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Syrie : Iran et Israël, un regain de tension inquiétant pour le Moyen-Orient

ÉCLAIRAGE - Moscou appelle les deux pays à la retenue et Emmanuel Macron, lui, prône la "désescalade", tandis qu'Israël et Iran ont enchaîné les frappes depuis mercredi 9 mai.

Des tanks israéliens postés à proximité de la frontière syrienne, sur le plateau du Golan annexé par Israël, jeudi 10 mai 2018 (illustration)
Des tanks israéliens postés à proximité de la frontière syrienne, sur le plateau du Golan annexé par Israël, jeudi 10 mai 2018 (illustration) Crédit : Menahem KAHANA / AFP
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Clémence Bauduin
et AFP

Crispations au Moyen-Orient. Israël a tué au moins 23 combattants, cinq soldats syriens et 18 membres des forces alliées du régime, dans des frappes menées en Syrie dans la nuit du 9 au 10 mai. L'État hébreu a bombardé des dizaines de cibles iraniennes, en représailles à une première attaque directe attribuée à la République islamique contre les forces israéliennes. Les tirs de roquettes iraniens n'auraient pas fait de victimes.

Israël assure ne pas chercher l'escalade tout en se déclarant prêt à tous les scénarios. Moscou appelle Israël et l'Iran à "la retenue". Le président français Emmanuel Macron, lui, demande la "désescalade".

Ces frappes surviennent deux jours après la décision annoncée par Donald Trump de sortir les États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien. Rien ne permet de dire si ces événements constituent simplement un accès de fièvre plus fort que les autres entre les deux ennemis, ou s'ils marquent le début d'une escalade redoutée depuis des semaines autour du théâtre syrien, dans un contexte de tensions avivées par les incertitudes sur l'accord de Vienne.

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Destruction massive des infrastructures iraniennes

Selon les Israéliens, la brigade al-Qods, chargée des opérations extérieures des Gardiens de la révolution, l'armée d'élite du régime iranien, a tiré peu après minuit, ce jeudi 10 mai, une vingtaine de roquettes de type Fajr et Grad vers les premières positions sur la partie du Golan occupée par Israël, de l'autre côté de la ligne de démarcation. C'est la première fois depuis le début en 2011 de la guerre en Syrie et de l'engagement iranien dans ce pays voisin d'Israël que l'État hébreu impute de telles frappes à l'Iran.

"Nous avons frappé presque toutes les infrastructures iraniennes en Syrie", a déclaré le ministre israélien de la Défense, Avidor Lieberman. L'armée israélienne aurait ouvert le feu en riposte aux tirs de roquettes attribués aux Iraniens, selon son porte-parole, le lieutenant-colonel Jonathan Conricus. L'aviation a frappé le lance-roquettes d'où étaient partis les projectiles ainsi que des dizaines de cibles militaires iraniennes, sites de renseignement, de logistique, de stockage, postes d'observation à travers toute la Syrie. 

"Nous ne cherchons pas l'escalade", a assuré le lieutenant-colonel Conricus, tout en prévenant que toute nouvelle tentative iranienne de s'en prendre à Israël appellerait une réponse vigoureuse. Selon le porte-parole de l'armée, Il faudra des mois et peut-être plus aux Iraniens pour reconstituer le potentiel détruit. "J'espère que cet épisode est clos et qu'ils ont compris", a affirmé ce dernier.

Tensions exacerbées autour de l'accord de Vienne

Israël, qui reste officiellement en état de guerre avec la Syrie, s'est employé à rester à l'écart de la guerre chez son voisin. Pour autant, il observe avec grande inquiétude le soutien apporté au régime de Bachar al-Assad par deux de ses bêtes noires, le Hezbollah libanais et l'Iran. Au cours des derniers mois, Israël a mené des dizaines de raids contre des positions syriennes, le Hezbollah et, de plus en plus, les forces iraniennes. Les tensions ont été avivées par la querelle nucléaire iranienne. 

Israël se considère comme la cible désignée d'un Iran qui serait doté de l'arme nucléaire, et son Premier ministre Benjamin Netanyahu a mené une vigoureuse campagne contre l'accord de 2015. Israël a annexé en 1981 la partie du Golan (1.200 kilomètres carrés) qu'il occupait depuis 1967 et la guerre des Six Jours. Cette annexion n'est pas reconnue par la communauté internationale, qui considère toujours le territoire comme syrien.

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