1. Accueil
  2. Actu
  3. International
  4. Syrie : Américains et Russes s'acheminent vers une coopération militaire
3 min de lecture

Syrie : Américains et Russes s'acheminent vers une coopération militaire

Les deux superpuissances, qui soutiennent des camps adverses dans la guerre en Syrie, ont convenu d'un plan visant à instaurer une trêve lors de négociation à Genève le 9 septembre.

Les délégations diplomatiques russes et américaines à Genève le 9 septembre 2016.
Les délégations diplomatiques russes et américaines à Genève le 9 septembre 2016.
Crédit : SIPANY/SIPA
Geoffroy Lang & AFP

Russes et Américains, qui soutiennent des camps adverses dans la guerre en Syrie, sont convenus d'un plan visant à instaurer une trêve dans ce pays déchiré par cinq ans de guerre, qui pourrait déboucher sur une coopération militaire contre les rebelles jihadistes. Au terme d'une journée marathon à Genève vendredi 9 septembre, le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov ont fixé le début de la trêve à lundi 12 septembre au matin.

Elle coïncidera avec le début de l'Aïd el-Adha, la fête musulmane du sacrifice. "Les Etats-Unis et la Russie annoncent un plan qui, nous l'espérons, permettra de réduire la violence" et d'ouvrir la voie "à une paix négociée et à une transition politique en Syrie", a déclaré John Kerry, flanqué de Sergueï Lavrov. L'accord scellé sur les bords du lac Léman prouve que Russes et Américains ont pu trouver un terrain d'entente malgré de profonds différends dans leur approche du conflit qui a provoqué la mort de plus de 290.000 personnes et la fuite de millions d'autres depuis mars 2011. Moscou est un allié indéfectible du régime du président syrien Bachar al-Assad, Washington soutient les rebelles modérés.

Relancer le plan de paix adopté en 2015

Les deux puissances cherchent à relancer un plan de paix adopté fin 2015 par la communauté internationale et qui comprend justement un cessez-le-feu durable, de l'aide humanitaire conséquente et un processus de transition politique entre le régime syrien et l'opposition modérée. Or, a détaillé Sergueï Lavrov, le plan russo-américain annoncé ce vendredi "permet de mettre en place une coordination efficace pour lutter contre le terrorisme, avant tout à Alep, et permet de renforcer le cessez-le-feu. Tout cela crée les conditions pour un retour au processus politique".

Alep, la grande ville du nord, connaît une situation humanitaire effroyable. Les quartiers Est de la ville et principal front du conflit, contrôlés par les rebelles, sont assiégés pour la deuxième fois en deux mois. S'il a salué l'accord, Staffan de Mistura, l'envoyé spécial de l'ONU, a dit "attendre de toutes les parties qu'elles facilitent les efforts des Nations unies visant à livrer de l'aide humanitaire aux populations qui en ont besoin, y compris celles qui vivent dans les zones assiégées". "Les Nations unies espèrent que la volonté politique qui a mené à cet accord est durable", a-t-il ajouté. 

Un partage d'informations entre services secrets russes et américains

À lire aussi

Un autre volet, militaire celui-ci, est également compris dans l'accord russo-américain. Si la trêve dure "une semaine", les forces américaines accepteront de collaborer en Syrie avec l'armée russe, a expliqué John Kerry, une coopération réclamée de longue date par Moscou et sur laquelle les deux pays travaillent depuis des mois. "Les États-Unis acceptent de faire un pas supplémentaire car nous pensons que la Russie et mon collègue (Sergueï Lavrov, ndlr) ont la capacité de faire pression sur le régime Assad pour mettre fin à ce conflit et venir à la table des négociations", a-t-il dit.
 
Sergueï Lavrov a toutefois reconnu qu'il n'était pas en mesure de garantir "à 100%" la réussite de ce nouveau plan. En pratique, outre la lutte contre l'organisation État islamique (EI), les deux parties sont convenues de renforcer leur action contre toutes les forces jihadistes, notamment le Front Fateh al-Cham, l'ex-Front al-Nosra lié à al-Qaïda. La coopération passera en particulier, si la trêve tient, par un partage d'informations pour des frappes aériennes, ce à quoi Washington s'était jusqu'à présent refusé. 

Sergueï Lavrov a annoncé la création d'un "centre conjoint" russo-américain destiné à coordonner ces frappes, "dans lequel des militaires et des représentants des services secrets russes et américains s'occuperont des questions pratiques : distinguer les terroristes de l'opposition modérée". Mais, dans un communiqué, le Pentagone a souligné que les engagements inscrits dans l'accord "doivent être totalement respectés avant toute coopération militaire potentielle". Sur le front de la lutte contre l'EI, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait annoncé plus tôt être prêt à coopérer avec les États-Unis pour chasser les jihadistes de leur "capitale" syrienne, Raqa.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/