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ÉDITO - Mercato : pour Gilles Verdez, la Ligue 1 est devenue "le marché aux puces de la Premier League"

À l'heure du bilan après la clôture du mercato estival, force est de constater que les clubs de Ligue 1 semblent en difficulté.

Luis Enrique donne des consignes à Bradley Barcola lors de la rencontre de Ligue des champions du PSG à Stuttgart, le 29 janvier 2025.

Crédit : FRANCK FIFE / AFP

Gilles Verdez - édité par La rédaction numérique de RTL

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Le dernier mercato a livré un chiffre qui peut, à première vue, sembler positif. La Ligue 1 a vendu ses joueurs pour 1,33 milliard d’euros, tout en recrutant pour 600 millions. Sur le papier, l’excédent commercial est spectaculaire. Mais il ne symbolise pas un dynamisme retrouvé. Il entérine au contraire la déliquescence des clubs français.

Même le PSG se transforme désormais en bon vendeur. Marseille, Lyon, Monaco, en mauvaise santé financière, ont voulu liquider une partie de leur effectif. Les clubs en multipropriété se serrent eux aussi la ceinture. Ce mouvement général ne raconte pas une stratégie de puissance, il raconte une nécessité, presque une contrainte.

Certains défendent ce modèle. Ils expliquent qu’il est nécessaire, qu’il est même vertueux. Ils mettent en avant la qualité de la formation française, les plus-values réalisées, la capacité des clubs à valoriser leurs joueurs avant de les céder. L’argument existe. Mais il ne suffit pas à masquer la réalité du rapport de force.

Le mercato de folie des clubs anglais

En fait, la Ligue 1 est devenue le marché aux puces de la Premier League anglaise, qui se sert abondamment. Les clubs anglais ont dépensé 4 milliards lors du mercato. L’écart est immense. D’un côté, un championnat qui achète à grande échelle. De l’autre, un championnat qui vend pour survivre, parfois pour respirer, souvent pour équilibrer ses comptes.

Il faut mesurer ce que cela signifie. Si nos chercheurs, nos médecins, nos étudiants ou nos techniciens s’exilaient comme nos footballeurs, tout le monde crierait à la paupérisation de l’économie et de la société française. Dans le football, le phénomène est souvent présenté comme naturel, presque flatteur, comme si exporter ses meilleurs éléments était forcément la preuve d’une réussite.

Mais à force de céder ses talents, on affaiblit sa propre substance. On brade notre championnat. Il faut donc mettre un coup d’arrêt à ce pillage, faute de quoi la Ligue 1 s’expose à un déclassement mortifère.

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