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Maroc : une journaliste est arrêtée et jugée pour "avortement illégal"

Le procès d'une jeune journaliste marocaine pour "avortement illégal" et "débauche" (sexe hors mariage), a mobilisé lundi 9 septembre des centaines de personnes devant le tribunal de Rabat avant l'ouverture de l'audience.

Un manifestant brandissant un portrait de Hajar Raissouni
Un manifestant brandissant un portrait de Hajar Raissouni Crédit : FADEL SENNA / AFP
Simon Dujardin
Simon Dujardin et AFP

Le procès d'une jeune journaliste marocaine jugée pour "avortement illégal" et "débauche" , c'est-à-dire sexe hors mariage, s'est ouvert ce lundi 9 septembre à Rabat, une affaire judiciaire qui a soulevé un débat indigné autour de la question des libertés individuelles au Maroc.

Hajar Raissouni, 28 ans, reporter du quotidien arabophone Akhbar Al-Yaoum, risque jusqu'à deux ans de prison aux termes du code pénal marocain qui sanctionne les relations sexuelles hors mariage et l'avortement quand la vie de la mère n'est pas en danger.

Dénonçant une "affaire politique", la jeune femme, placée en détention après son arrestation le 31 août à la sortie d'un cabinet médical de Rabat, assure avoir été soignée pour une hémorragie interne. Son fiancé, qu'elle devait épouser cette semaine, a été arrêté en même temps qu'elle, tout comme le médecin traitant, un infirmier et une secrétaire.  

Soutenue de toutes parts

Des mouvements féministes mais aussi des organisations de défense des droits humains comme Amnesty international et Human Rights Watch ont appelé à libérer la journaliste au nom du respect des libertés individuelles.

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Son sort a suscité une vague d'indignation dans les médias et sur les réseaux sociaux, autour du droit des femmes à disposer de leur corps, du respect de la vie privée, de la liberté des mœurs ou de la presse.

Les messages les plus critiques parlent de "réalité moyenâgeuse", de "lois liberticides", de "violence institutionnelle envers les femmes", d'"intrusion de l'État dans la vie privée" des citoyens, de "manipulation politique" ou de "harcèlement" des journalistes.

Assurant que l'arrestation d'Hajar Raissouni "n'a rien à voir avec sa profession de journaliste", le parquet de Rabat a détaillé mercredi dans un communiqué les éléments médicaux confirmant ses "signes de grossesse" et son "avortement".

La journaliste, elle, dénonce des "accusations fabriquées" et une "affaire politique" liée à de récents articles consacrés aux détenus du mouvement social du "Hirak", selon ses proches. 

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