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"Les candidats ne changeront rien à la ville" : des Palestiniens de retour aux urnes pour une élection inédite depuis le début de la guerre à Gaza

Des Palestiniens de Cisjordanie et de Deir el-Balah, dans la bande de Gaza, sont appelés aux urnes pour des élections municipales inédites depuis le début de la guerre. Ce scrutin local est observé comme un test pour l’Autorité palestinienne.

Un Palestinien vote dans un bureau de vote à Deir el-Balah, dans la bande de Gaza, le 25 avril 2026, lors des élections municipales.

Crédit : Eyad Baba / AFP

AFP & Athénaïs Cornette de Saint Cyr

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Les Palestiniens de Cisjordanie et, pour une partie d'entre eux, de Gaza ont commencé à voter ce samedi 25 avril pour désigner leurs maires et conseillers municipaux. Il s'agit des premières élections depuis le début de la guerre à Gaza, dans un climat marqué par des désillusions et des choix limités.

Près d'1,5 million de personnes sont inscrites sur les listes électorales en Cisjordanie occupée, et environ 70.000 dans la zone de Deir el-Balah, au centre de la bande de Gaza, les deux régions concernées, selon la Commission électorale centrale, basée à Ramallah.

À l'ouverture des bureaux à 7 heures locales, des images de l'AFP tournées à Al-Bireh, en Cisjordanie, et à Deir el-Balah montraient des agents électoraux dans les bureaux de vote, tandis que peu d'électeurs s'étaient encore déplacés.

La plupart des listes en lice sont alignées avec le Fatah, le parti nationaliste et laïque du président palestinien Mahmoud Abbas, ou sans étiquette.
En revanche, aucune liste ne se réclame du Hamas, le rival islamiste du Fatah qui contrôle près de la moitié de la bande de Gaza et dont l'attaque du 7 octobre 2023 contre Israël a déclenché la guerre.

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À Tulkarem, dans le nord de la Cisjordanie, l'homme d'affaires Mahmoud Bader affirme qu'il votera sans grande conviction. "Indépendants ou venant d'un parti, les candidats ne changeront rien à la ville", explique-t-il à l'AFP, alors qu'Israël contrôle deux camps de réfugiés voisins depuis plus d'un an. "C'est l'occupation (israélienne) qui dirige Tulkarem", ajoute-t-il.

Une seule liste est en lice à Naplouse et Ramallah

Les bureaux de vote resteront ouverts jusqu'à 19 heures en Cisjordanie, tandis qu'à Deir el-Balah, ils fermeront à 17 heures locales afin de permettre un dépouillement à la lumière du jour, en raison de l'absence d'électricité.

Le coordonnateur spécial adjoint de l'ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Ramiz Alakbarov, a salué l'organisation de ces élections et jugé qu'elles "représentent une occasion importante pour les Palestiniens d'exercer leurs droits démocratiques, à un moment particulièrement difficile". À Gaza, contrôlée par le Hamas depuis 2007, il s'agit des premières élections depuis les législatives de 2006 remportées par le mouvement islamiste.

Pour l'expert en sciences politiques Jamal al-Fadi, de l'université Al-Azhar du Caire, l'Autorité palestinienne a choisi d'organiser l'élection à Deir al-Balah à Gaza "comme une expérience (afin d'estimer) son succès ou son échec", en l'absence de sondage depuis le cessez-le-feu, en octobre 2025. La ville est aussi l'une des rares zones du territoire, à ne pas avoir connu de déplacements massifs de population.

Mahmoud Abbas au pouvoir depuis 2005

Mahmoud Abbas, 90 ans, s'est maintenu au pouvoir depuis son élection début 2005, et ses promesses d'organiser des présidentielles et législatives ne se sont jamais concrétisées.

Farah Chaath, un habitant de Deir al-Balah de 25 ans, se réjouit de voter pour la première fois. "C'est une confirmation de notre présence continue dans la bande de Gaza malgré tout", confie ce dernier.

La Commission électorale a indiqué avoir fait appel à "une société de sécurité privée pour sécuriser les centres de vote" à Gaza, a déclaré à l'AFP son porte-parole, Farid Taamallah. Néanmoins, une source de la commission à Gaza, qui a requis l'anonymat, a affirmé que la police du Hamas avait insisté pour "assurer la sécurité du processus électoral à Deir al-Balah", évoquant le déploiement de "personnel de sécurité non armé en civil" autour des centres de vote.

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