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Nouvelle-Zélande : pourquoi l’anglais a été reconnu comme langue officielle (et pourquoi la mesure divise le pays)

Un projet de loi a été voté en Nouvelle-Zélande faisant de l'anglais un langage officiel du pays, alors qu'il l'était déjà de facto, sans avoir besoin de légifération. Et la mesure a été dénoncée par l'opposition au gouvernement.

Le Parlement de Nouvelle-Zélande, à Wellington le 19 mars 2019.

Crédit : Dave LINTOTT / AFP

Marine Langlois

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La Nouvelle-Zélande a un nouveau langage officiel…l'anglais. La "English Language Bill" a officiellement été votée par le gouvernement néo-zélandais le 30 juillet dernier, donnant un statut officiel à la langue pourtant déjà parlée par 95% des habitants d'après des chiffres de 2023, soit 4,8 millions de personnes. L'anglais rejoint donc le "te reo Māori" (langage autochtone des Maoris) et la langue des signes comme langage officiel de l'archipel même si concrètement, rien ne va vraiment changer dans le pays. 

Le projet de loi a été voté par le gouvernement de coalition entre le Parti national de centre droit, le parti Nouvelle-Zélande d'abord (New Zealand First party, qui est le principal moteur derrière l'idée) et un autre petit parti, ACT New Zealand. L'opposition, le Parti travailliste, a également voté pour alors que les Verts et le parti Te Pāti Māori s'y sont opposés. Car cette loi ne fait pas l'unanimité en Nouvelle-Zélande, beaucoup la jugeant comme inutile. 

Un projet de loi "court et simple" pour ses défenseurs

Le ministre des Affaires étrangères et leader du parti populiste Nouvelle-Zélande d'abord, Winston Peters avait justifié cette loi en mentionnant une supposée confusion autour de l'utilisation du Maori dans les services publics. Casey Costello, également membre du même parti, a assuré qu'il s'agissait d'un "projet de loi court et simple" pour "écrire dans la législation ce qui va de soi depuis longtemps en Nouvelle-Zélande, à savoir que l'anglais est une langue officielle de notre pays", d'après des propos rapportés par CNN. La députée assure que cette loi est "importante" et non une "perte de temps". 

Car c'est exactement ce qu'a critiqué l'opposition : pourquoi avoir besoin de passer une telle loi ? Un rapport du ministère de la Justice, présenté en juin, a assuré qu'"aucune preuve ne vient étayer les inquiétudes concernant l'usage ou le statut de l'anglais en tant que langue officielle", ajoutant que le langage Maori et celui des signes sont devenus officiels surtout pour protéger des minorités linguistiques. 

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"La principale raison pour laquelle ce projet de loi a été adopté était d'ordre idéologique : on avait l'impression que l'anglais était menacé, qu'il manquait de prestige et qu'il avait besoin d'une telle protection législative. Mais ce n'est pas le cas", explique Sidney Wong, un linguiste au centre de recherche néo-zélandais Te Pūnaha Matatini, au Guardian, alors que le Dr Dean Knight, professeur de droit à l'université de Wellington, mentionne une "législation performative". 

La loi "ne donne pas la priorité à l'anglais dans les communications gouvernementales ni ailleurs. Comme auparavant, l'Aotearoa Nouvelle-Zélande continuera d'avoir trois langues officielles", a-t-il ajouté. 

"Un gaspillage lamentable" du temps des députés

Camilla Belich, députée du Parti travailliste, a plaisanté pendant le débat : "On se demande s'ils vont légiférer le changement des saisons ?" Son parti a néanmoins voté pour, dans l'espoir de "terminer cette guerre culturelle inutile". 

D'autres ont montré leur opposition jusqu'au bout comme Tamatha Paul, une députée du parti écologiste, qui a dénoncé pendant les débats "un gaspillage lamentable des responsabilités de cette assemblée", dénonçant un gouvernement qui voit le langage te reo Māori et "tremble de peur". 

"Sur le chemin pour rentrer chez moi, le chauffeur de taxi m’a demandé de quoi nous avions débattu ce soir-là. Quand je lui ai répondu 'de la question de savoir si l’anglais devait être une langue officielle ou non', il a secoué la tête. Les gens ont du mal à joindre les deux bouts de semaine en semaine, des milliers d’emplois sont supprimés, les factures d’électricité atteignent des sommets, la nourriture coûte les yeux de la tête… mais n’ayez crainte ! New Zealand First met les VRAIES priorités à l’ordre du jour", a-t-elle également dénoncé sur Instagram. 

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