2 min de lecture Crise en Grèce

Le ministre grec Varoufakis accuse les créanciers de "terrorisme"

Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis accuse samedi les créanciers du pays de "terrorisme" et de vouloir "humilier les Grecs".

"Ce qu'ils font avec la Grèce à un nom terrorisme", a déclaré le ministre grec des finances, Yanis Varoufakis
"Ce qu'ils font avec la Grèce à un nom terrorisme", a déclaré le ministre grec des finances, Yanis Varoufakis Crédit : JOHN THYS / AFP
Yannick Sanchez
et AFP

Nouveau coup de semonce de la part du gouvernement grec à la veille du référendum sur les dernières propositions de réformes des créanciers, le ministre grec des finances Yanis Varoufakis a accusé les créanciers de "terrorisme". 

"Pourquoi est-ce qu'ils nous ont forcé à fermer les banques ? Pour insuffler la peur aux gens. Et quand il s'agit de répandre la peur, on appelle ce phénomène le terrorisme", développe le ministre dans un entretien au quotidien espagnol El Mundo, en parlant de la politique menée par les créanciers d'Athènes, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et l'Union européenne. 

Le plan d'en finir avec un gouvernement qui n'accepterait pas les extorsions de l'establishment européen existait depuis au moins cinq mois

Yanis Varoufakis, ministre grec des finances
Partager la citation

À savoir si Yanis Varoufakis, s'attendait à un tel blocage de son pays en arrivant au pouvoir, ce dernier répond qu'il s'y était préparé même s'il "espérait de toutes ses forces ne pas en arriver jusque là". Selon lui, "tout ceci était préparé en amont, le plan d'en finir avec un gouvernement qui n'accepterait pas les extorsions de l'establishment européen existait depuis au moins cinq mois". 
Quel que soit le résultat du référendum de dimanche, les banques du pays rouvriront et il y aura un accord avec les créanciers, assure Yanis Varoufakis. "Le lundi il y aura un accord, j'en suis complètement et absolument convaincu. L'Europe a besoin d'un accord, la Grèce a besoin d'un accord, de sorte que nous y arriverons". Pour le ministre des Finances, qui répète qu'en cas de victoire du oui il démissionnera, "aujourd'hui ce que veut Bruxelles et la troïka c'est que le oui gagne pour pouvoir ainsi humilier les Grecs". 

L'Europe "antidémocratique" selon le ministre des finances

Pour le gouvernement grec, l'Union européenne dans sa forme actuelle, au travers de ses instances technocratiques dont l'emblématique troïka (Union européenne, BCE, FMI) "n'aime pas la démocratie". "Notre gouvernement a étudié les propositions des créanciers, nous sommes arrivés à la conclusion qu'elles n'étaient pas viables et que nous n'avions pas le mandat de notre peuple pour aller de l'avant", raconte Yanis Varoufakis. "Vu l'ultimatum, nous avons choisi de donner le choix aux Grecs". 

À lire aussi
Les drapeaux de la Grèce et de l'Union européenne. Allemagne
En prêtant à la Grèce, l'Allemagne a réalisé plus d'un milliard d'euros de profits

Varoufakis revient également sur les négociations et les compromis consentis par le gouvernement grec, notamment le fait de ne pas contester la politique d'austérité souhaitée par les créanciers : "Nous avons accepté des propositions dont nous sommes totalement contre, comme le fait de continuer avec les politiques d'austérité (...) la seule chose que nous demandions était que le poids de l'austérité ne retombe pas sur les pauvres mais sur les riches. C'est sûr que ça ne leur a pas plu. Nous demandions une restructuration de la dette pour pouvoir la régler mais ils n'ont rien voulu savoir", déplore ce dernier.  

En fin d'entretien, Varoufakis confie au journaliste espagnol qu'il n'a "jamais eu de grandes considérations pour les jeux politiques". Le voilà servi.  

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Crise en Grèce Alexis Tsipras BCE
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants