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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen avec le gouverneur général australien Sam Mostyn à Sydney le 23 mars 2026
Crédit : Saeed KHAN / AFP
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Dans un contexte géopolitique et économique instable et face à la politique protectionniste menée par Donald Trump à la tête des États-Unis, l'Union européenne poursuit sa quête de nouveaux partenaires commerciaux.
Ce lundi 23 mars, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est arrivée en Australie pour une visite de trois jours destinée à conclure un accord de libre-échange entre le bloc des Vingt-Sept et Sydney.
Un nouveau partenariat commercial qui s'inscrit dans la lignée des précédents, dont celui noué avec les pays sud-américains du Mercosur, source de vives critiques émanant des secteurs agricoles et classes politiques de nombreux États membres de l'Union.
Là encore, cet accord avec l'Australie n'est pas exempt de protestations ou, a minima, de doutes formulés par les agriculteurs européens.
Avant de s'envoler pour Sydney, Ursula von der Leyen a défendu ce traité dans une tribune publiée ce lundi matin dans plusieurs journaux européens, dont Ouest-France.
"Cet accord mettra fin aux droits de douane sur la plupart des échanges entre l'UE et l'Australie et pourrait faire augmenter le PIB européen de 4 milliards d’euros d'ici à 2030", estime la dirigeante allemande.
La cheffe de l'exécutif européen insiste notamment sur le rôle stratégique qu'occupe l'Australie dans les matières premières critiques, en particulier le lithium, essentiel pour fabriquer des batteries de véhicules électriques, entre autres.
Le ministre australien du Commerce, Don Farrell, a affirmé la semaine dernière qu'un accord avec l'UE permettrait à l'Australie de gagner 6,1 milliards d'euros chaque année en termes d'échanges commerciaux. L'UE pourrait ainsi passer du troisième au deuxième rang des partenaires commerciaux de l'Australie.
La dirigeante de l'UE ne s'étend pas en revanche sur les produits agricoles, comme la viande de boeuf, l'agneau et le sucre, pourtant au cœur du bras de fer entre Bruxelles et Canberra autour de ce projet d'accord, et qui suscite l'inquiétude du secteur agricole européen, déjà échaudé par l'accord commercial conclu avec les pays du Mercosur.
Avant de signer ce nouvel accord, Ursula von der Leyen et le Premier ministre australien, Anthony Albanese, doivent donc trouver un terrain d'entente sur l'amélioration de l'accès au marché européen pour l'agneau et le bœuf australiens.
Les agriculteurs européens, déjà sous pression, redoutent une concurrence accrue de produits étrangers, souvent moins chers et produits selon des normes différentes. Bruxelles espère éviter une nouvelle levée de boucliers des agriculteurs, déjà en colère contre l'accord commercial signé mi-janvier avec les pays latino-américains du Mercosur.
Le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens, a haussé le ton à propos des négociations avec l'Australie. Pour le boeuf, la viande ovine et le sucre, "accorder des concessions disproportionnées risque de nuire aux agriculteurs européens, de fausser les marchés et d'affaiblir l'engagement de longue date de l'UE en faveur de normes de production élevées", a mis en garde ce lobby agricole dans un communiqué.
C'était d'ailleurs à cause du volet agricole que les négociations avaient été suspendues en octobre 2023, en raison de désaccords considérés alors comme insolubles. Mais entretemps, le contexte international a bien changé.
Ces dernières semaines, les négociations butaient encore sur les quotas. L'UE ne voulait pas aller au-delà de 30.000 tonnes de bœuf détaxé, quand l'Australie réclamait 40.000 tonnes par an. Sydney a déjà déclaré être prêt à supprimer une taxe sur les voitures de luxe européennes en échange d'un meilleur accès au marché agricole européen.
Dans les discussions, la présidente de l'UE devrait également aborder la guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix du pétrole. En Australie, largement dépendante des importations de carburant, les prix à la pompe ont doublé en moyenne.
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