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Attentats en France : le premier membre du Raid à être entré dans l'Hyper Cacher raconte l'assaut

Antoine est "l'homme au bouclier". Celui qui est entré en premier dans l'Hyper Cacher pour faire face à Amedy Coulibaly.

Les forces de l'ordre française devant l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes après la prise d'otages par Amedy Coulibaly le 9 janvier 2015.
Les forces de l'ordre française devant l'Hyper Cacher de la porte de Vincennes après la prise d'otages par Amedy Coulibaly le 9 janvier 2015.
Crédit : ERIC FEFERBERG / AFP
Marie-Pierre Haddad

Il est le premier à s'être lancé à l'assaut de l'Hyper Cacher, le 9 janvier dernier, quand Amedy Coulibaly retenait 26 personnes en otage. Antoine (prénom modifié), est "l'homme au bouclier", le premier à être entré dans le supermarché. Le policier du Raid revient ainsi, trois mois après, sur cette intervention, dans Le Parisien. "Nous étions en alerte depuis l'attentat de Charlie Hebdo. Nous avons participé à la traque des frères Kouachi", raconte-t-il. 

À la tête de la colonne d'assaut

Alors qu'il déjeunait avec des collègues, Antoine et l'équipe du Raid ont été mobilisés : "Dans ce cas-là, on a juste quelques minutes pour rassembler nos armes et notre équipement personnel. On a filé en convoi jusqu'à la Porte de Vincennes. Là, arrêtés sur le périphérique, on a attendu les instructions pendant près de trois heures en discutant de tout et de rien", explique-t-il.

On savait qu'il y avait au moins trois morts et que Coulibaly était lourdement armé

Antoine, policier du Raid

L'attente prend fin vers 17 heures. "Nos chefs nous ont rapidement briefés sur la disposition des lieux. On savait qu'il y avait au moins trois morts, que Coulibaly était lourdement armé, qu'il avait probablement un complice et qu'il restait une vingtaine d'otages. Chacun d'entre nous, Raid, BRI, BI, s'est vu confier un rôle précis. C'est à ce moment-là que mon chef de groupe m'a dit que j'allais prendre la tête de la première colonne d'assaut, à l'entrée principale du magasin", se souvient-il dans Le Parisien.

Protéger son collègue et repérer les otages

Même s'il a été le premier à faire irruption dans l'épicerie, Antoine insiste sur le fait qu'il s'agit d'une "action de groupe". "Nous intervenons ensemble, soudés et déterminés. Ce sont les chefs de groupes qui décident du rôle de chacun : ils nous côtoient au quotidien, connaissent notre état de forme physique et psychologique et savent désigner au moment T celui qu'ils jugent le plus à même d'assurer tel ou tel rôle", indique-t-il.

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Ainsi, Antoine avait pour principale mission de protéger avec son bouclier le collègue chargé d'ouvrir le rideau métallique de l'entrée. "À mesure qu'il se lève, je sais que le risque de tirs grandit. Notre priorité, c'est surtout de préserver la vie des otages, d'autant que nous ne savons pas où ils se trouvent [...] En fait, l'idée est simple : une fois le rideau levé, il faut analyser le maximum d'éléments en un minimum de temps, puis s'adapter, sachant que la vie des otages prime sur tout le reste", ajoute-t-il.

Je continue à avancer en ripostant, puis je me décale dans l'allée de droite, à l'opposé des otages afin qu'ils ne soient pas pris pour cible

Antoine, policier du Raid

Dès son entrée dans l'Hyper Cacher, Antoine aperçoit le corps d'un premier otage sur le sol, "puis à une dizaine de mètres devant moi, de l'autre côté des caisses, le forcené surgit les armes à la main. Tout va très vite, je rentre dans le magasin, j'aperçois les otages sur ma gauche. Il tire ses premières balles, qui viennent se loger dans mon bouclier. Je continue à avancer en ripostant, puis je me décale dans l'allée de droite, à l'opposé des otages afin qu'ils ne soient pas pris pour cible", rapporte "l'homme au bouclier".

Amedy Coulibaly s'avancera alors vers Antoine en continuant à tirer. Le policier du Raid recevra une balle à travers son gilet pare-balles : "La fusillade s'intensifie, puis mes collègues postés derrière ouvrent le feu à leur tour. Lui avance toujours vers l'entrée avant d'être happé par leurs balles". Une fois, la prise d'otages terminée, Antoine et ses collègues ont mis un certain temps à trouver le sommeil : "On se refait le film des événements, en essayant de voir ce qu'on aurait pu faire de mieux, explique-t-il, avant d'ajouter, je ne suis pas un héros. Comme mes collègues, j'ai juste fait mon travail, rien de plus".

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