3 min de lecture Faits divers

Affaire Troadec : Hubert Caouissin sera jugé en 2020 pour le quadruple meurtre

À Orvault, une commune de l'agglomération nantaise, une famille, les parents et leurs deux enfants, avaient disparu. L'enquête avait débouché sur un quadruple meurtre.

Des policiers en train de fouiller la ferme à Pont-de-Buis dans l'affaire Troadec
Des policiers en train de fouiller la ferme à Pont-de-Buis dans l'affaire Troadec Crédit : FRED TANNEAU / AFP
Noémie Grinberg Journaliste

Le procès devrait se tenir en 2020. Les juges d'instruction nantais ont notifié la fin de l'information judiciaire dans l'assassinat de la famille Troadec en février 2017 à Orvault (Loire-Atlantique). 

Pascal et Brigitte Troadec, 49 ans, leur fille Charlotte, 18 ans et leur fils Sébastien, 21 ans n'avaient plus donné signe de vie depuis la nuit du 16 au 17 février. La sœur de la mère de famille avait donné l'alerte une semaine plus tard, s'inquiétant de ne pas avoir de nouvelles. Les premières constatations réalisées au domicile de la famille, dans un quartier résidentiel au nord de Nantes, avaient permis de découvrir des traces de sang en quantité importante et dans toute la maison.

Trois semaines plus tard, le beau-frère de Pascal Troadec, Hubert Caouissin est placé en garde à vue et avoue le quadruple meurtre. L'homme, domicilié dans le Finistère, a reconnu des relations tendues avec la famille Troadec en raison d'un héritage, notamment des lingots d’or, que Pascal Troadec n'aurait pas partagés avec sa sœur et son ex-beau-frère et qui aurait nourri la haine et la jalousie de ce dernier. 

Lors de ses aveux, le suspect a détaillé, presque minute par minute, le déroulé de ce massacre.

Un récit glaçant

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Le 16 février, à la nuit tombante, Hubert Caouissin s'est rendu à proximité du domicile des Troadec, à Orvault, pour espionner sa belle-famille. Mais l’homme ne s’arrête pas là et pénètre dans le garage du domicile familial, pour se cacher dans la buanderie, attendant que les quatre membres de la famille se couchent. 

"Puis il parvient à entrer dans la maison avec l'intention de récupérer une clé qu'il a aperçue sur un meuble. Mais en réalisant cette opération, il va faire du bruit. Pascal et Brigitte Troadec vont être réveillés et vont descendre au rez-de-chaussée. Ils vont se retrouver nez à nez avec lui et à ce moment-là, il va y avoir une altercation entre les deux hommes", explique alors le procureur de la République.

Pascal Troadec serait descendu avec un pied-de-biche à la main. Une arme de défense qui va se retourner contre lui. "Lors de l'altercation, Hubert Caouissin va réussir à s'emparer du pied-de-biche et avec celui-ci, il va frapper et donner la mort dans un premier temps au couple puis ensuite à Sébastien et Charlotte Troadec", poursuit le magistrat. 

Le beau-frère de la famille est resté dans la maison jusqu'au petit matin avant de regagner son propre domicile. Il prévient dès lors sa compagne, Lydie Troadec, avant de revenir sur cette "scène criminelle d'une rare violence" pour tenter d'effacer les corps et de nettoyer la maison. Le 18 février, il va mettre les corps des quatre victimes dans le véhicule du fils Sébastien Troadec avant de s'efforcer de les faire disparaître pendant 2 à 3 jours.

Un jeu de piste morbide

Mais avant de découvrir la réalité des faits, les policiers sont baladés par différents indices éparpillés dans la région. Ainsi le 1er mars, la découverte près de Brest, à plus de 250 kilomètres du domicile, de la carte vitale, d’un pantalon et de la carte bleure de Charlotte interpelle. Ce n'est que le lendemain que la voiture de Sébastien Troadec, dont le comportement a notamment laissé croire à une possible culpabilité, a été retrouvée près du port de Saint-Nazaire. Bien que nettoyées en profondeur par Hubert Caouissin et Lydie Troadec, des traces de sang sont pourtant retrouvées dans le coffre grâce aux examens de la police scientifique.

Des fouilles sont organisées le 8 mars, à Pont-de-Buis, dans le Finistère, dans la ferme du principal suspect de l’assassinat. Après plusieurs heures de recherche, dans cette zone marécageuse de 30 hectares, les enquêteurs découvrent des fragments de corps humains et des bijoux appartenant à la famille des victimes. Seuls les crânes n’ont jamais été retrouvés.

Profil du suspect

Hubert Caouissin, ancien ouvrier d'État de l'arsenal de Brest, n’a aucun antécédent judiciaire. Âgé de 46 ans l'époque des faits, il avait été victime d’un burn-out trois avant les meurtres. Si leurs voisins décrivent le couple comme "très discret", une des tantes du suspect se souvient d'un "homme très étrange, toujours triste" et qui lui "faisait peur". 
 
Hubert Caouissin a été mis en examen pour assassinat et placé en détention provisoire. Sa compagne Lydie Troadec, sœur du père de famille assassiné, a été mise en examen pour "modification de l'état des lieux d'un crime" et "recel de cadavres", et placée sous contrôle judiciaire.

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