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Abdelmadjid Tebboune, président de l'Algérie, le 24 novembre 2019.
Crédit : RYAD KRAMDI / AFP
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"Ce que nous avons fait avec d'autres pays africains, frères, dont le Niger (est) un exemple pour toute l'Afrique", a déclaré Abdelmadjid Tebboune auprès de la chaîne algérienne publique EPTV. Avant de poursuivre : "Nous sommes de plus en plus africains".
Dans cet entretien diffusé le samedi 2 mai, le chef de l'État algérien a détaillé une orientation économique assumée : privilégier les échanges intra-africains plutôt que les importations européennes. Il a notamment cité le lait en poudre, désormais en partie acheté en Ouganda, ou encore les bananes qu’il souhaite importer du continent.
L’objectif affiché est clair : bâtir une économie d’échanges entre pays africains. "C’est le seul moyen de développer l’Afrique par des échanges réels. Pas de la politique, ni de belles phrases", a-t-il assuré.
Cela passe par des projets concrets comme la mise en place rapide d’une liaison aérienne entre Alger et N'Djamena, capitale du Tchad, ou encore le développement de la route transsaharienne reliant Alger à Lagos a décrypté le média local l'Algérie d'Aujourd'hui. En parallèle, l’Algérie exporte notamment du fer vers ses partenaires africains.
Au-delà du commerce, Alger a mis en avant son implication dans la gestion des ressources énergétiques de plusieurs pays africains, ainsi que l’octroi de 8.000 bourses à des étudiants du continent. "Ce dont bénéficie l’un peut donner aux autres", a affirmé le président, défendant une logique de solidarité régionale.
Cette volonté se traduit aussi par un renforcement des relations avec plusieurs pays, notamment le Niger, le Burkina Faso ou encore le Tchad. Abdelmadjid Tebboune a évoqué une "véritable intégration africaine" qui s’inscrit dans une logique de "fraternité" et de non-ingérence.
Interrogé sur les relations internationales, Abdelmadjid Tebboune a insisté sur la constance des liens avec les États-Unis, qu’il juge "bons" et en amélioration. "Les Américains savent que l’Algérie a son poids en Afrique", a-t-il lancé. Dans le même temps, il a réaffirmé que l’Algérie n’abandonnera pas ses partenaires historiques, citant la Russie, la Chine ou encore l’Indonésie.
Néanmoins, sur le plan diplomatique, le chef de l'État algérien a adopté une position plus nuancée concernant le Mali - le pays fait face à une situation sécuritaire critique après les attaques sans précédent des jihadistes et de leurs alliés Touaregs dans plusieurs villes maliennes. Dans un contexte de relations dégradées, le président algérien a réaffirmé la disponibilité de l’Algérie au dialogue, tout en rappelant son attachement à la non-ingérence.
"Nous sommes désolés de ce qui se passe au Mali (...) l'Algérie ne s'est jamais immiscée et ne s'immiscera jamais dans les affaires intérieures du Mali ou d'autres pays" a-t-il exprimé.
Cette prise de position intervient après plusieurs mois de tensions entre Alger et Bamako, notamment depuis la remise en cause de l’accord d’Alger de 2015, visant à mettre fin à la guerre au Mali, par les autorités maliennes.
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