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Mistral : Paris et Moscou en désaccord sur le remboursement

Paris est prêt à rembourser 785 millions d'euros à la Russie qui réclame plus d'un milliard d'euros en dédommagement de l'annulation de la livraison des deux Mistral.

Le bâtiment militaire Mistral (archives)
Le bâtiment militaire Mistral (archives) Crédit : AFP / JEAN-SEBASTIEN EVRARD
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et AFP

Le dossier Mistral reste un poison diplomatique entre la France et la Russie, les conditions d'annulation de la vente des navires de guerre posant problème. En cause : le montant du remboursement proposé par Paris est jugé insuffisant par Moscou.

Selon le quotidien russe Kommersant, Paris est prêt à rembourser près de 785 millions d'euros d'avances déjà perçus, une fois que les autorités russes auront accepté par écrit que les deux navires de guerre Mistral, dont la livraison est suspendue depuis novembre en raison de la crise ukrainienne, pourront être revendus par la France à une tierce partie.

Le Kremlin estime toutefois le préjudice subi par la Russie à près de 1,163 milliard d'euros et refuse tout accord pour une réexportation des navires avant que l'argent ne soit rendu, selon le quotidien économique qui cite des sources au sein du complexe militaire russe.

Des discussions amiables en cours pour un accord avant fin mai

Moscou met notamment en avant les sommes dépensées pour la formation des 400 marins qui devaient constituer l'équipage, la construction des infrastructures à Vladivostok, où devait être basé le premier Mistral, et la fabrication de quatre hélicoptères de combat. "Les projets de documents sont actuellement étudiés par le gouvernement russe, le ministère de la Défense et tous ceux engagés dans le contrat des Mistral", a expliqué au journal une source proche du dossier. "La proposition de remboursement formulée par la France ne nous convient catégoriquement pas, ce dont le vice-premier ministre Dmitri Rogozine a informé" la partie française, a indiqué une autre source.

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"Des discussions amiables sont en cours sur les conditions et l'avenir du contrat", a indiqué une source diplomatique française tandis que l'Élysée renvoie simplement aux récentes déclarations de François Hollande. Celui-ci avait admis pour la première fois fin avril que la France pourrait être amenée à "rembourser" les sommes déjà versées par la Russie pour l'acquisition des deux navires s'ils n'étaient pas livrés. Selon un vice-directeur du service russe de coopération militaire et technique, les deux pays mènent actuellement des consultations et s'attendent à aboutir à un accord avant la fin mai.

Le conflit ukrainien au cœur du débat

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a refusé ce vendredi 15 mai de commenter la bataille de chiffres entre Paris et Moscou, réitérant les déclarations de Vladimir Poutine: la Russie est prête à recevoir soit les navires, soit l'argent engagé dans le contrat. Le ministre russe des Affaires étrangères a de son côté affirmé que la question des Mistral ne relevait plus de la diplomatie ou la politique, mais de la "sphère juridique et commerciale".

La France et la Russie ont conclu en juin 2011 sous la présidence de Nicolas Sarkozy un contrat évalué à près d'1,2 milliard d'euros portant sur la livraison de deux portes-hélicoptères de classe Mistral. Paris avait annoncé fin novembre le report "jusqu'à nouvel ordre"de la livraison du premier de ces bâtiments de projection et de commandement (BPC) construits à Saint-Nazaire (ouest), en raison de l'implication présumée de Moscou dans le conflit ukrainien. Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de fournir en armes et combattants les séparatistes prorusses de l'Est de l'Ukraine et d'y avoir déployé des troupes régulières, ce que Moscou dément catégoriquement.

Le premier de ces navires, le "Vladivostok", devait être initialement remis à Moscou à la mi-novembre 2014, mais il est toujours au port de Saint-Nazaire, tout comme le deuxième navire, le "Sébastopol", du nom du port abritant la flotte russe en Crimée, péninsule ukrainienne annexée en mars 2014 par la Russie. Ces navires de guerre polyvalents peuvent transporter des hélicoptères, des chars ou des chalands de débarquement et accueillir un état-major embarqué ou un hôpital.

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