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Affaire Tapie : une des juges du procès de Christine Lagarde parle

La sénatrice de Paris Bariza Khiari fait partie du jury de la Cour de justice de la République devant laquelle comparaîtra la directrice générale du FMI le mois prochain.

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Affaire Tapie : une des juges du procès de Christine Lagarde parle Crédit Image : AFP, Archives / Jacques Demarthon | Crédit Média : RTL.fr | Date :
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Rémi Sulmont et Loïc Farge

La Cour de justice de la République, qui juge exclusivement les ministres pour des faits pendant leurs fonctions, ne s’est réunie que quatre fois depuis sa création en 1993. Depuis vingt-trois ans, 1.600 requêtes ont été déposées contre des ministres. Mais il n’y a eu que quatre procès : Laurent Fabius pour le sang contaminé, Ségolène Royal pour diffamation, et Michel Gillibert ainsi que Charles Pasqua pour détournement de fonds.

Le renvoi d’un ministre est donc exceptionnel. Christine Lagarde a épuisé tous les recours pour éviter le procès. Elle a perdu en appel cet été. Elle est donc convoquée le lundi 12 décembre à 9 heures. Le procès devrait se terminer le 20 décembre. Elle a affiché sa "sérénité" devant Marc-Olivier Fogiel, la semaine dernière sur RTL, minimisant l’enjeu qui en fait est énorme.

Si elle est condamnée, la directrice du Fond monétaire international pourra-t-elle rester en poste ? Cette question est très embarrassante pour elle, mais aussi pour l’image et la crédibilité de la France. Son prédécesseur au FMI, Dominique Strauss-Kahn, avait dû démissionner pour de raisons judiciaires. Les juges du procès Lagarde ont tout ça en tête.

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"Pas facile d'être juge et politique"

RTL a pu rencontrer en exclusivité une de ces quinze juges qui aura le sort de Christine Lagarde entre ses mains. Le jury est composé de quinze personnes. Il s'agit de trois magistrats et de douze parlementaires : six députés et six sénateurs, dont la socialiste Bariza Khiari, vice-présidente du Sénat. Elle potasse consciencieusement les 250 pages du dossier abrégé qui lui ont été remis. On lui a demandé en septembre ses mensurations pour sa robe. Car la sénatrice portera une robe noire pour rendre la justice.   

"Ce n'est pas facile du tout d'être juge. Il faut juger les faits, uniquement les faits, et pas l'acteur, pas la personne qui est en face, qui peut être un adversaire politique", concède-t-elle. "Car on est des militants politiques évidemment. On ne juge pas madame Lagarde, on juge les faits", insiste-t-elle, évoquant un "effort personnel". Elle estime que tous ceux qui sont "passés par cette expérience ont réussi à faire abstraction de cela, c'est formidable". 
 
Douze parlementaire de droite comme de gauche jugeront Christine Lagarde. Mais un parlementaire, de quelque bord qu’il soit, est-il le mieux placé pour juger un ancien ministre ? Vu la défiance des Français à l’égard des politiques, on peut parier que cette question va revenir dans le débat avec le procès Lagarde. Autrement dit, la question est : faut-il supprimer la Cour de justice de la République ? Faut-il supprimer cette justice réservée aux ministres ou au chef de l'État ?

Supprimer la CJR ?

Cette Cour existe aujourd'hui. Il faut donc des parlementaires pour assurer le rôle de juge prévu par les textes. Mais sur le principe, la juge-sénatrice Bariza Khiari estime que cette instance n’a pas lieu d’être. "Ce n'est pas normal qu'un ministre ou un président de la République ne soit pas un justiciable comme un autre. La justice doit être la même pour tous", clame-t-elle.

"Donc moi je dirais oui à la suppression de la Cour de justice de la République, avec ce petit bémol qu'il doit y avoir un filtre minimum pour toutes les plaintes qui viendraient contre un ministre dans l'exercice de ses fonctions. Sinon, toute décision politique peut être attaquée cent fois, deux-cents fois, trois-cents fois", argue encore l'élue.

C’était aussi l’avis du candidat François Hollande, qui n’a pas finalement pas fait cette révision constitutionnelle. Christine Lagarde sera donc jugée par ce tribunal taillé sur mesure. Au sens propre comme au figuré. Pour aménager quinze places aux quinze juges, le Tribunal de grande instance de Paris a dû faire appel à un menuisier.

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2016-11-21 10:56:00
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