3 min de lecture Pape François

Le pape François en Terre sainte

Premier voyage au Moyen-Orient pour le pape François. Le souverain pontife se rendra en Jordanie, à Bethléem, en Cisjordanie et à Jérusalem.

Une affiche annonçant le voyage du pape à Bethléem en Cisjordanie, le 23 mai 2014.
Une affiche annonçant le voyage du pape à Bethléem en Cisjordanie, le 23 mai 2014. Crédit : AFP PHOTO / MUSA AL SHAER
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Le pape François débute ce samedi 24 mai son premier voyage au Moyen-Orient. "Ce sera un voyage strictement religieux", a-t-il déclaré devant des milliers de fidèles rassemblés pour son audience hebdomadaire place Saint-Pierre.

Le voyage est placé sous le signe du dialogue inter-religieux et de l’œcuménisme, dont le but est de rapprocher les Eglises catholique et orthodoxe toujours divisées. Le souverain pontife, qui a appelé à "prier pour la paix dans cette terre qui souffre tant", se rendra en Jordanie, à Bethléem, en Cisjordanie et à Jérusalem.

La sécurité renforcée

Dans un Moyen-Orient troublé, la visite de ce pape rétif au protocole donne des sueurs froides aux forces de sécurité. Il n'aura pas de papa-mobile blindée. En Jordanie, 500 soldats renforceront la Garde royale et 3.000 agents de la sécurité palestinienne prendront la relève à Bethléem.

La police israélienne mobilisera 8.500 agents pour un dispositif baptisé "Opération soutane blanche". Elle a par ailleurs engagé des procédures d'éloignement à l'encontre de 15 activistes juifs d'extrême droite soupçonnés de vouloir "provoquer des troubles" et accentué la surveillance des sites sensibles.

Rencontre avec le chef de l'Eglise orthodoxe

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Le pape François rencontrera d'abord à Jérusalem le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée, le chef spirituel de l'Eglise orthodoxe dans le monde, 50 ans après le sommet historique entre le pape Paul VI et le chef de l'Eglise orthodoxe de l'époque, Athénagoras. Le moment fort de cette rencontre sera une prière commune dimanche soir dans l'Eglise du Saint-Sépulcre, le lieu de la crucifixion, de la mise au tombeau et de la résurrection du Christ selon la tradition.

Relancer l'élan œcuménique et le dialogue inter-religieux sont parmi les priorités du pontificat de François qui, symbole fort, sera accompagné dans son voyage d'un rabbin, Abraham Skorka, et d'un professeur musulman, Omar Abboud, vieux amis de Buenos Aires du religieux argentin. "Le pape essaiera d'être équilibré", a déclaré le rabbin Skorka, et donc de partager équitablement ses visites entre les lieux juifs, musulmans et chrétiens.

Dimension politique

Le secrétaire d'Etat du Vatican, Pietro Parolin, a reconnu que le voyage serait d'une certaine manière également "politique", alors que la Syrie est en guerre, que le processus de paix israélo-palestinien est dans l'impasse et que la région connaît une poussée islamiste.

En Jordanie, le pape François rencontrera le roi Abdallah II, célébrera une messe et prendra un bain de foule dans un stade d'Amman, avant de se rendre à Wadi al-Kharrar, plus connu sous le nom biblique de Béthanie, dans la vallée du Jourdain, le site du baptême de Jésus. Il y priera en compagnie de réfugiés syriens dans le royaume.

Le pape devrait par ailleurs s'exprimer sur un problème qui inquiète le Vatican au plus haut point : l'exode des chrétiens d'Orient. Quelque 250.000 chrétiens vivent en Jordanie sur une population de sept millions.

"En raison de la popularité mondiale dont jouit François, s'il vient en Terre sainte et dit aux chrétiens 'je suis à vos côtés', cela aura du sens pour eux. Le monde fait attention quand François parle. Ses déclarations auront une grande résonance", a expliqué le vaticaniste américain John Allen à l'AFP.

Rencontre avec les présidents palestinien et israélien

Dimanche, le pape s'envolera en hélicoptère pour se rendre à Bethléem où il rencontrera le président palestinien Mahmoud Abbas avant de présider une grand-messe, de visiter le camp de réfugiés proche de Dheisheh et de déjeuner avec des familles palestiniennes défavorisées.

Etape suivante, l'aéroport Ben Gourion à Tel-Aviv où il sera officiellement accueilli en Israël par le président Shimon Peres. "Nous l'accueillons en homme de paix", a affirmé Shimon Peres dans un entretien publié ce samedi par le quotidien français Le Figaro.

Le pape ira à Jérusalem pour voir en privé Bartholomée avant la prière commune au Saint-Sépulcre.

Visite sur l'Esplanade des mosquées

Lundi, dernier jour du pèlerinage, il se rendra sur l'Esplanade des mosquées et au Mur des lamentations, hauts lieux sacrés de l'islam et du judaïsme. Ensuite, au cimetière national d'Israël au Mont Herzl, il déposera une gerbe sur la tombe du fondateur du sionisme Théodore Herzl, une première pour un pape, avant de se rendre au mémorial de l'Holocauste de Yad Vashem et de rencontrer Shimon Peres et le Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le souverain pontife conclura son séjour par une messe au Cénacle, lieu du dernier repas de Jésus pour les chrétiens et tombeau du roi David pour les juifs. Le Cénacle est au cœur de tractations complexes entre Israël et le Vatican, l'usage du lieu étant revendiqué par les chrétiens, tenus pour "idolâtres" par la frange radicale du judaïsme nationaliste religieux.

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