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"Le plus grand châtiment de toute l'histoire de la peine de mort" : Christa Pike, qui a survécu à son exécution par injection aux États-Unis, est dans "un état critique"

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'homme a appelé jeudi 1er octobre les autorités du Tennessee à renoncer à toute nouvelle tentative d'exécuter la condamnée qui a survécu au protocole d'injection létale.

Cette photo datée du 12 janvier 2023, fournie par le Département correctionnel du Tennessee, montre Christa Pike, une meurtrière condamnée aux États-Unis.

Crédit : Handout / Tennessee Department of Correction / AFP

AFP

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La condamnée qui a survécu à deux injections létales dans le Tennessee, Christa Pike, est "encore vivante" mais dans un état critique, ont annoncé jeudi 1er octobre ses avocats, au lendemain de l'échec spectaculaire de cette exécution qui relance les interrogations sur la peine capitale aux États-Unis.

Le Tennessee a suspendu jusqu'à nouvel ordre les exécutions et ordonné une enquête autour du cas de cette cinquantenaire, qui devait être la première femme mise à mort depuis plus de 200 ans dans cet État du Sud. "Ce qu'on nous a dit, c'est qu'elle est dans un état critique", a déclaré un de ses avocats, Randy Spivey, lors d'une conférence de presse, exhortant le gouverneur républicain du Tennessee, Bill Lee, à "commuer la peine de Christa maintenant".

"Après avoir subi plus de 20 ans de détention à l'isolement et une tentative complète de la tuer par injection létale, Christa est la personne qui a subi le plus grand châtiment de toute l'histoire de la peine de mort aux États-Unis", a-t-il fait valoir.

Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, Volker Türk, a appelé le Tennessee à renoncer définitivement à l'exécuter, soulignant que ce cas illustre les raisons "pour lesquelles la peine de mort devrait être abolie", citant "les souffrances prolongées - tant physiques que psychologiques - causées par plusieurs tentatives d'exécution infructueuses".

"Ma responsabilité est de faire appliquer les sentences", dit le gouverneur

Le gouverneur a laissé entendre qu'il n'avait pas renoncé à la mise à mort de Christa Pike. "Ma responsabilité est de faire appliquer les sentences prononcées par les jurys du Tennessee, même lorsque c'est difficile, et c'est exactement ce que nous avons l'intention de faire", a déclaré jeudi Bill Lee.

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Robin Maher, directrice de l'observatoire spécialisé Death Penalty Information Center (DPIC), a dénoncé "l'une des pires exécutions ratées de l'ère moderne de la peine de mort", dans des déclarations aux médias. L'administration pénitentiaire du Tennessee a affirmé avoir suivi à la lettre "toutes les étapes du protocole d'exécution" adopté par l'État, assurant que "le produit utilisé dans ce protocole a toujours été efficace" jusqu'à présent.

Selon des témoins de l'exécution et ses avocats, Christa Pike a continué à respirer et à ronfler de façon audible après deux injections de pentobarbital, un puissant barbiturique utilisé à fortes doses dans les euthanasies vétérinaires mais aussi dans l'aide au suicide dans les pays où cette pratique est légale.

"Plusieurs fois, elle a regardé dans la pièce. À un moment, elle a demandé à des responsables de la prison si elle était censée se sentir comme ça", a raconté sur CBS News Kim Chandler, une journaliste de l'agence Associated Press présente.

18 femmes exécutées depuis 1976

La Cour suprême des États-Unis, à majorité conservatrice, avait autorisé mercredi l'exécution de Christa Pike, annulant un sursis accordé dans la matinée par une cour d'appel fédérale.

Environ une heure avant l'horaire initialement prévu pour l'exécution, cette cour d'appel avait voulu se donner le temps de trancher sur la recevabilité d'un recours de la défense portant sur les violences sexuelles subies dans son enfance par Christa Pike. Ses avocats affirment que sa défense lors de son procès en 1996 n'avait pas invoqué les circonstances atténuantes qui auraient dû lui bénéficier, dont les traumatismes et les violences, en particulier sexuelles, subies depuis son plus jeune âge.

L'État du Tennessee avait reconnu pour la première fois ces violences en août, sans infléchir sa position et le gouverneur Lee a refusé lundi de commuer sa peine. La dernière exécution d'une femme aux États-Unis remonte à celle en 2023, dans le Missouri (centre), d'Amber McLaughlin, également la première femme transgenre exécutée dans le pays.

Seules 18 femmes ont été exécutées depuis le rétablissement de la peine capitale aux États-Unis en 1976, soit à peine plus d'1% du total, selon le DPIC. Depuis le début de l'année, 29 exécutions ont été réalisées aux États-Unis, dont 16 pour la seule Floride, toutes par injection létale.

Christa Pike a été condamnée à la peine capitale pour le meurtre en 1995 de Colleen Slemmer, 19 ans, une de ses camarades dans un centre de formation professionnelle. Elle-même était âgée de 18 ans à l'époque. Ses deux complices, également adolescents, ont échappé à la peine de mort. La peine capitale a été abolie dans 23 des 50 États américains. Trois autres, la Californie, l'Oregon et la Pennsylvanie, observent un moratoire des exécutions. 

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