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Affaire Boulin : deux nouveaux témoins relancent la thèse de l'assassinat

L'enquête sur la mystérieuse mort du ministre du Travail en 1979 a été rouverte en septembre dernier. Des révélations inédites, notamment celles d'un médecin présent sur les lieux, pourraient être capitales.

L'ancien ministre du Travail Robert Boulin retrouvé mort il y a 36 ans. L'enquête vient d'être rouverte pour "enlèvement et séquestration"
L'ancien ministre du Travail Robert Boulin retrouvé mort il y a 36 ans. L'enquête vient d'être rouverte pour "enlèvement et séquestration"
Crédit : AFP
Anne-Sophie Blot
Anne-Sophie Blot

Nouveau rebondissement dans l'enquête sur la mystérieuse mort de Robert Boulin. Le corps du ministre du Travail sous Valéry Giscard d'Estaing avait été retrouvé le 30 octobre 1979 dans un étang de la forêt de Rambouillet, dans les Yvelines. La thèse d'un suicide par noyade, retenue par la justice, a toujours été mise en doute par la famille du défunt. Deux témoignages inédits, recueillis par la juge d'instruction Aude Montrieux, qui a rouvert le dossier en septembre 2015, pourraient changer la donne, selon France Info et 20 minutes

Un médecin réanimateur, l'un des premiers sur les lieux du décès à l’époque, décrit des blessures sur le corps du ministre, avec un visage "hors de l’eau". "Ce n’était pas possible que ce soit un suicide", conclut cet homme, jamais entendu dans l’enquête initiale. Par ailleurs, un autre témoin assure sur procès-verbal que Robert Boulin était accompagné de deux individus, dans son véhicule, peu de temps avant sa mort.

"Apporté dans une malle"

Les révélations du premier médecin qui a examiné le corps du ministre sont édifiantes. Entendu le 19 janvier denier par la juge, son récit accrédite la piste de l’homicide. À l’époque, l’homme, dont l'anonymat a été préservé, est médecin réanimateur au SMUR (Service mobile d’urgence et de réanimation), auprès des pompiers de Rambouillet. Alerté par radio, il se rend en forêt de Rambouillet, ce 30 octobre 1979. Sur place, seuls deux gendarmes se trouvent déjà sur les lieux. Le corps du ministre flotte "dans un coin de l’étang" du Rompu. "Vu sa position dans l’eau, ce n’était pas possible que ce soit un suicide", indique-t-il à la juge.

Les pompiers arrivés ensuite sur place auraient fait le même constat que le médecin. "Tout de suite, ce qui nous a sauté à l’idée, c’est qu’il était dans l’eau, mais pas dans la position d’un noyé, explique-t-il. Il était à quatre pattes, un bras en l’air et un autre vers le bas. (…) On avait l’impression qu’il avait été placé mort dans l’eau, parce qu’il n’avait pas la position d’un noyé dans l’eau. A priori, il devait être mort avant. Un pompier a même fait la remarque : Tiens, on a l’impression qu’on l’a apporté dans une malle."

Une reconstitution réclamée par la fille du ministre

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L'autre témoin dit avoir croisé Robert Boulin peu avant sa mort, accompagné de deux individus à bord de son véhicule. L'existence de ce témoin avait déjà été révélée par France Inter en 2013. C’est en s’appuyant notamment sur ce témoignage que la fille du ministre, Fabienne Boulin, a obtenu la réouverture d’une information judiciaire pour "arrestation, enlèvement et séquestration suivi de mort ou assassinat"

De nombreux autres témoins doivent encore être entendus par la justice. Fabienne Boulin, la fille du ministre estime que ces témoins "apportent bien la preuve qu’il s’agit d’un assassinat, mais aussi qu’il y a eu une mise en scène". Elle réclame une reconstitution, qui n’a jamais eu lieu. Son avocate, Marie Dosé, exige la déclassification de tous les documents liés à l’affaire Boulin.

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