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Tchétchénie : les persécutions contre les homosexuels ont repris après le ramadan

"Depuis la fin du ramadan, les détentions ont repris. Pendant le ramadan, il n'y en avait plus", dénonce le directeur du réseau LGBT russe.

Le président tchétchène Ramzan Kadyrov
Le président tchétchène Ramzan Kadyrov
Crédit : Natalia KOLESNIKOVA / AFP
Léa Stassinet & AFP

La trêve aura été de courte durée. Au mois de mars, le journal russe Novaïa Gazeta révélait que plus d'une centaine d'homosexuels avaient été arrêtés en Tchétchénie ces derniers mois, et que les autorités de cette république russe du Caucase incitait leurs familles à les tuer pour "laver leur honneur".

Ces persécutions, qui avaient cessées pendant la période du ramadan, ont repris, selon l'ONG Russian LGBT Network. "Depuis la fin du ramadan, les détentions ont repris. Pendant le ramadan, il n'y en avait plus", a alerté Igor Kochetkov, lors d'un entretien et réalisé à Paris, où le directeur du réseau LGBT russe devait être reçu à l'Élysée, au ministère des Affaires étrangères et au Sénat. "Des dizaines de personnes nous contactent sur notre hotline. Ils nous disent qu'on essaie d'accuser les gays sous de fausses preuves, qui vont du cambriolage au terrorisme. Cela se passe maintenant. C'est tout récent", s'est-il inquiété. 

"300 à 400" homosexuels détenus et torturés

Ces derniers mois, au moins deux personnes ont été assassinées par leurs proches et une troisième est décédée à la suite d'actes de tortures, selon Novaïa Gazeta. Du côté de l'ONG Russian LGBT, les chiffres avancés sont plus importants. Igor Kochetkov parle de "six gays" tués dans cette république conservatrice et musulmane. Il compte entre "300 et 400" le nombre d'homosexuels tchétchènes à avoir été détenus et torturés dans des lieux officiels, comme des écoles abandonnées ou des garages. 

Selon le directeur du réseau LGBT russe, un homme est derrière tout ça : le président tchétchène Ramzan Kadyrov. "Il y a eu un ordre du gouvernement de mener des purges systématiques". "La Tchétchénie est très petite. Une purge de cette taille n'a pu avoir lieu sans l'approbation du plus haut niveau de l'exécutif", estime de son côté Irina Gordienko, l'une des deux journalistes ayant révélé l'affaire. 

S'il n'aime pas quelque chose, cela doit être effacé

Une journaliste au sujet de Ramzan Kadyrov
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Pour elle aussi, c'est Ramzan Kadyrov "qui fait les règles. S'il n'aime pas quelque chose, cela doit être effacé. (...) Là, il a juste décidé de torturer un groupe. Il ne pensait pas que cela serait rendue public", a expliqué la journaliste. Le président Tchétchène réfute lui toute arrestation d'homosexuels. Son porte-parole avait même estimé qu'il ne pouvait y avoir d'exactions contre les gays puisque ceux-ci "n'existent pas" en Tchétchénie. 

Pourtant, selon Igor Kotchetov entre "60 et 70" membres de la communauté homosexuelle ont été "exfiltrés" dans d'autres provinces russes. 14 d'entre eux ont même été admis dans des pays étrangers avec "visa humanitaire et asile garanti". La France a d'ailleurs accueilli l'un de ces réfugiés tchétchènes le 30 mai dernier, puis un deuxième le 9 juin. L'association SOS Homophobie, chargée de représenter plusieurs dossiers de demandes d'asile au ministère des Affaires étrangères avait affirmé que d'autres homosexuels tchétchènes pourraient prochainement venir trouver refuge sur le sol français.

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