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"C'est une défaillance totale de l'État" : sur RTL, le coup de gueule de la réalisatrice Andréa Bescond après l'affaire Lyhanna

La réalisatrice et comédienne Andréa Bescond, qui milite contre les violences sexuelles, souligne le manque de moyens alloués à la justice en France, qui ont sans surprise conduit à des défaillances dans le traitement de l'affaire Lyhanna.

La réalisatrice Andréa Bescond sur le plateau du Grand Jury le dimanche 14 juin 2026.

Crédit : Nicolas Kovarik -Agence 1827/RTL

Andrea Bescond et Remy Heitz sont les invités du Grand Jury

00:52:31

Laurène Rocheteau

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"Lyhanna, c'est l'injustice, la victime, la mort de trop." Quelques jours après les obsèques de la jeune Lyhanna, et alors que les réponses législatives à cette affaire sont encore au cœur des débats, la réalisatrice et comédienne Andréa Bescond souligne le manque de moyens de la justice française, qui ne pouvait que mener à des défaillances comme celles constatées dans l'affaire Lyhanna. 

"Il y a forcément des défaillances humaines si on ne donne pas aux gens les moyens de travailler", déclare-t-elle, invitée du Grand Jury RTL - Public Sénat - Le Figaro - M6, ce dimanche 14 juin, face aux critiques faites aux responsabilités individuelles des magistrats dans la prise en charge du dossier. 

Si le gouvernement rappelle que les moyens alloués à la justice ont augmenté au cours des dernières années, la réalisatrice rappelle qu'on "part de tellement bas au niveau du budget de la justice en France", qui se place encore parmi les derniers pays européens en matière de moyens donnés à la justice. 

À la place de Darmanin, elle "aurait démissionné de honte"

Si elle n'appelle pas directement à la démission du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, comme ont pu le faire d'autres personnalités publiques, Andréa Bescond assure toutefois qu'à sa place, elle "aurait démissionné de honte". Elle souligne un manque de confiance au niveau personnel envers le ministre de la Justice : "J’ai du mal à faire confiance à quelqu’un qui, pas plus tard que la semaine dernière, a déclaré sur les réseaux sociaux que trois enfants sont victimes de viol chaque semaine" alors que ce chiffre est en réalité beaucoup plus haut, rappelle la comédienne. 

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Pour souligner le manque de moyens de la justice, elle compare par exemple le budget alloué à ce domaine face à celui dédié aux armées. "Le budget de l’armée a quasiment doublé depuis 2017. Quand il y a une urgence totale, ils savent dégager des budgets." Elle dénonce les tergiversations du gouvernement sur l'adoption du projet de loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes et aux enfants, dont le coût s'élèverait autour des 3 milliards d'euros. "Ils sont frileux parce que c’est 3 milliards d’euros. Pour l’armée ils peuvent, mais pas pour les enfants", conclut-elle. 

Au-delà de réponses punitives de la justice envers les auteurs de violences sexuelles sur des enfants, la réalisatrice appelle à "attaquer la culture à la base", en proposant notamment des rendez-vous annuels avec les enfants par les professionnels de l'Éducation nationale pour "voir si tout va bien à la maison et en dehors". 

En attendant une réponse législative définitive, Andréa Bescond et de nombreuses associations appellent au rassemblement tous les lundi devant les tribunaux. La réalisatrice invite également "toute la chaîne judiciaire" à se mobiliser.

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