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"Quand on voit combien les États-Unis dépensent..." : en Ukraine, la population s'inquiète de l'impact du conflit au Moyen-Orient sur la guerre avec la Russie

La Russie utilise massivement des drones Shahed de conception iranienne contre l'Ukraine depuis le début de son invasion, il y a quatre ans. Mais les négociations pour la paix sont au point mort depuis le début du conflit avec Téhéran.

Une femme brandissant un drapeau ukrainien se tient sur un pont détruit à Irpin, au nord-ouest de Kiev, lors d'une cérémonie commémorative le 24 février 2026, à l'occasion du quatrième anniversaire de l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Crédit : Genya SAVILOV / AFP

En Ukraine, la population espère que la guerre en Iran va affaiblir la Russie

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Elisabeth Pierson & AFP - édité par Gabriel Joly

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Les bombardements israélo-américains sur l'Iran ont entraîné des frappes en représailles contre l'État hébreu et les pays du Golfe et précipité dans le conflit le Hezbollah pro-iranien au Liban. Mais la guerre au Moyen-Orient a aussi des répercussions jusqu'en Ukraine, quatre ans après le début de l'invasion russe.

Le président Volodymyr Zelensky a récemment alerté sur le fait que la guerre contre l'Iran pourrait perturber l'arrivée d'armes essentielles en Ukraine pour se défendre. À plus de 3.000 kilomètres de Téhéran, le pays est sous le feu des drones iraniens Shahed utilisés en grande quantité par la Russie, craint que cet embrasement au Moyen-Orient n'affecte les capacités de son pays à défendre son ciel, si l'attention des alliés est tournée vers l'Iran.

Du côté d'Odessa, Antonina s'est levée une fois de plus au son de l'alerte antiaérienne, en raison d'une énième menace de missiles balistiques. "Quand on voit combien les États-Unis dépensent en défense antiaérienne, alors que ces systèmes sont si précieux et vitaux pour nous… Bien sûr que nous sommes inquiets", dit-elle.

À Kiev, Fedir, entrepreneur en formation militaire, estime que ces deux conflits sont deux faces d'un même combat : "Je soutiendrai toujours ceux qui essayent d'affaiblir l'Iran car elle fournit à la Russie les technologies qui permettent de terroriser nos villes et de frapper nos infrastructures énergétiques". Idem pour Katerina, une artiste vivant dans la capitale ukrainienne, qui voit l'opportunité d'affaiblir un allié du Kremlin. "Si l'Amérique et Israël vont détruire les usines qui produisent les missiles balistiques et les drones, la Russie ne pourra plus les acheter", affrime-t-elle.

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"J'ai vu les vidéos comment les Iraniens célèbrent la mort de Khamenei et à vrai dire, j'attends le moment quand l'Ukraine célébrera la mort de Poutine", poursuit-elle. En Ukraine, les drones iraniens à longue portée représentent entre 60 et 70% des engins lancés depuis la Russie.

Un impact sur les pourparlers de paix ?

L'Ukraine multiplie ses tirs de longue portée sur les infrastructures pétrolières et gazières de la Russie, dans l'espoir d'assécher ses ressources financières consacrées à l'effort de guerre.

Les sanctions occidentales affectent également les capacités d'exportation de la Russie, qui a vu ses revenus issus de la vente de pétrole tomber à leur niveau le plus bas depuis l'invasion, tandis que son économie montre des signes croissants d'essoufflement. Cependant, les frappes de drones sur des installations énergétiques dans le Golfe ont affolé les marchés et fait bondir le prix de cet hydrocarbure, ce qui pourrait permettre à Moscou de renflouer son trésor de guerre. 

Or, le président américain Donald Trump faisait, jusqu'à peu, pression sur Kiev et Moscou pour parvenir à un accord afin de mettre fin au pire conflit en Europe depuis la Deuxième guerre mondiale. Mais la guerre avec l'Iran a fait dérailler les pourparlers, alors qu'un troisième cycle de discussions entre Ukrainiens, Américains et Russes avait été évoqué pour jeudi et vendredi à Abou Dhabi, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Les Émirats arabes unis font partie des pays du Golfe pris pour cible par les Iraniens. Aucune date précise n'a été fixée pour de prochaines négociations, a déclaré à l'AFP mercredi une source proche de la délégation ukrainienne.

Le dirigeant ukrainien a plaidé pour qu'en cas d'impossibilité d'accueillir à Abou Dhabi les pourparlers, la Turquie et la Suisse, deux pays hôtes de précédentes discussions, puissent être des options envisageables. La guerre en cours avec l'Iran soulève également la question des efforts diplomatiques que les alliés de Kiev peuvent déployer dans les négociations destinées à mettre fin à l'invasion russe.

Les analystes jugent toutefois peu probable que le conflit au Moyen-Orient ait un impact sur les combats sur le front en Ukraine.

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