3 min de lecture Attentat à Nice

Attentat à Nice : comment parler du drame du 14 juillet à des enfants ?

ÉCLAIRAGE - Des enfants sont morts dans la tuerie de masse du jeudi 14 juillet à Nice.

RTL Midi -  Christelle Rebière RTL Midi Christelle Rebière iTunes RSS
>
Attentat à Nice : comment parler du drame du 14 juillet à des enfants ? Crédit Image : FRED DUFOUR / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
La page de l'émission
Ludovic Galtier
Ludovic Galtier
et Julien Sellier

Le 14 juillet est la fête familiale par excellence. Nombreuses sont les familles à s'être déplacées sur la Promenade des Anglais, à Nice, pour assister au feu d'artifice du jeudi 14 juillet. Parmi les victimes du camion fou qui a tué 84 personnes - 50 autres sont en "état d'urgence absolue" -, une cinquantaine d'enfants ont été hospitalisés. Certains sont blessés, d'autres sont morts. Comment raconter ce drame aux enfants qui ont assisté à ces scènes d'horreur ? Psychiatre à l'hôpital Saint-Antoine, le docteur Florian Ferreri a livré quelques conseils au micro de RTL.

Premier élément à prendre en considération : l'âge de l'enfant. On ne parle pas à un enfant de six ans comme à un adolescent de 15 ans. "Ce qui est important également, c'est d'expliquer ce qu'il s'est passé, de les rassurer quand c'est possible sur l'état de santé des parents. Les enfants perçoivent beaucoup la détresse des adultes. Quand on ne leur explique pas, ils s'imaginent des choses via ce que les adultes vivent ou ressentent en lisant les journaux, en écoutant la radio. Quand c'est possible, à partir de l'école primaire, leur expliquer qu'il s'est passé quelque chose d'important, qu'il y a eu une situation difficile."

Maîtriser son émotion devant les enfants

Les enfants sont de plus en plus confrontés à ces scènes traumatisantes. En janvier 2015, au moment de la fusillade de Charlie Hebdo, le docteur Geneviève Djénati, psychologue et thérapeute familiale, recommandait au micro de RTL de "laisser l'enfant en parler en premier". L'objectif étant d'établir une communication avec l'enfant pour savoir ce qu'il a compris de l'affaire, afin de ne pas "se fourvoyer dans des explications trop bébé ou beaucoup trop compliquées qui ne le rassureront pas non plus". Savoir maîtriser son émotion est aussi essentiel pour aborder le sujet avec des enfants. Il faut oublier les réactions indignées du type : "Quelle horreur !", car l'information va "rester brute en lui et faire des dégâts, en terreur nocturne par exemple". 

Protéger les enfants

Autre pédopsychiatre, qui recommande de communiquer avec les enfants dans ces moments dramatiques : Marcel Rufo. Il s'était exprimé sur le sujet après les attentats du 13 novembre, qui avaient ensanglanté Paris et Saint-Denis. "Les enfants attendent un seul mot de nous : 'On te protège, on est là pour te protéger'", expliquait-il.

Préserver les enfants d'Internet et leur donner des repères

À lire aussi
Deux ans après l'attentat sur la Prom', un feu d'artifice a de nouveau été tiré à Nice 14 juillet
14 juillet : premier feu d'artifice à Nice depuis l'attentat meurtrier de 2016

L'enfant doit également être protégé des images sur le sujet. Des images qu'il pourrait découvrir sur Internet. "L'enfant a tendance à rapprocher le danger de lui. On l'a vu au moment des tours de New York, les enfants avaient peur que la tour Eiffel leur tombe dessus", explique notamment Geneviève Djénati. Au lendemain du 13 novembre, dans l'émission Les Maternelles sur France 5, le psychiatre Serge Tisseron recommandait de donner des repères aux enfants "notamment des repères géographiques. Il faut montrer une carte de France, localiser les choses, donner des repères dans l'espace et le temps".

Mettre de côté ses opinions politiques

L'heure n'est plus à la contestation de la politique de François Hollande. En ces heures dramatiques, le chef de l'État apparaît comme le "père de la Nation", selon Marcel Rufo. "Lorsque le président de la République parle, les enfants attendent le discours de celui qui est le père de la Nation, celui qui nous représente. Il faut que les parents soient attentifs, quelle que soit leur position politique, à bien accepter le discours et observer ce que les enfants disent. Ils sont rassurés par le discours de celui qui protège la Nation et qui donc, est l'équivalent généraliste de la protection intime. Donc attention à des discours contradictoires, parce que ça affole les enfants. Un discours négatif sur une proposition leur fait donc penser 'Ça ne va donc pas être possible de me protéger. Tu dis que tu me protèges et celui qui doit nous protéger ne nous protège pas.'"

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Attentat à Nice Terrorisme Nice
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants