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Oklahoma : le "fracking" pointé du doigt après la multiplication des séismes

Cet État du sud des États-Unis voit son nombre de tremblements de terre exploser depuis qu'il s'est lancé dans la fracturation hydraulique pour l'extraction d'hydrocarbures.

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Oklahoma : le "fracking" pointé du doigt après la multiplication des séismes Crédit Image : SIPA | Crédit Média : RTL | Date :
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Philippe Corbé
Philippe Corbé
et Loïc Farge

Samedi 3 septembre, la terre a tremblé dans la petite ville de Pawnee, en Oklahoma. Un séisme d'un magnitude de 5,6 sur l’échelle de Richter. La secousse a été ressentie dans sept États, et même jusqu’à Chicago, à 1.200 kilomètres de là. Il n'y a pas eu de gros dégâts. Seules quelques fermes ont été endommagées. Des murs se sont écroulés. Les conserves et les bocaux sont tombés des rayonnages de supermarchés, mais rien de dramatique.

Une magnitude de 5,6, c’était déjà arrivé une fois, non loin de là, il y a cinq ans, mais c’est tout de même exceptionnel. Reste que l'Oklahoma n’est pas une zone sismique. Ce n’est pas la Californie, qui se trouve au-dessus d’une faille, et où tout le monde sait qu’un grand séisme va un jour où l’autre faire d’énormes dégâts. L'Oklahoma est devenue une zone sismique. En 2009, on comptait trois tremblements de terre au-dessus de 3 sur l’échelle de Richter. En 2015, il y en a eu 907. Des familles ont perdu beaucoup d’argent, parce que leur maison construite il y a longtemps sont parfois endommagées et invendables.

Pour expliquer cela, les sismologues avancent l’exploitation du gaz et du pétrole de schiste. Ou plus précisément la méthode d’extraction employée depuis 2009, le "fracking", qui fait débat, et qui explique que la France pour l’instant est très prudente sur ses réserves potentielles. Le fracking, comme son nom l’indique, consiste à fracturer la roche, à plusieurs kilomètres en sous sol, en injectant de grandes quantités de liquide à haute pression, pour libérer du gaz et du pétrole. L’activité a été suspendue ce week-end dans trente-sept sites d’extraction autour de la zone sismique. Mais le débat monte ici sur les conséquences environnementales de l’exploitation du gaz de schiste.

L'exploitation de ces nouvelles ressources de gaz et de pétrole permettent aux États-Unis de s’approcher de l’autosuffisance en hydrocarbures. C’est un élément très important dans ce pays où on consomme le plus d’énergie au monde. Cela a aussi des conséquences politiques, géopolitiques, diplomatiques - sur les enjeux stratégiques américains au Moyen-Orient, par exemple.

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C’est pour cela que l’Arabie Saoudite a cassé les prix du baril depuis deux ans (on l’a senti à la pompe en France). Elle préfère gagner moins d’argent, mais c’est le seul moyen de rendre l’exploitation du gaz de schiste américain moins compétitive. C’est vrai que la technique du fracking coûte cher financièrement. Les coûts environnementaux, et donc juridiques et politiques à terme vont monter. On le voit avec ce tremblement de terre en Oklahoma.

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