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Mystère du sous-marin : le meurtrier présumé de Kim Wall bientôt fixé sur son sort

Le verdict sur cette sordide affaire sera connu au plus tôt mercredi 25 avril. Le parquet, qui va requérir la prison à vie, affirme que l'inventeur danois a torturé et tué la journaliste afin de satisfaire un fantasme sexuel et morbide. La défense plaide elle l'accident.

Le procès de Peter Madsen, accusé d'avoir tué puis découpé la journaliste Kim Wall à bord de son sous-marin s'ouvre jeudi 8 mars
Le procès de Peter Madsen, accusé d'avoir tué puis découpé la journaliste Kim Wall à bord de son sous-marin s'ouvre jeudi 8 mars
Crédit : TOM WALL / FAMILY HANDOUT / AFP
Thibaut Deleaz & Sarah Ugolini & AFP

La sordide affaire du sous-marin danois va connaître son épilogue cette semaine avec le verdict dans le procès de Peter Madsen, meurtrier présumé de la journaliste suédoise Kim Wall, que les psychiatres jugent pervers et dangereux. 

Que s'est-il passé dans la nuit du 10 au 11 août 2017 sur le Nautilus, le sous-marin artisanal de l'inventeur danois ? Comment Kim Wall, 30 ans, est-elle morte ? A-t-elle été assassinée comme le soutient l'accusation, ou tuée accidentellement comme l'affirme l'accusé? 

Si les dix journées d'audience de ce procès unique dans les annales judiciaires danoises ont éclairé la personnalité inquiétante de Peter Madsen, amateur de films gores avec viols et décapitations de femmes, elles ont aussi mis en lumière l'absence de preuves matérielles irréfutables.

Avant le verdict attendu mercredi 25 avril au plus tôt, le procureur Jakob Buch-Jepsen et l'avocate de la défense, Betina Hald Engmark, croiseront le fer une dernière fois ce lundi 23 avril. Le parquet, qui va requérir la prison à vie, affirme que l'inventeur a torturé et tué la journaliste afin de satisfaire un fantasme sexuel et morbide. La défense, elle, plaide l'accident.

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Peter Madsen, 47 ans, jugé pour meurtre avec préméditation, sévices sexuels aggravés et atteinte à l'intégrité d'un cadavre, n'a cessé de changer de version depuis son arrestation le lendemain de sa sortie en mer avec la jeune journaliste, venue l'interviewer sur son sous-marin. 

Il a reconnu l'avoir décapitée et démembrée

Après avoir affirmé l'avoir débarquée la veille à Copenhague, il a indiqué aux enquêteurs qu'elle avait reçu un panneau d'écoutille sur la tête. Démenti par l'autopsie, il a ensuite expliqué qu'elle avait succombé à des gaz toxiques libérés lors d'une soudaine dépressurisation de l'habitacle. 

Il a reconnu l'avoir décapitée et démembrée, puis avoir jeté son corps à la mer. Il sera retrouvé dans les semaines suivantes, en baie de Køge, par un cycliste qui trouvera le torse de la journaliste, mais surtout par un chien policier suédois dont le flair permettra de localiser la tête, les jambes et les bras gisant par plusieurs mètres de fond. 
                   
Les éléments à charge sont nombreux dans ce dossier : l'autopsie avance l'hypothèse d'un étouffement ou d'un égorgement précédé de sévices sexuels. Peter Madsen a amené sur le submersible une myriade d'objets inutiles (scie à bois, sangles de valise, tournevis affuté de 50 cm de long), quelques heures avant les faits il faisait une recherche internet en tapant les mots-clés "femme" et "décapitation". 

Peter Madsen décrit comme un "pervers polymorphe"

La légiste a relevé un écoulement de sang compatible avec des blessures infligées alors que la victime était encore vivante, et une goutte de sang de Kim Wall sur la combinaison de Peter Madsen, qui serait une projection et signerait des violences ante mortem

De multiples blessures ont été identifiées dans et autour des parties génitales de Kim Wall. L'accusation s'appuie aussi sur l'examen de la personnalité de l'accusé à la forte libido et à la sexualité débridée, décrit par les experts psychiatres comme un "pervers polymorphe" présentant des "traits psychopathiques". 

La cour a visionné des vidéos et films d'animation retrouvés sur le disque dur de l'ordinateur de l'accusé dans lesquels des femmes sont empalées, pendues ou décapitées. "Ce n'est pas sexuel. Je regarde ces vidéos pour pleurer et éprouver des émotions", s'est défendu Peter Madsen devant les juges.     

La défense dénonce l'absence de preuves irréfutables

Les sévices sexuels ? L'inventeur danois a expliqué avoir percé le corps pour éviter la formation de gaz plusieurs heures après la mort, ce qui l'aurait fait remonter à la surface. "Sans effet", a rétorqué la légiste. Mais la défense a aussi dénoncé les failles dans la démonstration du parquet et l'absence de preuves irréfutables

Pressée de questions par l'avocate de la défense, la légiste a admis qu'on ne pouvait exclure la mort par intoxication aux gaz d'échappement compte tenu de la dégradation du corps de Kim Wall après un long séjour dans l'eau. Une experte en sous-marins ayant inspecté le Nautilus a noté l'absence de traces de suie dans les filtres à air du submersible, ce qui aurait dû être le cas selon le scénario de Peter Madsen. 

Mais un autre expert est venu dire le contraire à la barre. Devant les psychiatres, Peter Madsen s'était montré froid à l'évocation de la victime, tout juste "curieux" d'assister à son propre procès. Pourquoi avoir découpé Kim Wall ?, lui ont-ils demandé. "Quand on a un gros problème, on le coupe en morceaux", a-t-il sèchement répondu. 

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