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La franco-russe Anna Novikova en novembre 2023
Crédit : Capture d'écran Facebook Anna Novikova
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Une affaire emblématique de l'espionnage russe menée sur le territoire français symbolisée par une femme : Anna Novikova. Cette ressortissante franco-russe a été interpellée en novembre 2025 par la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) et placée, depuis, en détention provisoire. Sous couvert d'activités humanitaires, elle est soupçonnée par les autorités françaises d'être une espionne au service du Kremlin.
Anna Novikova a 40 ans et a fondé l'ONG française SOS Donbass. Elle se rend régulièrement dans cette région de l'est de l'Ukraine pour aider les civils, victimes de la guerre. Mais le 19 août 2024, Anna Novikova est à Moscou. Elle a rendez-vous avec un homme, dans un restaurant, à deux pas du Kremlin. Il s'appelle Dimitri Ponomarev. Il est membre des services de renseignements russes.
Contre de l'argent, il la charge d'infiltrer des entreprises françaises de défense, dont Safran, Thalès ou encore Delair. Pour cela, l'espionne doit recruter des taupes afin de les faire embaucher dans ces entreprises. Elle rend compte de son travail par messagerie cryptée et utilise les lignes téléphoniques de ses proches pour contacter des cadres de ces entreprises. Une clef USB sécurisée, retrouvée à son domicile, est toujours en cours d'analyse par les enquêteurs.
La quadragénaire est également très présente sur les réseaux sociaux. Sur des vidéos Facebook retrouvées par RTL, elle reste évasive sur son parcours mais assume sa proximité avec le pouvoir russe. Elle se filme par exemple, en train de marcher sur la Place Rouge. Sur d'autres images, on la voit recevoir une médaille de la part d'une organisation cosaque, fidèle au Kremlin. "Je suis Russe, pro-Poutine. Je défends mon pays en étant ici en France. Si on ne le fait pas, qui le fera ?", s'interroge-t-elle dans une de ces vidéos.
En France, la militante pro-russe participe également à des manifestations. "En envoyant des armes à Zelensky, les armes sont utilisées contre les civils du Donbass. On ne va pas à la paix, on va directement à la Troisième guerre mondiale. Les choses s'aggravent", estimait-elle devant l'usine Nexter à Tarbes, qui fabrique des canons Ceaser pour l'armée ukrainienne.
Anna Novikova est en réalité soupçonnée d'avoir organisé des campagnes d'ingérence sur le territoire français. En septembre 2025, des affiches sont retrouvées sur l'Arc de Triomphe à Paris. Il est inscrit : "Dis merci au soldat soviétique vainqueur", censé rappeler le rôle libérateur de la Russie durant la Seconde Guerre mondiale.
Face aux enquêteurs, Anna Novikova a admis lors de sa garde à vue avoir eu des contacts avec des agents des services de renseignement russes mais a nié les accusations d'espionnage. "Ma cliente, après six mois d'incarcération, de manière préventive, est très courageuse. Elle est combative. Évidemment, elle fera face aux accusations qui lui seront opposées pour montrer qu'elle était victime de tout un système, d'un rouleau compresseur judiciaire et politique. Anna a été la victime expiatoire des relations exécrables entre la Russie et la France", estime son avocat, maître Philippe de Veulle, au micro de RTL.
Mise en examen notamment pour intelligence avec une puissance étrangère, Anna Novikova risque aujourd'hui jusqu'à 10 ans de prison.
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