2 min de lecture Attentats à Paris

Attentats de Paris : des centaines de proches des victimes entendues pour la première fois par la justice

Pendant trois jours, les magistrats vont évoquer l'avancée des investigations et répondre aux questions des parties civiles.

Le Bataclan, un mois après les attentats
Le Bataclan, un mois après les attentats Crédit : MATTHIEU ALEXANDRE / AFP
Nicolas Bamba et AFP

Ils sont plus de 1.000 et sont désignés sous l'appellation "parties civiles". A partir de ce mardi 24 mai, et pendant trois jours, les proches des victimes des attentats de Paris et de Saint-Denis vont être reçus par les juges chargés de l'enquête. Compte-tenu de l'ampleur inédite du nombre de parties civiles, ces réunions se tiendront sur trois jours dans une salle de l’École militaire à Paris. Il s'agit des premières rencontres entre la justice et les proches des victimes depuis les attentats du 13 novembre 2015.

Ce 24 mai, à partir de 14 heures, ce sont les survivants - ou leurs proches - des attaques contre les terrasses parisiennes et contre le Stade de France qui seront reçus. Les après-midi de mercredi et jeudi seront consacrés aux échanges avec les personnes meurtries par l'attaque du Bataclan. Les magistrats vont exposer les avancées de l'enquête en France et en Belgique, base arrière de la cellule jihadiste qui a fait 130 morts et plus de 400 blessés. Ils évoqueront aussi leurs objectifs, puis répondront aux questions qui leur seront posées.

Une première audition qui s'annonce "frustrante"

Le 20 mai a eu lieu la première audition de Salah Abdeslam, complice des terroristes et présumé seul survivant des commandos qui ont ensanglanté Paris et Saint-Denis. Mais l'homme détenu à Fleury-Merogis (Essonne) sous surveillance vidéo a refusé de parler, alors qu'il annonçait son intention de collaborer avec la justice française. Son silence soudain douche les espoirs des victimes et de leurs proches. "Cette première rencontre s'annonce frustrante. Nous espérions beaucoup de ses premières déclarations", déclare à l'AFP l'avocate Sylvie Topaloff.

Les parties civiles ont l'intention de poser des questions sur plusieurs sujets. Ils souhaitent des éclaircissements à propos de la tuerie du Bataclan et de l'intervention des forces de l'ordre. "On sait que beaucoup de temps s'est écoulé entre le début de la prise d'otages et l'assaut de la police. Il n'est pas question de faire le procès de l’État, mais d'essayer de comprendre", explique maître Emmanuel Daoud.

Il va falloir faire preuve de patience

Georges Salines, président de l'association "13 novembre : fraternité et vérité"
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Certaines parties civiles souhaitent savoir ce qu'il va advenir de la dizaine de personnes inculpées à l'étranger. Fin avril, la France a demandé à Bruxelles la remise de quatre individus incarcérés. Trois d'entre eux sont soupçonnés d'avoir aidé Salah Abdeslam dans sa cavale qui s'est achevée vendredi 18 mars à Molenbeek. 17 familles comptent porter plainte contre l’État belge pour des défaillances dans la surveillance des frères Abdeslam.

Georges Salines, président de l'association "13 novembre : fraternité et vérité" et père de Lola, tuée au Bataclan, annonce qu'"il va falloir faire preuve de patience". "Nous ne souhaitons pas que les magistrats fassent preuve de précipitation: l'enquête doit être la plus complète possible pour remonter la chaîne des responsabilités et mettre le maximum de personnes hors d'état de nuire", ajoute-t-il.

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