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Le nouveau test de la Grèce face à la zone euro

Le gouvernement grec doit présenter d'ici lundi soir un catalogue de réformes capable de satisfaire la zone euro.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le ministre des Finances Yanis Varoufakis le 18 février 2015 à l'Assemblée grecque, à Athènes. (archives)
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras et le ministre des Finances Yanis Varoufakis le 18 février 2015 à l'Assemblée grecque, à Athènes. (archives)
Crédit : LOUISA GOULIAMAKI / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

C'est un véritable numéro d'équilibriste qu'effectue actuellement le gouvernement grec. D'ici ce lundi soir 23 février, il doit présenter un catalogue de réforme qui doit à la fois respecter ses promesses électorales et lui permettre de décrocher le feu vert de la zone euro à l'extension de quatre mois du financement de son économie.

L'exécutif de gauche radicale, qui s'est finalement résigné à collaborer avec les créanciers de l'UE, de la BCE et du FMI dans le cadre des plans de sauvetage imposés depuis 2010 aux gouvernements précédents, est décidé à exploiter les quelques latitudes consenties par ses partenaires. "Les textes européens ont toujours un flou créatif", a glissé Giorgos Katrougalos, ministre de la Réforme administrative, sur une radio grecque.

Des sujets "non négociables"

Le gouvernement du Premier ministre Alexis Tsipras a obtenu de pouvoir présenter à la zone euro d'ici lundi soir sa propre liste de réformes pour autant que l'équilibre des finances publiques soit sauvegardé. "Il y a des sujets de souveraineté qui relèvent de la politique intérieure et ne sont pas négociables", a averti dimanche le ministre d'État Nikos Pappas, bras droit du chef du gouvernement.

Depuis la conclusion, vendredi soir à Bruxelles, de la première phase des négociations entre la Grèce et la zone euro, Athènes se démène pour donner une interprétation positive du laborieux compromis trouvé sur la prolongation jusque fin juin du financement de l'économie grecque.

Des divergences

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"Nous sommes au début d'une nouvelle phase", a fait valoir Nikos Pappas, qui voit ces quatre mois comme l'occasion de crédibiliser les réformes du nouveau gouvernement. Mais une première voix dissonante s'est fait entendre au sein de Syriza : le député européen et doyen de la gauche grecque Manolis Glezos, 92 ans, a vertement critiqué les concessions faites à la zone euro, et s'est "excusé auprès du peuple grec d'avoir participé à cette illusion".

"Nous ne sommes plus prêts à être écrasés comme des mouches", a lancé dimanche pendant la grande parade du carnaval de Patras (ouest) Giorgos Vourdoulas, dont la troupe avait mis en scène un char "qui prend l'aspect d'un insecte dérangeant", la Grèce.

Les questions relatives aux droits et aux conditions de travail sont des sujets de "politique intérieure", a affirmé Nikos Pappas. Dans ce domaine, le gouvernement de gauche Syriza s'est  engagé à rétablir le principe des conventions collectives battues en brèche durant la crise. Or selon les termes du plan de sauvetage en cours, la Grèce est censée accélérer la dérégulation du marché du travail et réformer son droit syndical. Et la hausse du salaire minimum de 580 à 751 euros sera mise en oeuvre "progressivement", a réaffirmé le ministre Pappas.

Il a exclu de nouvelles baisses de salaires des fonctionnaires et des retraites. Or déjà le dernier paquet de mesures à entreprendre par Athènes incluait la suppression des retraites anticipées avant 62 ans et une baisse des retraites. Syriza s'est engagé durant la campagne électorale à augmenter les pensions les plus faibles.

Des réformes qui pourraient rapporter 7,3 milliards d'euros

Malgré ces divergences, le ministre des Finances Yanis Varoufakis s'est dit certain de l'approbation des réformes par ses 18 collègues de la zone euro, qui en jugeront mardi lors d'une conférence téléphonique de l'Eurogroupe. Athènes espère notamment convaincre par un engagement chiffré à lutter contre l'évasion fiscale et la corruption.

Le catalogue de réformes que doit présenter lundi le gouvernement grec permettrait à Athènes d'encaisser environ 7,3 milliards d'euros de recettes, écrit lundi le quotidien allemand Bild. Selon le journal, qui dit tirer ses informations de sources proches du gouvernement grec, le plan d'Athènes prévoit notamment de lutter contre les trafics et d'imposer les grandes fortunes grecques et les oligarques. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, cité lundi par Bild, a souligné que beaucoup restait à faire. "L'Europe a obtenu une pause pour souffler, rien de plus, certainement pas une solution. Maintenant, c'est au gouvernement d'Athènes de jouer", a-t-il dit. "Les discussions sont en cours, il ne faut pas les accompagner par de la hargne ou de l'arrogance", a-t-il ajouté.

Bruxelles attend des réformes "ambitieuses" mais "réalistes"

Invité de France 2 ce lundi matin, le commissaire européen aux Affaires économiques Pierre Moscovici a expliqué que la commission européenne attendait de la part de la Grèce un programme de réformes "ambitieux" mais "financièrement réaliste". Il a rappelé qu'"il ne s'agit pas d'imposer l'austérité à Athènes", qu'il faut selon lui "aider le peuple grec (...) mais en même temps avec réalisme".

L'ancien ministre français a assuré attendre de ce programme qu'il soit "dans la philosophie de Syriza" mais, a-t-il prévenu, "il doit aussi tenir compte d'un équilibre financier, (...) et aussi du fait que les dettes doivent être remboursées".

Parmi les réformes qui sont "à favoriser", selon le commissaire européen, lutter contre la fraude et l'évasion fiscales, mais aussi "renforcer l'état de droit, faire en sorte que les grandes fortunes soient davantage taxées qu'elles ne le sont aujourd'hui alors qu'il y a un sentiment d'inégalités et d'injustice". Pierre Moscovici a répété qu'aucun scénario de sortie de la Grèce de la zone euro n'était actuellement à l'étude à Bruxelles. "Il n'y a pas de plan B", a-t-il insisté, "il n'y a qu'un plan : la Grèce dans la zone euro".

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