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Pôle Nord : 20 degrés de trop au thermomètre

Une dépression exceptionnellement chaude et violente a fait grimper la température en Arctique ces deux derniers jours.

Les températures sont anormalement élevées dans l'Arctique en cette saison (archive)
Les températures sont anormalement élevées dans l'Arctique en cette saison (archive)
Crédit : Clement Sabourin / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Il faisait -37 degrés Celsius lundi 28 décembre dans l'Arctique, puis le mercure a brusquement grimpé à -8°C mercredi. C'est ce qu'ont pu observer des scientifiques américains du North Pole Environmental Observatory (NPEO) sur une balise située à environ 300 km du Pôle Nord. Au cœur de l'Arctique, il fait entre 0 et 2 degrés, soit 20 de plus que les températures moyennes habituelles.

Une dépression "puissante et violente" affecte l'Atlantique nord, expliquent les services météorologiques canadiens. Les habitants de Montréal ont fêté Noël avec 15,9 degrés au thermomètre, contre -10 habituellement. Puis cette dépression a gagné l'océan Atlantique nord. La petite ville d'Iqaluit, capitale du territoire inuit du Nunavut située sous le cercle arctique, a enregistré le 24 décembre des températures comprises entre -4,6°C et -4,9°C, contre -21°C en moyenne, du jamais vu là encore. 

La dépression est actuellement centrée sur l'Islande. Elle a fait chuter la pression de l'air à 928 hectopascals et entraîné des vents de 140 km/h et des vagues de 15 mètres de haut. "C'est une dépression extrêmement violente et extrêmement puissante, ce n'est donc pas surprenant que les températures chaudes soient poussées si au nord et que des vents violents touchent l'Angleterre" où l'armée a été mobilisée face aux intempéries, a déclaré à Natalie Hasell, météorologue au ministère canadien de l'Environnement. "Cette dépression profonde fait avancer de l'air chaud jusqu'au Pôle Nord, où les températures se situent "autour du point de congélation avec 0, 1 et 2 degrés", a ajouté cette spécialiste des épisodes climatiques extrêmes.

Anomalie exceptionnelle ou conséquence durable du changement climatique ?

L'Arctique est la région du globe la plus affectée par le réchauffement climatique, avec des températures dorénavant supérieures de trois degrés minimum par rapport à l'ère pré-industrielle. Les chutes de neige y sont plus fréquentes, les vents plus violents et la banquise est en constant recul depuis plus de 30 ans. 

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Mais il serait trop tôt pour lier les températures douces observées en cette fin 2015 au Pôle Nord au changement climatique, met en garde Natalie Hasell. Les météorologues ne basent pas leurs conclusions "sur une seule anomalie". D'autant que la météorologie nationale canadienne ne dispose pas d'archives des températures sur le toit de la Terre. Reste qu'il est "vraiment bizarre d'avoir des températures autour de 0 fin décembre au Pôle Nord", a-t-elle remarqué en soulignant que la dépression, avec ses températures plus chaudes, allait se déplacer dans les prochains jours vers la Sibérie, dans le nord de la Russie.

"C'est sans doute El Niño qui s'aventure au Nord", affirme David Phillips, météorologue au ministère canadien de l'Environnement. Ce phénomène climatique  survient tous les quatre à sept ans en moyenne. Provoqué par un changement de sens des alizés au-dessus du Pacifique équatorial, El Niño connaît en 2015 un épisode probablement le plus puissant depuis les 100 dernières année. Conjugué au réchauffement climatique, il a généré des épisodes météorologiques extrêmes: inondations, tornades, vagues de chaleur. 

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