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Pegasus : qui sont les 1.000 Français visés par le système d'espionnage de smartphones ?

Un consortium de journalistes a révélé l'existence d'un programme mondial d'espionnage basé sur un logiciel espion israélien. Plus de 1.000 Français auraient ainsi été surveillés par des États à partir de leur téléphone.

Un clavier d'ordinateur
Un clavier d'ordinateur
Crédit : NICOLAS ASFOURI / AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue

Des smartphones infiltrés à distance par des États pour surveiller des hommes politiques, des journalistes, des militants ou des avocats durant des années : l'affaire Pegasus est une nouvelle illustration de la réalité de la surveillance généralisée pratiquée par tous types de pays en toute impunité. 

Mis au jour par l'organisation Forbidden Stories et 17 rédactions de journalistes, ce système d'espionnage mondial basé sur un logiciel espion israélien a été utilisé par une dizaine d'États, comme l'Arabie Saoudite, le Maroc ou la Hongrie, pour aspirer l'ensemble des données contenues dans les téléphones des victimes de manière quasiment invisible. 

Pegasus n'est pas un simple outil d'écoute téléphonique. Présenté par l'entreprise NSO Group comme un instrument de lutte contre le terrorisme et la cybercriminalité, ce logiciel s'appuie sur les failles de sécurité des systèmes d'exploitation de Google et Apple pour s'inviter dans le téléphone de l'utilisateur et capter tout son contenu.

Des journalistes et Éric Zemmour ciblés

Si la France n'est pas cliente de ce programme, il apparaît à ce stade que plus d'un millier de Français font partie des 50.000 numéros de téléphones ciblés depuis 2016 par les clients de NSO dans une cinquantaine de pays identifiés durant cette vaste enquête.

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De nombreux journalistes et patrons de presse français figurent dans cette liste, dans les rédactions de Mediapart, du quotidien Le Monde, du Canard Enchaîné, du Figaro, de France Télévision ou de l'AFP. La plupart ont été la cible du Maroc en raison de prises de position considérées comme hostiles au régime ou pour leur proximité avec les intérêts du royaume.

On retrouve notamment le fondateur de Mediapart Edwy Plenel, l'ancienne enquêtrice du Canard Enchaîné Dominique Simonnot, désormais contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, ou encore Bruno Delport, directeur de TSF Jazz ex-candidat à la présidence de Radio France. Figure aussi le numéro de Rosa Moussaoui, grand reporter à L'Humanité, qui a dénoncé sur Twitter un "viol de l'intimité, vol de données personnelles, attaque frontale contre le secret des sources : l'ADN d'un régime dictatorial".

La liste comporte également un numéro de téléphone aujourd'hui désactivé qui a appartenu auparavant à Eric ZemmourLe Monde précise qu'il a été entré dans le logiciel par le Maroc sans savoir si cela fait suite à la violente prise de position prise par le polémiste contre les migrants marocains sur le plateau de LCI en février 2019.

Interrogé lundi matin à ce sujet, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a dénoncé "des faits extrêmement choquants qui, s'ils sont avérés, sont extrêmement graves", précisant que "des éclaircissements" allaient être demandés aux pays mis en cause.

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