2 min de lecture Attentat

Attentat déjoué au Fort Béar : l'État islamique voulait "frapper" la France

Le plus jeune des trois suspects interpellés en début de semaine aurait reçu ses ordres directement d'un membre de Daech en Syrie.

Des combattants de l'État islamique (photo diffusée sur le compte Twitter jihadiste Al-Baraka news le 11 juin 2014) (archive).
Des combattants de l'État islamique (photo diffusée sur le compte Twitter jihadiste Al-Baraka news le 11 juin 2014) (archive). Crédit : ALBARAKA NEWS / AFP
micro générique
La rédaction numérique de RTL
et AFP

On en sait plus sur les motivations des trois suspects de l'attentat déjoué contre un site militaire des Pyrénées-Orientales. Deux d'entre eux au moins ont une proximité avec Daech. Un jihadiste du groupe État islamique (EI) a demandé, depuis la Syrie, au plus jeune des trois de "frapper" en France, a révélé le procureur de la République de Paris ce vendredi 17 juillet. 

Le parquet a ouvert une information judiciaire et requis le placement en détention des trois suspects, âgés de 17, 19 et 23 ans. Ils ont été arrêtés en toute discrétion la veille du 14 juillet, près de Valenciennes (Nord), au Chesnay (Yvelines) et à Marseille. Les trois suspects se sont connus sur les réseaux sociaux et ont préparé ensemble leur départ en Syrie pour y mener le jihad, selon les premiers éléments de l'enquête. Mais la radicalisation du plus jeune, repérée par le renseignement sur les réseaux sociaux, a été signalée par sa mère. Décrit comme "un élément moteur", le jeune Nordiste de Beuvrages a été repéré et a fait l'objet d'un entretien administratif.

L'ancien marin se sentait "investi d'une mission"

Dans l'impossibilité de se rendre en Syrie, il a alors reçu instruction d'un jihadiste se trouvant en Syrie de "frapper sur place en France", a indiqué le procureur de Paris François Molins ce vendredi. Après des échanges avec les deux autres suspects, le choix s'est porté sur le sémaphore de Fort Béar, un camp militaire sur les hauteurs de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales), où avait officié le plus âgé des trois, alors marin. Les trois hommes auraient envisagé de tuer des militaires en poste dans ce sémaphore, et de décapiter le chef du détachement, en filmant la scène pour la diffuser sur internet. Fort Béar, qui domine la Méditerranée, abrite le centre national d'entraînement commando. "Il était prévu qu'ils se fournissent notamment en armes de poing", a expliqué le procureur. Mais aucune arme ni explosif n'ont été retrouvés à leurs domiciles.

Le suspect de 23 ans avait été guetteur au sémaphore de Fort Béar, avant d'être réformé de la Marine "pour troubles d'adaptation au métier de militaire". Son contrat a pris fin en janvier 2015. Il avait des problèmes de santé et aurait pu "nourrir une rancune personnelle contre le chef de détachement", selon une source proche du dossier. Selon François Molins, il a expliqué en garde à vue "s'être senti investi d'une mission au service de l'EI et vouloir répondre aux consignes de cette organisation terroriste en attaquant une cible" en France. 

Un ado travailleur et féru d'informatique

À lire aussi
Salah Abdeslam est incarcéré à la prison de Fleury-Merogis (Essonne). Attentats à Paris
Attentats du 13 novembre : qui sont les 20 suspects renvoyés aux assises ?

À Beuvrages, la ville d'origine du plus jeune suspect, la stupéfaction domine ce vendredi. Les habitants décrivent ce féru d'informatique de 17 ans comme un garçon "sérieux" et "travailleur". Ismaël venait de passer son baccalauréat. Le jeune homme habitait avec ses parents dans une petite maison de briques rouges mitoyenne. L'habitation se situe dans un quartier défavorisé, à proximité d'un parc. Le maire de Beuvrages, André Lenquette, se dit très surpris, lui qui connaissait la famille, native de la ville et qui n'avait jamais fait parler d'elle, "au contraire". "D'après les personnes qui ont pu l'approcher", ce garçon "était très réservé", précise l'élu. 

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Attentat Terrorisme Faits divers
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants