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Un nouveau MeToo à Cornell ? Comment une affaire de viol collectif sur un campus universitaire ravive les critiques contre les fraternités aux États-Unis

À l'université de Cornell, dans l'État de New York, une affaire de viol collectif présumé impliquant des membres d'une fraternité étudiante relance le débat sur les violences sexuelles sur les campus américains.

L'université de Cornell à Ithaca, aux États-Unis, le 3 novembre 2023.

Crédit : Matt Burkhartt / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Un nouveau MeeToo à Cornell ?

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Arnaud Tousch & Juliette Vignaud & AFP

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Une sordide affaire de violences sexuelles au retentissement mondial. La prestigieuse université de Cornell, dans l'État de New York, est au cœur d'une polémique concernant un viol collectif présumé commis en 2024 par des étudiants, qui n'avait pas donné lieu à des poursuites. L'enquête a été relancée par une plainte au civil.

Ces accusations ont remis en lumière les violences sexuelles sur les campus américains, de la culture des fraternités qui les encourage aux réponses fréquemment jugées insuffisantes. Aux États-Unis, un quart des étudiantes en équivalent licence et un étudiant sur quatorze indiquaient avoir été victimes d'un contact sexuel forcé ou sans possibilité de consentement, selon une étude portant sur 33 établissements, publiée en 2020 par l'Association des universités américaines. 

À Cornell, les faits présumés se sont produits en octobre 2024. La plaignante, alors âgée de 20 ans et étudiante en deuxième année, affirme avoir été droguée et violée par sept membres de la fraternité Chi Phi. Ces associations d'élèves uniquement masculines, présentes dans tout le pays, sont décriées depuis les années 1990 pour favoriser les violences sexistes et sexuelles. 

Bizutage, alcoolisme et abus sexuels

Outre leur mainmise sur les événements festifs sur les campus, "les hommes qui cherchent à rejoindre une fraternité ont tendance à être davantage enclins à l'agression sexuelle et plus susceptibles d'adhérer aux mythes sur le viol", écrit la fondation JED, consacrée à la santé mentale des jeunes, dans un rapport de 2024. 

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"Ce sont des clubs privés où d'autres étudiants doivent inviter leurs camarades justement d'y rejoindre. Mais pour y entrer, il y a très souvent des traditions de bizutage, du très grand alcoolisme, d'abus sexuels aussi qui peuvent se trouver dans ces processus de bizutage", analyse Amy Green, politologue et enseignante à Sciences Po et dans les universités de Boston et de Californie, dans La preuve par trois sur RTL. 

"Ce sont des fêtes qui sont très connotées pour la présence et l'abus d'alcool et aussi la présence et l'abus de jeunes camarades", répète-t-elle. Et de nuancer : "Évidemment, tous ces clubs ne sont pas identiques, ils ne sont pas non plus corrosifs ou toxiques." 

"Je suis Jane Doe"

Sur les réseaux sociaux, cette affaire a suscité l'indignation. Un hashtag est devenu viral, I am Jane Doe, "je suis Jane Doe". C'est le pseudonyme utilisé pour protéger l'identité de la jeune femme. Et les mouvements de soutien s'étendent à d'autres campus aux États-Unis, en soutien à la victime. Une mobilisation qui pourrait permettre aux universités de "prendre connaissance encore plus du poison que pourra présenter certaines fraternités", selon Amy Green.

"L'affaire a suscité beaucoup de débats sur les failles dans la réponse apportée et j'ai l'impression, d'après ce que je peux voir, que le cas de Cornell est tout à fait représentatif", a également commenté Jennifer Freyd, chercheuse en psychologie ayant étudié les réponses des institutions aux personnes ayant subi des violences en leur sein, auprès de l'AFP. 

Elle appelle notamment les universités à s'emparer pleinement du sujet, en y dédiant des cours semestriels et en finançant la recherche. D'autant plus que les bannissements et suspensions restent rares car les anciens membres de ces organisations font partie de réseaux influents et représentent une source de revenus importante pour les universités.

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