste-t-il, en rappelant aussi que le Parquet national financier avait évoqué dans les médias "6 millions d’euros qui étaient arrivés en France depuis la Libye". 

L’ancien chef de l’État affirme par ailleurs qu’un point, selon lui, ne fait pas débat : "Takieddine a touché beaucoup d’argent des Libyens, ce n'est pas contestable", tout comme le fait "qu’il a bien reversé une partie à Senoussi". 

Reste, ajoute-t-il, la nécessité d’aller plus loin : "Est-ce que ça mériterait des analyses complémentaires ? Certainement… 19.000 documents à analyser en trois semaines…" Pour Nicolas Sarkozy, ces pièces, absentes du dossier initial, "colorent le dossier de manière différente", ce qui l’amène à poser cette question : "Est-ce que c’est normal ?"

"Je ne suis pas le porte-parole de Ziad Takieddine", lance Nicolas Sarkozy

"M. le Président, vous parlez de rétrocommissions, on comprend pour le contrat Amesys en 2008, mais les sommes avant que vous évoquez seraient liées à quel contrat ?", le questionne le président de la cour d'appel. 


"Je ne suis pas le porte-parole de Ziad Takieddine que je n'ai pas vu depuis 2003. M. Takieddine était rémunéré pour un travail qu'il effectuait auprès de M. Senoussi, mais pour quel contrat je n'en sais rien", répond Nicolas Sarkozy. 

"Mais il n'en reste pas moins qu'il touche 9 millions d'euros il a donc du faire quelque chose, je l'espère pour lui et pour les Libyens et qu'il paie les dépenses du fils Senoussi dans des proportions importantes", ajoute-t-il. 

"sur ces 19.000 documents, il n’y a pas la plus infime insinuation du financement de ma campagne", affirme Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy affirme que l’exploitation de ces trois virements Rossfield permet aujourd’hui d’en reconstituer précisément l’usage. Selon lui, le premier virement, effectué en janvier 2006 pour près de 3 millions d’euros, a été utilisé à "99,6 % pour la vie de M. Takieddine", notamment pour l’achat d’une Bentley et pour alimenter le compte Cactus de Thierry Gaubert.

"Le deuxième virement, nous avons reconstitué son utilisation à 100 %", assure-t-il encore, en précisant qu’une partie des fonds a transité par le compte Globs, "et bien c’est sur le compte Globs que Senoussi va toucher 300 000 euros" Sur le troisième virement, ajoute-t-il, "M. Senoussi a touché 394.515 euros". 

Pour l’ancien chef de l’État, "toutes les sommes Rossfield, y compris quand elles sont virées sur le compte Globs, sont tracées" utilisées soit pour "le train de vie" de Ziad Takieddine, soit pour revenir à Mohamed Senoussi. 

Nicolas Sarkozy insiste aussi sur un autre point : "sur ces 19.000 documents, il n’y a pas la plus infime insinuation du financement de ma campagne". "On est capable de tracer tous les virements", dit-il, avant de marteler que, "quatorze ans après, pas un centime n’est tracé vers ma campagne". Et de souligner enfin que "la moitié de cet argent vient directement des services libyens", en référence, dit-il, à Abdallah Senoussi.

Nicolas Sarkozy défend sa nouvelle "thèse" à la barre

"Il semble que les documents démontrent que tous les virements reçus par Takieddine ont fait l'objet de rétrocessions à M. Senoussi", déclare Nicolas Sarkozy à la barre. 

Le contrat Amesys, conclu en août 2008, s’inscrit dans ce schéma : sur les 4 millions d’euros versés en six fois à Ziad Takieddine pour le compte de M. Senoussi, une partie lui aurait été reversée, assure l'ancien président. 

Arrivé en Libye en 2005, Ziad Takieddine aurait commencé à percevoir ces fonds dès 2006 et 2007, avant que le mécanisme ne se prolonge l’année suivante. Au total, ses activités libyennes lui auraient rapporté 9,2 millions d’euros. Sur la même période, Abdallah Senoussi aurait récupéré 3,2 millions d’euros, dont 670 000 euros provenant du compte Rossfield, que l’accusation soupçonne d’avoir été dédié à la corruption présumée franco-libyenne.

Nicolas Sarkozy interrogé sur les 3 virements litigieux à Takieddine

Le président de la cour d'appel rappelle qu'en première instance Nicolas Sarkozy a soutenu que les 3 virements litigieux à Ziad Takieddine étaient des rétrocommissions liées à un contrat Amesys. Il le questionne sur sa nouvelle thèse de défense, selon laquelle près de la moitié de ces 6 millions sont retournés en Libye dans les poches des Senoussi.

Pour Nicolas Sarkozy, il ne s’agit pas d’un nouvel argumentaire, mais de nouvelles pièces sur lesquelles ses équipes travaillent depuis trois semaines et dont, à ses yeux, "il est incompréhensible qu’elles n’aient pas été exploitées depuis dix ans". Il affirme donc défendre aujourd’hui la thèse de rétrocommissions vers Abdallah Senoussi, à la lumière de ces nouveaux documents.

Nicolas Sarkozy doit prendre une nouvelle fois la parole

Cet après-midi  devant la Cour d'appel de Paris, Nicolas Sarkozy doit une nouvelle et dernière fois être appelé à la barre. 

tROIS VIREMENTS AU CENTRE DES AUDITIONS DE CET APRès-midi

En première instance, le tribunal correctionnel avait estimé que trois virements de 6,5 millions d'euros, versés depuis la Libye vers des comptes de l'intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine pouvaient être des fonds occultes destinés à cette campagne, même si l'enquête n'avait pas permis d'établir qu'ils étaient effectivement arrivés à destination.

Selon la nouvelle thèse de la défense Sarkozy : près de la moitié de ces 6 millions sont retournés en Libye dans les poches des Senoussi. Cette théorie sera débattue cet après-midi.

DERNIèRE JOURNée d'auditions au procès en appel du financement libyen

Bienvenue sur ce direct consacré à la fin des auditions dans le procès en appel des soupçons de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. 

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