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Tasmanie : des centaines de "dauphins-pilotes" meurent coincés dans une baie

Quelque 380 cétacés se sont échoués dans une baie sur une côte de l'ouest de la Tasmanie, ils sont morts malgré les efforts des sauveteurs.

Illustration d'un rorqual, deuxième plus grand cétacé du monde après la baleine bleue
Illustration d'un rorqual, deuxième plus grand cétacé du monde après la baleine bleue Crédit : DOMINIQUE FAGET / AFP
Ryad Ouslimani
Ryad Ouslimani
et AFP

Les équipes ont pourtant tout tenté pour sauver les centaines de cétacés bloqués dans une baie de Tasmanie, une île au sud de l'Australie. Les sauveteurs ont indiqué ce mercredi 23 septembre que 380 "dauphins-pilotes" sont ainsi morts dans cette baie reculée. Au total, le lourd bilan signifie que presque la totalité des énormes 460 cétacés échoués dans cette vaste baie de la côte ouest, sauvage et peu peuplée, ont péri.

"Nous avons un chiffre plus précis et nous pouvons confirmer que 380 cétacés sont morts", a déclaré Nic Deka, le directeur des Parcs naturels de Tasmanie.

"Une trentaine sont toujours en vie et la bonne nouvelle est que nous en avons déjà sauvé 50", s'est-il félicité, qualifiant le travail des sauveteurs de "très éprouvant" sur le plan physique et émotionnel

Dès lundi, une vaste opération de sauvetage avait été lancée après qu'un premier groupe de 270 globicéphales a été découvert. La plupart étaient échoués sur un banc de sable uniquement accessible par bateau.

Les libérer et les remettre en eaux profondes

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Un autre groupe de près de 200 mammifères marins a été découvert, déjà morts, mercredi matin lors d'un vol de reconnaissance aérienne. Il s'agit du plus grand échouage de cétacés enregistré en Tasmanie et certainement le plus important de l'histoire du pays.

Les opérations de sauvetage mobilisent des spécialistes de la protection de l'environnement, mais aussi des employés des fermes aquacoles des environs. Au total, une soixantaine de personnes oeuvrent pour sauver les globicéphales retrouvés échoués lundi. Il a fallu passer deux jours dans des eaux froides et profondes pour finalement réussir à sauver une cinquantaine des animaux marins. 

À l'aide de câbles attachés aux bateaux, ils les ont ensuite escortés jusqu'au large. Désormais, ils poursuivent leur course contre la montre pour tenter de sauver au plus vite une trentaine de globicéphales toujours en vie.

"Ils se concentrent sur leur tâche, c'est un travail épuisant, certains sont dans l'eau froide jusqu'au niveau du torse, donc nous essayons de faire tourner les équipes", a expliqué Nic Deka. Les 200 autres cétacés découverts mercredi étaient échoués à environ 7 à 10 kilomètres du premier groupe découvert lundi.

Un phénomène sans doute naturel

Afin de s'assurer que d'autres cétacés ne sont pas bloqués à d'autres endroits, les autorités ont élargi la zone de recherches. Certains des animaux secourus mardi ont quant à eux été remis à l'eau dans la nuit. Une mesure prise en respect des recommandations des spécialistes du comportement des baleines.

"La bonne nouvelle est que la majorité des cétacés sauvés sont toujours dans les eaux profondes et en train de nager", s'est félicité Nic Deka lors d'un point presse dans la ville voisine de Strahan.

Les causes de ce phénomène demeurent inconnues même pour les scientifiques qui l'étudient depuis des décennies. Cependant, certains chercheurs avancent que ces globicéphales, de nature très sociable, auraient pu dévier de leur itinéraire après s'être nourris à proximité du rivage ou qu'ils auraient suivi un ou deux cétacés égarés.

Pour Kris Carlyon, biologiste marin employé par le gouvernement de Tasmanie, il s'agit d'un "événement naturel", des échouages de l'espèce s'étant régulièrement produits tout au long de l'histoire, tant au sud de l'Australie qu'en Nouvelle-Zélande.

"Nous intervenons dans ce genre de situation mais nous ne pouvons pas faire grand-chose pour empêcher que cela ne se reproduise", a-t-il souligné.

Mieux étudié l'espèce

Il indique en outre que ces interventions ne cas d'échouages ont pour but premier le bien-être animal qu'ont à coeur les autorités et les défenseurs de la protection de l'environnement. Les scientifiques profitent également de ses interventions pour apprendre à mieux connaître cette espèce. 

Kris Carlyon ne cache cependant pas que c'est "extrêmement stressant" pour les cétacés survivants mais que l'expérience montre qu'ils sont susceptibles de continuer à s'épanouir une fois de retour dans leur élément.

"Nous avons montré de manière assez concluante que les animaux se regrouperont, qu'ils recréeront leurs liens sociaux et qu'ils auront - au moins à court et moyen terme - un comportement normal et naturel", a déclaré le biologiste.

Ce mercredi, des spécialistes collaboreront avec les autorités afin d'élaborer un plan d'évacuation des carcasses restées sur place, ainsi qu'un nettoyage de la baie. 

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