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Les nouveaux chirurgiens britanniques et américains de plus en plus maladroits

Des médecins anglais et américains s'inquiètent d'une baisse de l'agilité manuelle des étudiants. Le manque d'activités pratiques et l'utilisation importante des écrans sont mis en cause.

Des chirurgiens effectuent une opération (illustration)
Des chirurgiens effectuent une opération (illustration) Crédit : MARTIN BUREAU / AFP
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Esther Serrajordia Journaliste

Aux États-Unis et en Grande-Bretagne, les enseignants en médecine et les chirurgiens aguerris livrent le même constat au New-York Times : les étudiants sont de moins en moins habiles

Maria Siemionow, chirurgienne spécialisée dans les greffes, détecte très vite ceux qui ne décrocheront pas leur diplôme, plus nombreux qu'avant. "Ils sont déjà en interne et pourtant ils n'ont pas de bonne sensation avec leurs mains. Ils sont frustrés, ils sont impatients et ils finissent avec du sang partout" déplore-t-elle. 

Pour expliquer ce phénomène, certains pointent du doigt le manque de cours pratiques dans les écoles primaires, où l'on fait moins de dessin et de peinture, par exemple. D'autres constatent que les élèves passent trop de temps sur leur téléphone au lieu de s'adonner à une activité manuelle (menuiserie, couture...)

Interrogation sur le processus de sélection des étudiants

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Et, même si les étudiants voulaient développer leur agilité, pour les anciens, il est déjà trop tard. Car il est bien plus difficile d'acquérir la maîtrise de ses mains lorsqu'on a 24 ans que lorsqu'on en a 4 ou 5. "Plus tôt vous commencez à faire une tâche physique et répétitive, plus la motricité devient ancrée et instinctive. Ce qui fait un bon chirurgien, c'est une pratique implacable" affirme au New-York Times le Docteur Spetzler, directeur général du Barrow Neurological Institute à Phoenix. 

Autre cause du manque d'habileté des jeunes chirurgiens : le droit du travail. Une loi de 2003 leur interdit de travailler plus de 80 heures par semaine. Cela empêche les internes de participer aux opérations et de s'entraîner, contrairement à leurs aînés qui s’entraînaient 120 heures en une semaine

Enfin, les chirurgiens aguerris s'interrogent sur le processus de sélection des étudiants. Le système actuel favorise les connaissances théoriques. D'après eux, la créativité et la pratique devraient devenir prioritaires.  

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2019-06-04 21:43:00
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