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Vladimir Poutine au Kirghizstan ce jeudi 27 novembre.
Crédit : Alexander KAZAKOV / POOL / AFP
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Le président russe Vladimir Poutine a dénoncé, ce dimanche 1er mars, la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué lors de frappes américaines et israéliennes. Dans une lettre adressée à son homologue iranien Massoud Pezeshkian et publiée par le Kremlin, Poutine a présenté ses "plus sincères condoléances pour l'assassinat" de Khamenei, affirmant qu'il avait été "perpétré dans une violation cynique de toutes les normes de la morale humaine et du droit international".
Téhéran est resté l'un des plus proches alliés de la Russie tout au long de l'offensive lancée en 2022 par Moscou en Ukraine, et le Kremlin avait précédemment appelé à la retenue à l'approche des frappes américano-israéliennes contre l'Iran. Le président russe a affirmé que le guide suprême "restera(it) dans les mémoires comme un homme d'État hors pair qui a apporté une contribution personnelle immense au développement des relations d'amitié entre la Russie et l'Iran".
Il a prié M. Pezeshkian de "transmettre (sa) plus sincère compassion et (son) soutien aux proches du Guide suprême, au gouvernement et à l'ensemble du peuple iranien". La Russie a condamné les frappes contre l'Iran, les qualifiant "d'aventure dangereuse" susceptible de déclencher une "catastrophe" dans la région. Également, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, s'est entretenu par téléphone avec son homologue iranien, Abbas Araghchi, le ministère russe soulignant que l'appel avait eu lieu "à l'initiative de la partie iranienne". En 2025, la Russie et l'Iran ont signé un traité de partenariat stratégique visant à renforcer leurs liens - y compris dans le domaine militaire.
En juin 2025, répondant à une question de l'AFP lors d'une conférence de presse, Vladimir Poutine avait déclaré ne même pas vouloir "discuter" de l'éventualité du meurtre de Khamenei. Pour l'expert russe Alexandre Baounov, du centre Carnegie, la mort de Khamenei met le président russe dans une "situation difficile". Car Vladimir Poutine a cherché depuis la réélection de Donald Trump à ménager le turbulent milliardaire américain afin d'obtenir les faveurs de Washington dans les négociations pour mettre fin à la guerre lancée par l'invasion russe en Ukraine en 2022.
Début janvier, l'enlèvement par les États-Unis de l'ex-dirigeant vénézuélien, Nicolas Maduro, avait marqué la perte d'un autre partenaire de Moscou. Là aussi, le Kremlin n'a rien pu faire. "Deux fois en deux mois, Poutine a échoué à accomplir son rôle de sauveur", souligne
Alexandre Baounov sur son compte Telegram. Et, dans le cas de Khamenei, ajoute l'expert, "le tueur est son ami Trump". Précédemment, Vladimir Poutine avait pu au moins aider l'ex-dirigeant ukrainien Viktor Ianoukovitch à trouver refuge en Russie, en février 2014. Il a aussi offert l'asile à Bachar al-Assad et sa famille après son renversement en Syrie, en décembre 2024.
À la différence du cas Maduro, la mort de Khamenei s'est déroulé dans une partie du monde que la Russie considère comme son "hémisphère", estime Alexandre Baounov. L'expert compare cet assassinat à celui du Libyen et allié du Kremlin Mouammar Kadhafi, en 2011, qui avait marqué, selon lui, "un tournant dans la politique russe" et l'une des justifications de Vladimir Poutine pour "rompre avec l'Occident".
Le président iranien, Massoud Pezeshkian, a déclaré que venger la mort du guide suprême était un "droit et un devoir légitime" pour la République islamique. Il a également estimé que la mort de cette "plus haute autorité politique de la République islamique d'Iran et d'un éminent chef du chiisme dans le monde" constituait une "déclaration de guerre contre les musulmans, et en particulier contre les chiites, partout dans le monde", dans un communiqué diffusé par la télévision d'État.
La Corée du Nord a jugé "illégales" les frappes américano-israéliennes contre l'Iran, affirmant qu'elles révélaient la "nature de gangster" de Washington.
Les campagnes militaires contre l'Iran "constituent un acte d'agression totalement illégal et la forme la plus vile de violation de souveraineté", a déclaré un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères dans un communiqué relayé par l'agence officielle nord-coréenne KCNA.
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